Les statuts de stagiaire et d’étudiant en alternance sont des artifices utiles pour limiter et masquer la réalité du chômage des jeunes en France, fut-ce au détriment des autres catégories de demandeurs d’emploi. Mais aujourd’hui, non seulement cela ne suffit plus à contenir les chiffres en deçà de 10%, mais le détournement de leur fonction première d’insertion professionnelle par une logique de profit à court terme finit par dégrader et amplifier la situation initiale et par priver de tout retour à l’emploi la grande majorité de ceux qui ont passé l’âge d’être stagiaire. Il devient urgent de mettre un terme à l’abus des stages et des emplois précaires, n’en déplaise aux actionnaires des grandes entreprises.
En effet, on sait que les PME ou même les administrations usent et abusent des stages, CES, et autres contrats de qualification (aujourd’hui professionnalisation) à leur disposition. Mais il s’avère que les grandes entreprises s’adonnent également à ce genre d’abus. Il suffit pour s’en convaincre de consulter cette offre de stage proposée par L’ORÉAL et visible sur le site www.mycareer.loreal.com
(référence : STAGEDOCRD2005).
Ci-dessous la copie de la page actuellement visible sur le site au cas où elle n’y figurerait plus lors de votre consultation. Que l’on sache, L’ORÉAL ne figure pas au club des entreprises en difficulté loin s’en faut.
S’attaquer à l’ORÉAL est une mission délicate pour la presse, cette entreprise figurant dans la liste des principaux annonceurs qui font vivre la plupart des journaux.
Mais le monde associatif allié à l’Internet peut et doit trouver la liberté de parole nécessaire pour dénoncer ce scandale. Il faudra bien que quelqu’un réagisse individuellement ou collectivement à un problème qui touche toutes les catégories de travailleurs potentiels et dont la presse ne donne quasiment pas d’écho :
– les étudiants qui doivent valider leur diplôme par un stage
– les stagiaires de la formation continue
– les jeunes diplômés
– les demandeurs d’emploi de courte, moyenne et longue durée
J’invite donc la conscience de chacun à alimenter le forum ci-dessous et à multiplier les témoignages sur le sujet. Il va de soi que ce ne sont pas les stages proprement dits qu’il faut incriminer, mais le manque de limites décentes du procédé, dont les abus actuels ressemblent à une vraie épidémie.
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Sous le même titre « Le scandale des stages », Catherine Lubochinsky dans le journal Les Echos -qui n’est pas une publication à caractère social-, en date du 20 juillet 2004, dénonçait déjà le problème.
Extraits :
« (…) Le succès de cette formule va au-delà de tout espoir. Et pour cause,
avec un tel coût de la main d’oeuvre, les entreprises n’ont pas tardé à
comprendre l’avantage d’un tel système : c’est une réserve de main d’oeuvre
qui représente entre 1,5 et 2 millions d’étudiants (…) »
« (…) Certaines petites sociétés ne fonctionnent qu’avec des stagiaires
(hormis la direction !) et toutes les grandes entreprises, institutions
financières et administrations utilisent en permanence, sur un même et
véritable emploi, des stagiaires (…) »


