Le 11 mars 2011, le Japon a connu le de?but de sa pire crise depuis le double bombardement atomique en 1945. Suite a? un violent se?isme de magnitude 8.9 et un tsunami meutrier qui a ravage? la co?te Pacifique de la re?gion du Tohoku, la centrale nucle?aire de Fukushima Daiichi, gravement endommage?e, a subi une longue se?rie d’accidents jusqu’a? la fusion du cœur de trois de ces re?acteurs. Depuis, la population nippone vit dans l’incertitude et l’angoisse, poursuivie par le monstre de la radioactivite?. La radioactivite? – invisible et, a? notre e?chelle, quasi e?ternelle – pose sans nul doute un proble?me de repre?sentation, car elle rede?finit radicalement non seulement notre conception de la perception, mais aussi du temps. Pourtant, l’histoire du bouleversement des limites de la perception humaine a commence? bien avant la de?couverte de la radioactivite?. Au cœur du XIXe sie?cle, suite a? l’invention de la photographie, la science a re?ve?le?, avec le temps et les de?couvertes, l’existence d’un monde re?el bien au-dela? de nos sens. Ce travail propose une e?tude des repre?sentations de la radioactivite? re?alise?es par trois photographes japonais : Shimpei Takeda, Takashi Homma et Kosuke Okahara. Leurs travaux nourrissent nos re?flexions sur la visualisation d’un phe?nome?ne invisible, sur la possibilite? d’une spe?cificite? japonaise a? cet exercice et, finalement, sur les rapprochements entre la photographie scientifique et artistique.


