Au début des années 90, Jan Baetens, professeur et critique spécialisé dans les rapports texte-image, réunit sous un seul terme les productions les plus récentes : le Nouveau roman-photo. Il se présente, au travers de nombreuses expérimentations, comme l’héritier direct du roman-photo traditionnel, avec comme point d’origine Chausse-trappes, d’Edward Lachman et Elieba Levine paru en 1981. Le corpus d’étude, regroupant des ouvrages parus jusqu’en 2006, vise à mettre en avant les importantes mutations qu’a dû subir le genre d’origine pour satisfaire à des exigences plus contemporaines, aussi bien esthétiques que narratives.
Tout en revendiquant directement une filiation avec le roman-photo traditionnel dans l’ensemble de leurs productions, les auteurs ont dû se détacher d’un système de codes très prégnants, caractéristiques d’un genre populaire omniprésent. C’est par une réflexion sur ses origines ainsi que sur les matériaux qui le constituent que l’on peut être plus à même de comprendre les difficultés de renouveau du genre.
Les différences existantes entre l’ancienne et la nouvelle production sont telles que certains auteurs choisiront finalement de totalement abandonner le terme roman-photo au profit de celui de suite photographique. Ils s’affranchissent ainsi définitivement de leur parenté, encore lourdement connotée, et ouvrent les possibilités exploratoires.
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