« Tsiganes » et photographie : e?volution des repre?sentations d’un peuple mythifie? au XXe?me en France

A? la fin du XIXe?me sie?cle, l’E?tat français durcit conside?rablement le ton a? l’e?gard des populations tsiganes circulant sur son territoire et organise un recensement en 1895 afin d’e?tablir le nombre exact d’individus dont les de?placements sont perçus comme une menace contre l’inte?grite? territoriale du pays. En 1912, la loi sur la circulation des « nomades » est vote?e et impose le port d’un carnet anthropome?trique a? faire viser a? chaque de?placement.

Dans un contexte social et politique de?favorable aux Tsiganes, l’image photographique et ses usages se pre?sentent au cours du premier quart du XXe?me sie?cle comme le relai d’un discours d’E?tat discriminant et contribue surtout a? l’e?laboration ainsi qu’a? la diffusion a? grande e?chelle d’une iconographie ou? la figure du Tsigane menaçant et criminel fait autorite?.

Cette e?tude se propose e?galement d’interroger l’e?volution de ces repre?sentations en photographie tout au long du XXe?me sie?cle afin de mettre en e?vidence le moment ou? la nature des registres visuels change. Dans les anne?es d’apre?s-guerre, l’e?crivain rom Mate?o Maximoff s’introduit dans les re?seaux intellectuels influents et s’impose de?s lors comme un point de contact incontournable, aupre?s de qui de nombreux photographes et historiens cherchent leur le?gitimite?.

En dernier lieu, le travail de Mathieu Pernot nous permet d’aborder la fac?on dont la repre?sentation des Tsiganes peut s’e?laborer dans un questionnement perpe?tuel des approches formelles et une re?appropriation des arche?types.