> Monteur virtuel depuis 5 ans avec formation pellicule depuis 12 ans
> Donc : contact !
> Quelle est la question ?
> Bertrand BOUTILLIER (Louis Lumière Ciné 88)
> Merci de me repondre
> Comme je vous l’ai dit, je m’interroge sur le montage virtuel. Et surtout des changements par rapport au montage pellicule souvent considere comme le seul art.
> Je me permets de vous poser quelques questions.
> Le montage virtuel n’est il pas un outil de plus pour les producteurs afin d’assouvir leur besoin de rendement au detriment de la qualite ?
On ne peut pas parler de rendement puisque la location d’une salle en virtuel revient plus cher qu’une salle film. Le rendement du personnel ? pas vraiment, il y a besoin de moins de monde, mais les gens qui savent réellement travailler ont su faire augmenter leur rémunération en fonction.
> Les methodes de travail ont change mais quoi en particulier ?
On travaille beaucoup plus vite et il y a besoin de moins d’assistants
> Les relations monteur/realisateur sont elles differentes ?
Le réalisateur est beaucoup plus présent; en pellicule, je l’envoyais souvent s’ennuyer ailleurs pour ne pas être géné pendant les longues opértations de manipulation pure. Maintenant, une décision, une manipulation simple, on passe au raccort suivant.
> L’ideologie du numerique via la digitalisation ne vient elle pas salir l’art du montage ?
Je ne comprends pas la question « idéologie »
> Les sensations d’un montage en pellicule ont laisse place à quelles autres avec le virtuel ?
On n’a plus la relation « sensuelle » avec la pellicule, mais on ne se coupe plus avec. Il me semble qu’il y a moins de mal au dos. Ca a moins l’air d’être du travail à la chaine.
> Y a t’il un style AVID manifeste ? Un style virtuel, oui, dans la sens ou comme on peut faire plus d’essai très rapidement, on se permet plus de fantaisies, de plans très courts, de montages dynamiques; mais du coup on peut plus faire n’importe quoi.
> Je vois une relation tres nette entre l’explosion des films amateurs et le numerique et ses facilites de post prod, qu’en pensez vous?
La relation existe surtout à cause du moindre coup des caméras DV; n’importe qui ayant les moyens de s’acheter une DV se pretend réalisateur ou cadreur. quand aux facilités de post-production, elles existent sutout avec les petits logiciels genre Première, Final Cut et autres outils qui sont à Avid ce que le silex taillé est au couteau.
> Est il réellement impossible artistiquemnt parlant de monter un film cine sans toucher à la pellicule?
Non, mais tous les gouts sont dans la nature. Tout dépend du média de diffusion; s’il s’agit uniquement de télévision, ça peut passer. Pour le grand écran, nous avons encore quelques bonnes années devant nous puisque les pellicules et les systèmes de projection font encore constament des progrès
> Un fondu enchaine se fait il avec le meme esprit ?
Non, car comme on peut le visualiser tout de suite, on n’a plus besoin de l’imaginer à l’aide de signes cabalistiques. Avant, il fallait le tester en pellicule, voir qu’il ne marchait pas très bien, le recommencer, tout ça engendrant des frais qui grèvaient le budget de post-prod pour rien. C’est plus facile. Mais cela ne change rien au fait qu’un fondu ne marche que si le plan a été tourné pour.
> La facilité d’action qu’offre l’informatique ne permet il pas trop l’action, justement, avant la reflexion ?
Cette facilité fait effectivement que si on n’a qu’un temps « fini » de montage, on peut se retrouver avec un montage terminé techniquement sans que le processus de réflexion soit abouti. La lenteur des manipulations pellicule faisait que le film avait le temps de « mûrir », de « décanter ». En tant que monteur, réalisateur ou producteur, je propose et souvent impose que le montage se fasse en plusieurs fois avec du temps de réflexion, de changement d’atmosphère pour se laver les yeux.
> Le virtuel est il reellement un progres?
Oh que oui ! Mais si je pouvais je monterais quand même l’image en pellicule avec un système de son virtuel synchronisé. Le principal problème vient du fait qu’en pellicule, on a pris la saine habitude d’aller en projection pour le choix des prises, un peu avant la fin du montage (pour voir ce qui ne va pas bien) et quand le montage est fini (pour se rendre compte qu’il y a encore des défauts). Il est beaucoup plus difficile d’avoir une vidéoprojection, qui plus est, de qualité; et en plus il faut tirer un master à chaque fois. et les labos n’ont pas encore tous bien maîtrisé la chaine vidéo-numérique.
Voilà, ça fait beaucoup de réponses. Il fallait le temps de la réflexion avant de s’engager sur un sujet si vaste. A bientôt.
> Je sais que cala fait beaucoup de questions. Mais comprenez l’enthousiasme que j’éprouve devant la possibilité de dialoguer avec un praticien. Les occasions sont rares. A ce propos, si vous connaissez des collegues prêts à participer à ce debat, faites moi le savoir. En effet cela ne pourra qu’enrichir mon corpus de recherches
Bien cordialement


