Nous avons appris avec tristesse la nouvelle du décès de Jean Collet, survenu mercredi 11 novembre 2020, à l'âge de 88 ans. Professeur des universités et écrivain, il était l'une des figures que comptent les théoriciens de la Nouvelle Vague, qu’il avait analysée tout au long de sa vie en tant qu'auteur de livres et critique de cinéma à Télérama et aux Cahiers du Cinéma.
D'après les archives conservées à l'Ecole, Jean Collet – enregistré sur les registres à l'époque de la rue de Vaugirard sous le prénom Jacquemont – est né à Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 5 mars 1932. Dans sa promotion 1952, on note la présence des directeurs de la photographie Georges Barsky et Claude Robin, comme celle du cadreur Guy Delattre. Mais aussi, et surtout, avant lui, dans la promotion précédente (1951), la présence de Jacques Demy, dont il fait ainsi la connaissance, de l'assistant opérateur René Chabal et des directeurs de la photo Georges Lendi et Georges Strouvé et, après lui (promotion 1953), celle des réalisateurs Charles Bitsch et Philippe de Broca, des cadreurs et opérateurs Jean-César Chiabaut et Yann Le Masson, de l'assistant opérateur François Lauliac et du directeur de la photo Pierre Lhomme.
Après avoir travaillé au Centre audiovisuel de l’éducation nationale, il devient, en 1953, le premier opérateur-cadreur de la "Télévision scolaire". En 1954, il rencontre Henri Agel, cinéphile passionné et directeur de la classe préparatoire à l’Institut des hautes études cinématographiques – actuellement La Fémis –, mais c'est la lecture des articles d’André Bazin, de Roger Leenhardt et surtout de François Truffaut qui le portent vers la critique de cinéma.
En 1963, il écrit le premier livre de référence consacré à Jean-Luc Godard (Seghers, 1963, réédité en 1974). « La critique », avait-il coutume de dire, « est l'art d'aimer, et le critique doit défendre humblement et courageusement ce qu'il aime. » Une rencontre avec François Truffaut sur le tournage de La Peau douce, en 1964, lui donne l'occasion d'écrire le premier ouvrage sur le cinéaste (Le Cinéma de Truffaut, P. Lherminier, 1977, réédité en 1985).
Mais la critique et l’analyse de films ne sont pas les seules occupations de Jean Collet. Il a également à cœur de faire du cinéma une discipline à part entière dans les universités. Il crée l'enseignement du cinéma à Paris VII en 1970, à l’Université de Dijon en 1972 et à l’Université de Caen en 1974. Il devient professeur honoraire des universités et continue à enseigner le cinéma au Centre Sèvres (Université des Jésuites à Paris). Il collabore également au département "Fictions" d’Arte et anime de nombreux ciné-clubs, notamment à Neuilly-sur-Seine pendant 25 ans.
(Sources CNC et Le Monde – Photo de Jean Collet par Noël Simsolo)


