Le premier point de notre re?flexion est consacre? au concept de the?âtralite?, d’abord dans la tradition picturale, puis, de montrer en quoi le me?dium photographique he?rite de toute cette tradition de la repre?sentation the?âtralise?e. En plus d’être l’he?ritie?re de la peinture, elle l’est e?galement du the?âtre. Nous interrogerons alors le concept de l’instant de?cisif, qui a entraîne? le me?dium vers le simulacre de son authenticite?. Nous analyserons ensuite comment la the?âtralite? revient au coeur du questionnement photographique au tournant des anne?es 1960 et comment Jeff Wall, notamment, s’inspire de la tradition picturale et de?veloppe le concept du presque documentaire.
Pourquoi certains photographes vont-ils mettre en sce?ne le quotidien et the?âtraliser leur espace domestique, alors qu’il pourrait se pre?senter a? eux de façon moins construit, ou pour le dire autrement, plus « authentique » ?
Nous e?valuerons dans le deuxie?me temps de ce me?moire l’intention d’une telle de?marche, consistant a? mettre en sce?ne la banalite? du quotidien, et comment certains photographes, malgre? la croyance dans l’authenticite?, et malgre? le ve?risme inhe?rents au me?dium, vont s’efforcer de de?montrer sa nature de simulacre et la capacite? du re?el a? être habite? par la fiction, que permet de restituer la photographie.
Enfin, si la photographie re?ve?le le simulacre des apparences, en particulier dans les rituels profanes, qui ont pour de?cor l’espace domestique, certains photographes et artistes, dans une volonte? d’utiliser l’ordinaire comme terrain d’expe?rimentation, au coeur du re?el, et perturbant le cours des choses et des actions banales, vont remettre en cause les attitudes norme?es qui prennent place dans cet espace domestique. Afin de discuter l’authenticite? me?me de nos actions, et de re?agir face a? la convention impose?e par l’espace domestique, le geste absurde sera e?rige? comme la figure libre d’e?mancipation a? la norme.


