Les escroqueries de la photographie numérique grand public

Des prix, toujours des prix…

Au vu de la guerre économique qui tire parfois les marges bénéficiaires trop loin dans le rouge, l’acheteur est un obsédé de la « bonne » affaire et le vendeur est bien plus tenté d’éjecter son client dès le premier signe d’achat plutôt que de lui proposer le modèle adapté à son cas précis. Quitte à scier la branche sur laquelle il est lui-même assis et mettre au final la clé sous la porte. Certains fabricants de consommables pour imprimantes couleur -des plus notoires au demeurant- n’hésitent pas d’ailleurs à jouer de cette obsession du meilleur prix pour proposer des packs qui n’ont d’économique que le nom pour qui veut des photographies de bonne tenue. Car il en faut, de l’encre, pour obtenir une belle image…

Les marchés des matériels numériques grand public tiennent plus aujourd’hui de l’affaire d’épicerie que du professionnel de l’image.

La partie merdique du numérique…

A quoi bon parler de résolution, d’homothétie et de carte mémoire à des personnes qui bien souvent n’ont pas d’ordinateur et ne souhaitent pas en avoir ? Quand bien-même ils en ont, c’est souvent un matériel dépassé, mal configuré, inexploitable pour de l’image photographique. Leur livrer un appareil photo numérique tient au mieux : de l’effet de mode; au pire : de l’escroquerie.
Toujours est-il que ce vaste mouvement a d’ores et déjà provoqué de sérieux dommages colatéraux : fermeture de la quasi-totalité des laboratoires Kodak, fermeture de laboratoires historiquement très anciens, fermeture annoncée de la moitié des laboratoires photo de Paris et région parisienne et de nombreuses affaires de photographie, liquidation de la société AgfaPhoto dont les conséquences sont incalculables au regard de la forte implantation de leurs machines en France et en Europe, fermeture des usines de Chalon sur Saône et délocalisations des fabriques de produits argentiques vers les mêmes régions qui produisent aujourd’hui l’essentiel du numérique grand public : Merde in China. Cette situation ne prévaut d’ailleurs pas que pour la photographie et on n’ose pas songer aux conséquences d’un futur gel des relations diplomatiques, toujours possible…

Error System

Ne nous y trompons pas, les tarifs actuels des matériels ne peuvent être obtenus que par une production massive dans des conditions impensables en France ou en Europe. Revers de la médaille : mieux vaut ne pas connaître l’expérience de la panne. La chute, l’eau, les maltraitances petites et grandes se paieront cash, l’univers du numérique est à déclarer comme jetable, écologique en aucun cas.

Qualité

En théorie, les images numériques possèdent une certaine latitude de pose si on considère que les images sous-exposées peuvent être rééquilibrées au tirage, idem pour les écarts d’illuminants. Mais au vu des tarifs et des incompétences actuels, personne ou presque -dans les circuits grand public- ne corrige les tirages avec pertinence. Pire : les tireuses automatiques arrivent à dégrader ce qui devrait être les meilleures images, c’est un comble !

La course au pixel passe largement sous silence la moindre qualité des optiques, aberration d’autant plus étonnante que les laboratoires n’hésitent pas à réduire automatiquement le nombre de points des images à un million, opération nécessaire et suffisante pour tirer plus rapidement sur papier des photos au standard carte postale…

Pertes de mémoire…

La photographie numérique, même en dilettante, suppose d’avoir à l’esprit le caractère puissamment éphémère du document informatique et l’énergie considérable qu’il faut y consacrer en argent et en temps pour garantir un semblant de pérennité. Combien de CD-Roms gravés à prix bas passeront seulement le cap des trois ans ? Et de DVD ? Et à combien d’attaques virales le disque dur de Madame Michu résistera-t-il, sans parler des dysfonctionnements et des erreurs techniques, voire des malveillances, ou plus simplement des cambriolages ?