Le cinéma accroché et les films plastiques

Depuis une quinzaine d’années, des mouvements transversaux s’opèrent entre le cinéma et les installations de l’’art contemporain. De nombreux cinéastes sont tentés par l’expérience installatrice tandis que des artistes aguerris à l’installation s’essayent à présenter des œuvres filmiques dans des salles classiques.

On assiste à l’avènement d’écritures nouvelles. En effet, le cinéma, en prenant la place du tableau accroché au mur du musée, induit une manière différente d’appréhender à la fois l’espace et le temps, en regard au dispositif traditionnel de projection. Le spectateur n’est plus contraint de rester assis dans un fauteuil, il est mobile et de nouvelles façons d’envisager à la fois l’espace de la projection et l’espace projeté lui sont proposées. Il s’opère par la même occasion une contradiction entre le flux temporel imposé par le cinéma et celui aléatoire de la déambulation du spectateur de musée.

Le spectateur n’est plus tenu d’assister au film dans son intégralité. Les schémas narratifs du cinéma dominant sont déconstruits dans des œuvres mêlant les temporalités et les célérités variables. Les nouvelles manières de projeter engendrent de nouvelles figures stylistiques (flux, sample, boucles, nappes…), et suscitent de nouvelles sensations chez le spectateur.