Histoire de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière

1924

Le manque de techniciens de valeur des professions de l’industrie de la
photographie se fait sentir.
Un groupe d’industriels de la photographie et du cinéma,
sous l’initiative de Paul MONTEL, forme le projet de créer,
en France, cet enseignement. Une société est
alors fondée dont le Conseil d’Administration comprend les
personnalités suivantes : Louis LUMIERE, Membre de
l’Institut, qui préside toutes les réunions ;
Léon GAUMONT, vice-président, met au service de
l’Ecole son extraordinaire dynamisme, mécène de
l’Ecole avec M. DEBRIE ; M. TRARIEUX ne cessera d’apporter toute son
activité et son expérience au service de l’Ecole
; Emile BOESFLUG succédera à Louis LUMIERE comme
Président ; Charles DELAC, Président du Syndicat
de la Cinématographie, MM. BENOIT, LEVY, MAURICE, de POIX,
RISSON, FELIX, Président de la 4ème Commission de
l’Hôtel de Ville, M. RAGEY, représentant la
Direction de l’Enseignement Technique, apportent leurs
précieux concours.
L.P. CLERC, au cours de voyages d’études avec M. LOBEL et P.
MONTEL, établi le rapport qui sert de base à
l’établissement du programme d’enseignement des sections
Photographie et Cinématographie.


1926

Grâce à la collaboration et à l’aide de
l’Enseignement Technique et de la Ville de Paris, l’Ecole ouvre ses
portes en 1926, dans le local mis à sa disposition par la
Ville de Paris, 85, rue de Vaugirard. De nombreux travaux y furent
effectués pour l’adapter à sa nouvelle
destination. Jusqu’en 1931, l’enseignement du cinéma muet
est fort simple : technique photographique, optique, description et
maniement des appareils de prise de vues à
l’extérieur et en studio, enseignement de la projection.
L’apparition du cinéma sonore transforme l’enseignement de
la section cinéma pour répondre à des
besoins nouveaux.
Sous le patronage de la Chambre Syndicale de la
Cinématographie Française, l’E.T.P.C. prend
l’initiative, en 1931, de créer des cours du soir pour
former des opérateurs de projection sonore.


1933

C’est à l’Ecole qu’ont lieu les conférences
d’informations techniques organisées par M. DEBRIE et A.P.
RICHARD en 1933, avec la collaboration d’ingénieurs, de
metteurs en scène et techniciens du cinéma.


1937

En 1937, l’Ecole est intégrée dans l’Enseignement
Technique, et devient Ecole des Métiers.


1938

En 1938, à la suite des pourparlers entre M. LUC, Directeur
de l’Enseignement Technique, et les représentants de la
Chambre Syndicale de la Cinématographie, des directeurs de
salles de cinéma, et du Syndicat des opérateurs
projectionnistes, un programme d’études
théoriques et pratiques d’opérateurs de
projection sonore est établi.


1939

En janvier 1939, l’Enseignement Technique crée le Brevet
Professionnel d’opérateur projectionniste de films sonores.


1940

Les épreuves de la Seconde Guerre Mondiale apportent de
profonds bouleversements. En 1940, l’Ecole se trouvant dans la zone
occupée, un Institut d’Application pratique de l’Ecole
Technique du Cinéma, le Centre Artistique et Technique des
Jeunes du Cinéma – le C.A.T.J.C.- est
créé à Nice. A l’image de la France,
l’Ecole se trouve donc divisée et beaucoup
d’étudiants doivent prendre le maquis pour
échapper au S.T.O.


1942

Une convention avec Marcel LHERBIER définit les
activités des deux écoles de cinéma,
l’IDHEC s’interdisant la formation de techniciens de films sonores.


1945

A la Libération, Robert MAUGE, ingénieur
à l’Institut Géographique National, est
appelé par le Ministère de l’Education Nationale
à la direction de l’Ecole, succédant ainsi
à P. MONTEL.


1947

Sous l’impulsion de R. MAUGE, une section Electro-Son est ouverte.

La compétence et le dévouement de A.H. CUISINIER,
chef des travaux de la section Photo de 1926 à 1956, font
beaucoup pour le développement de cette section. On peut
citer les professeurs : Mme DULAC, MM. APERS, ABGRALL, AYLMER, COISSAC,
DUBOIS, FESCOURT, HEMARDINQUER, LAVAL, LECAILLE, LOBEL, MARECHAL,
Pierre MONTEL, PETIT, POTONNIE, ROUX, VIAL, VIGNAL.
Pendant 20 ans, Jean VIVIE, dirigera la section Cinéma et
professera le cours de technique cinématographique. R.
DESHAYES sera apprécié comme chef des travaux
pratiques. Les professeurs seront MM. DIOTON, DORDEZON, FOUIN, GUINOT,
PUJOLLE, SERGENT, SOULE, TARRIDEC, VALLET.


1963

En 1963, M. DELAISEMENT assure la Direction à titre
transitoire, jusqu’à la transformation de statut qui fera de
l’Ecole de Métiers un Lycée Technique.


1964

Création du Lycée Technique d’Etat de
Photographie et de Cinématographie -L.T.E.P.C. – avec M.
DELAISEMENT pour proviseur.


1965

Nomination de Pierre PHILIBERT à la tête de
l’établissement :  » Vaugirard  » devient progressivement le
« Lycée LOUIS LUMIERE « .

Depuis sa transformation, l’histoire de l’Ecole se confond avec ses
efforts pour disposer de nouveaux locaux et de moyens
matériels pour un enseignement encore mieux
adapté à des techniques toujours en pleine
évolution. En avril 1968, un Conseil
Interministériel approuve un projet de reconstruction
à Saint-Germain. Ce projet devait regrouper les
enseignements du Lycée L. LUMIERE et de l’O.R.T.F., et une
Ecole Normale Supérieure des Techniques Audiovisuelles,
dès octobre 1969 ; mais il est abandonné peu
après.


1970

En 1970, un Centre de Formation Continue et de Promotion Sociale est
adjoint au Lycée Technique, augmentant
considérablement les effectifs de l’Etablissement. A la
même époque, les locaux de l’ex-institut
d’Arsonval, 8, rue Rollin (6ème arrdt), sont mis
à la disposition de l’Ecole. Ils deviendront le centre
officiel de l’Ecole, quelques années plus tard,
après l’évacuation de la rue de Vaugirard pour
cause d’insécurité.


1973

Pour des raisons de sécurité, les
élèves doivent quitter définitivement
les locaux vétustes de la rue de Vaugirard. L’adresse
administrative de l’Ecole devient : 8, rue Rollin, et les services
d’intendance s’installent : 20, rue de Châtillon, dans le
14ème arrondissement.


1975

Un nouveau projet voit le jour : celui d’une implantation dans la ville
nouvelle de Marne-la-Vallée, sur le territoire de la commune
de Noisy-le-Grand, dans un complexe audiovisuel important, à
proximité de la S. F. P.
Si nous nous référons aux textes de
l’époque, le programme était encore plus
ambitieux. Un laboratoire de Recherches et un laboratoire d’Essais
étaient prévus; un Musée de la
Photographie et de la Cinématographie devait même
y être annexé (ce qui explique aujourd’hui le fond
important encore aujourd’hui, d’appareils anciens et de documents). Ces
projets annoncés par L.P. CLERC ne verront malheureusement
pas le jour.


1977

Adrien TOUBOUL remplace P. PHILIBERT, parti à la retraite. A
partir de cette année débute
l’aménagement progressif d’une partie des locaux de la rue
de Châtillon.
L’Ecole est maintenant implantée en quatre endroits :
. Rue Rollin : enseignement général,
esthétique de l’image, laboratoires de photographie (noir et
blanc), sensitométrie, électro-son,
électronique.
. Rue Lhomond : studios de prise de vue cinéma, salles de
montage, prise de son cinéma.
. Rue de Châtillon : laboratoires d’optique et de prise de
vue scientifique, studio de prise de vue photo.
. ENNA d’Antony : laboratoires et studios de prise de vue de
photographie en couleurs.

Parallèlement à la formation initiale, se
développe à l’Ecole la formation permanente.
– à partir de 1971, s’ajoutent aux formations
déjà existantes du CAP et du BP Photo, la
préparation aux BTS, d’abord de Cinéma-image,
puis de Photo, enfin de Son, ainsi qu’une année de mise
à niveau. Ce secteur s’est amplifié
d’année en année et l’effectif des « cours du soir
 » devient aussi important que celui des « cours du jour « .
– un Gréta « auvigraph  » comprenant, entre autres
établissements l’Ecole Estienne, est
créé en 1979, avec Louis Lumière pour
établissement d’appui. Il a pour vocation
première l’organisation de stages de formation continue.

Enfin, un troisième secteur s’est
développé à l’Ecole : ce sont les
centres de formation d’apprentis, le CFA de Photographie et en 1979,
celui des Opérateurs Projectionnistes, à
recrutement national. L’ensemble représente 170
élèves.


1987

C’est l’année du départ à la retraite
d’A. TOUBOUL, remplacé par Hélios PRIVAT. Les CFA
de Photographie et de Projection se constituent en association :
L’AFOMAV, indépendante de l’Ecole.
Le projet de reconstruction de l’Ecole prend corps et le
bâtiment sort de terre à
Marne-la-Vallée.


1988

La longue gestation de la réforme de nos BTS, sans arriver
vraiment à son terme, laisse entrevoir la mise en place d’un
BTS audiovisuel à cinq options remplaçant et
complétant l’actuel BTS Cinéma, ce qui n’est pas
sans poser de sérieux problèmes.
Le projet des options prise de vue et laboratoire de la section Photo
est, pour le moment, traité avec « discrétion  »
par le Ministère.


1989

La construction de la nouvelle Ecole a battu son plein toute
l’année 88, le déménagement
apparaît de plus en plus incontournable malgré des
résistances farouches. C’est la mission première
de son nouveau directeur, Hélios PRIVAT. Le transfert
s’opère finalement en trois étapes de
février à juin, photo puis son et enfin
ciné, leur grand studio étant loin
d’être prêt.
Les A.E.V.L.L. organisent un premier cocktail-visite en mai pour les
anciens qui peuvent voir enfin l’école attendue depuis 1926
! Le bâtiment à quatre niveaux est imposant :
béton gris deux tons, bandeaux de verre et de
métal. Deux ailes parallèles et
décalées : une pour les photographes, l’autre
pour les cinéastes et son. Des passerelles les relient.
Beaucoup de salles de cours, des studios, des labos, des escaliers, des
couloirs, une cafétéria, un self ; à
part la salle de projection, plutôt loupée, il y a
de la place, tout est grand. Le Maire de Noisy-le-Grand accepte
l’idée d’H. PRIVAT de baptiser « rue de Vaugirard  » l’espace
qui sera plus tard une rue entre l’Ecole et la tranchée du
RER. En juin, les studios ciné de la rue Lhomond
brûlent avec une importante partie du matériel de
prise de vue. Nouveaux problèmes financiers en plus de ceux
de l’équipement en matériel de ce
Lycée Technique un peu particulier.
Des tensions fortes se développent entre
enseignants/élèves et le Directeur. La
rentrée 1989 commence par une grève dure
très médiatisée qui aboutit au
départ d’H. PRIVAT, l’intérim étant
confié à son adjoint Henri FRIZET. Le travail
reprend, on s’installe à Noisy, on s’y perd un peu, on prend
ses marques, il faudra faire vivre ce grand catamaran de l’image et du
son. Il y a bien sûr des plâtres à
essuyer et des « idées d’architecte  » à admettre.


1990

Toujours pendant : le problème du statut de l’Ecole !
Surtout qu’en principe le nouveau BTS audiovisuel à cinq
options sera préparé dans de nombreux
collèges et lycées de France. Mai, juin, examens
et sortie de la dernière promotion de ceux qui auront connu
l’Ecole à Paris.
Mi-juillet, on annonce que le Ministère
présentera en octobre au Conseil d’Etat le statut de l’ENS
Louis Lumière tant attendu et… redouté. Il
prévoit que cette véritable Ecole Nationale
Supérieure délivre un diplôme propre de
niveau Bac + 5.
La seconde rentrée à Noisy est finalement calme.
L’Ecole aura-t-elle enfin son statut de l’an 2000 ? Elle en a les
locaux… pas encore inaugurés !


1991

H. FRIZET qui – et c’est rare à l’Ecole – fait
l’unanimité de tous, est confirmé à
son poste d’intérim ; il est nommé officiellement
Directeur.
L’année scolaire se déroule normalement, les
examens ont lieu, une première promo « tout Noisy  » (c’est
à dire n’ayant pas connu les anciens locaux de Paris) sort.
Enfin le 27 juin, le décret tant attendu confère
à l’Ecole Louis Lumière le statut d’Ecole
Nationale Supérieure pour une formation à Bac + 5.
A chaque nouvelle rentrée, les A.E.V.L.L. organisent un pot
à l’école pour que les nouveaux
élèves sachent qu’une association existe pour
« après « … même si pour l’instant c’est le cadet
de leurs soucis et c’est bien normal.
Le serveur Minitel créé par l’association
commence à bien fonctionner. Son but : échanger
des informations mais surtout être une bourse des emplois,
instantanée et interactive.


1992

Le 29 juillet, le décret de 91 est prolongé par
un arrêté fixant les conditions d’admission et
modalités du déroulement de l’enseignement et du
contrôle des connaissances à l’ENS Louis
Lumière.
Il faut bien le Bac + 2 (DEUG ou DUT) et avoir moins de 27 ans pour
participer au concours – 20 places dans chaque section (photo,
ciné et son). La durée des études est
portée à 3 ans. Le diplôme final de
l’ENS, délivré par le Directeur, est
visé par le Recteur de l’Académie de
Créteil.
Par l’officialisation de son statut et de son diplôme,
l’image de Louis Lumière est enfin revalorisée
à son juste niveau… Le contenu des cours en sera-t-il
profondément changé pour autant ?
L’appellation « Vaugirard  » va s’estomper avec le souvenir des locaux
parisiens relevant progressivement de la préhistoire…
souvenirs, souvenirs !


1993

Première rentrée des élèves en septembre sous le statut école nationale supérieure.


1996

Sortie de la première promotion Bac + 5.


1997

Deux départs et une arrivée : Pierre AUFFRET,
chef des travaux, grand spécialiste de plannings, part en
retraite et H. FRIZET voit sa demande de mutation pour le
lycée français de Tokyo acceptée.
C’est Georges DADOUN – pour la première fois un « ancien de
VAUGIRARD  » – qui est nommé Directeur de l’E.N.S. Louis
LUMIERE … qui restera longtemps encore, Vaugirard.



1998

Un nouveau Directeur des Etudes remplace Pierre AUFFRET : Didier
URSCHITZ. La photographie numérique entre de plain-pied dans
les programmes avec l’arrivée de deux professeurs
spécialisés.


2000

Michèle BORGHI prend la suite de Didier URSCHITZ
à la Direction des Etudes.


2002

Jacques ARLANDIS, nommé directeur, donne un nouveau souffle
au sein de l’école, assisté par Méhdi
AÏT-KACIMI pour la communication et les relations
extérieures, une fonction qui manquait jusque là.
De nombreux professionnels sont invités à
communiquer leur expérience au cours des « Mercredi de Louis
Lumière », accessibles librement à toutes les
personnes intéressées. Départ
à la retraite de Michèle TULLI, un des pilliers
de l’école depuis plus de trente ans.


2003

Rapprochement très important entre l’AEVLL et
l’école. Mise en place d’un parrainage des
étudiants par des professionnels tous anciens de
l’école.


2006

Rapprochement très important entre l’AEVLL et
L’Ecole fête ses 80 ans en s’associant à des manifestations de référence : Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, Mois de la Photo en partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie. A cette occasion un double DVD « Mémoires Vives 1926-2006 » est édité.
Dans le cadre du partenariat précité, l’École met en place un nodal lié à la plate-forme HD et acquiert des équipements de postproduction.
L’École Louis-Lumière produit « Humus » et « Sad Lisa »ses premiers films tournés entièrement en HD (D-Cinéma).


2007

Départ à la retraite de Bernard LEBLANC (Photo 63), professeur de sensitométrie.
Francine LEVY est nommée directrice de l’École nationale supérieure Louis Lumière.


2009

Projet de transfert de l’École sur le site de la Cité du Cinéma à la Plaine Saint-Denis (93). Cette implantation, sur le site de production cinématographique et télévisuelle, permet un renforcement des liens avec les professionnels de l’image et du son intervenant dans les différentes entreprises qui y seront implantées, notamment Europcorp
Le déménagement de l’École est prévu pour la rentrée 2012.


2012

L’École déménage durant l’été. La rentrée s’effectue dans les nouveaux locaux.