Un avenir pour le scope en numérique?

A l’heure ou? la tornade nume?rique semble balayer de?finitivement la pellicule tant en tournage qu’en projection, ce me?moire s’inte?resse a? un proce?de? transcendant : le scope produit par anamorphose. Ne?e de contraintes exclusivement lie?es au 35mm, la prise de vue anamorphique connaît aujourd’hui un tournant majeur. Il convient donc de s’interroger sur la pertinence d’un tel proce?de? de nos jours, de la prise de vue a? la projection. Le scope anamorphique a-t-il un avenir en nume?rique ?

Ses crite?res esthe?tiques font du scope une invention si unique : ses flous ovoïdes, ses flares, ses distorsions sont des e?le?ments se?mantiques desquels les ope?rateurs ont use?s pour servir une narration, une image, un film. Ces choix ont toujours e?te? tre?s affirme?s, face aux redoutables concurrents que sont le Super35 ou le Techniscope. Ces syste?mes proposent en effet une alternative a? partir d’optiques sphe?riques dont les coûts et l’encombrement e?taient re?duits au de?pend de la re?solution (aujourd’hui ces contraintes ont presque disparues).

L’e?re nume?rique semble avoir oublie? l’existence du vrai scope. Les came?ras ont des capteurs plutôt 16/9e que 4/3 et les configurations pour ce proce?de? commencent juste a? e?tre prises en compte. En attendant, on invente nombre d’alternatives, comme le sphe?rique « crope? » dans le capteur ou les syste?mes a? anamorphose par 1.3 ce qui ache?ve la popularite? du vrai scope. En cabine, le format n’est plus anamorphose? devant le projecteur et son ratio de?termine la plus faible re?solution et la plus faible intensite? lumineuse de tous les cadres possibles. Les effets spe?ciaux, dont le traitement est particulie?rement fastidieux et coûteux en scope, prennent une place de plus en plus importante aujourd’hui. Les films de genre a? forts effets spe?ciaux qui susceptibles d’abandonner ce proce?de? en nume?rique dominent pourtant le marche? de la pellicule au me?me titre que les films d’auteurs type come?die et drame…

Quelques changements dus a? la re?percussion du capteur sur le proce?de? et a? l’absence d’anamorphose en projection ont e?te? remarque?s mais rien de particulie?rement pertinent. Pourtant une vague nouvelle d’ope?rateurs revient vers le scope et cherche dans ce syste?me de l’ancien monde ce qui pourrait e?tre une re?ponse a? la perfection des images nume?riques : retour a? une texture connue, une de?gradation volontaire, inte?re?t pour des optiques mal corrige?es… Un engouement probablement temporaire, le temps de trouver ses marques dans une nouvelle e?re.