Persistance : Ou l’influence de l’esthétique argentique sur les technologies numériques

«Persistance, ou l’influence de l’esthe?tique argentique sur les technologies nume?riques». Ce me?moire entend expliquer les modalite?s de l’influence de l’esthe?tique argentique, sur laquelle s’est bâti le cine?ma, sur les technologies nume?riques, nouvellement apparues.

Nous sommes dans une pe?riode de profonds bouleversements technologiques, puisque que la production cine?matographique s’oriente massivement vers le nume?rique. Cependant, toujours autant de films sont produits, avec toujours le me?me succe?s, et les modalite?s du spectacle cine?matographique changent peu. On se demandera donc comment les technologies nume?riques se de?veloppent dans la continuite? d’un sie?cle de culture argentique.

Dans un premier temps, on se demandera quelles sont les caracte?ristiques propres de chaque support, e?mulsions et capteurs. On analysera ce que l’on choisit d’appeler « la vie du support », c’est-a?-dire les caracte?ristiques technologiques des supports qui affectent la nature esthe?tique de l’image. On analysera ainsi la place variable du hasard au sein des diffe?rentes esthe?tiques.

Ensuite nous e?tudierons la reproduction des couleurs, en commenc?ant par le proce?de? argentique, dont nous verrons qu’il est imparfait. Puis nous nous pencherons sur les qualite?s ne?cessaires a? la reproduction des couleurs en comparant les rendus de plusieurs came?ras. La reproduction des couleurs implique des notions de psychophysique, on abordera donc le be?ne?fice du grain dans réception des couleurs par le syste?me perceptif humain. De la question de la couleur nous passerons aux conse?quences, et aux proble?mes de rendu des matie?res et ce que cela entraine sur la narration.

Dans la partie suivante nous traiterons des influences directes de l’argentique sur le nume?rique, c’est a? dire des e?le?ments technologiques issus de l’argentique, qui participent au de?veloppement des technologies nume?riques. C’est le cas des optiques, mais aussi de certaines re?gles de contraste. Nous verrons que de manie?re discre?te, les came?ras nume?riques embarquent un ensemble de traitements assez e?volue?s qui rapproche l’image nume?rique de l’image argentique. Cela entraine un questionnement sur ce que doit être, apre?s l’argentique, l’esthe?tique des films tourne?s en nume?rique.

Dans la dernie?re partie, nous traiterons de la question ontologique, c’est-a?-dire de l’essence même de ces deux types d’images, pour se demander si la perte de la mate?rialite? retire quelque chose a? la force de l’image cine?matographique. Certains chercheurs pensent notamment que c’est la capacite? de l’image a? porter le temps qui est affecte?e. Nous verrons justement que la question du temps reste bien pre?sente en nume?rique.
Tout au long de ce me?moire, nous tenterons de dessiner les diffe?rents rapports a? l’image que peuvent avoir les came?ras nume?riques. Nous nous efforcerons d’e?tablir des cate?gories, afin de mieux comprendre ce que sont les came?ras nume?riques et de re?fle?chir a? ce qu’elles devraient être.