La naissance du projet
Ce projet s’inspire d’une précédente expérience : le tournage d’un documentaire réalisé par Camille en Juillet 2013. Celui-ci était une enquête sur son grand-père et son arrière-grand-mère espagnols réfugiés en France, lors de laquelle il a découvert un troisième personnage : Louis dit Le Manchot, qui était le compagnon de son arrière-grand-mère. Celui-ci lui était engagé dans la Résistance communiste. C'était un personnage très énigmatique, connu de tous, dont la tête avait été mise à prix par la Gestapo.
Par ailleurs, l’écrivain Rolland Dorgelès, réfugié dans la même région pendant la guerre a dépeint dans son roman Carte d’identité, récit de l’occupation la vie de ce village et de ses alentours.
Cette histoire familiale racontée dans le documentaire est à l’origine du scénario du court-métrage que nous présentons ici. De nombreuses lectures, rencontres et recherches d’archives ont permis de coller au plus près de l’ambiance qui régnait alors sur la région. A partir de cette base historique, ces personnages et ces faits ont été romancés, remaniés. En effet, ce film est une fiction et n’a pas pour prétention de retranscrire à la lettre les événements tels qu’ils se sont passés.
Intentions esthétiques
Il s’agit de rendre visuellement, par la mise en scène, une situation passée éminemment présente, non pas en la projetant dans notre présent mais en projetant le spectateur dans ce passé. Nous favoriserons l’usage de la caméra portée, proche des personnages, de leur visage. Il faut saisir l’incertitude, le libre agissement des personnages, rien n’est figé, nous sommes dans leur présent. Le travail sur le rythme sera également important, on utilisera à plusieurs reprises des plans séquences, la caméra vit au rythme de ses personnages.
Nous souhaitons utiliser au maximum la lumière naturelle. Afin de coller le plus possible avec la volonté de rendre une situation passée présente, il semble plus pertinent de faire le choix d’ambiances lumière naturalistes qui évitent de mettre en avant l’artifice du cinéma.
Ce film sera aussi l’occasion d’explorer la question de la texture de l’image comme outil narratif, notamment par le biais de l’hybridation des supports : aux images tournées en Alexa viendront s’ajouter des scènes réalisées en super 16mm, illustrations des images volées par le Photographe qui espionne les autres personnages.


