Fermeture des boutiques FNAC Service

Mais tout de même, quel manque de jugement de la part de ces employés modèles qui depuis quelques années font sagement ce qu’on leur dit de faire en mettant le « numérique » très en avant et sciant du même coup la branche sur laquelle ils sont assis !!!

 » Science sans conscience n’est que ruine de l’âme « , la formule rabelaisienne s’applique toujours avec la plus grande acuité, mais il s’agit ici de la science des affaires. A trop vouloir gagner, les vendeurs de la FNAC en oublient l’essentiel : assurer la satisfaction du client autant que la pérennité des affaires, être professionnel en un mot.

Il ne fallait pourtant pas regarder si loin pour comprendre que le modèle économique de l’argentique permet une relation commerçante durable et de qualité. Il ne fallait pas non plus une si grande distance avec les clients pour se rendre compte que le « numérique » actuel est bien loin de répondre à toutes les attentes du grand public.

Réflexions d’usagers du numérique :

« Mon mari s’est acheté un appareil photo numérique, quelle tristesse dans la pauvreté de ces images (…) »

« Avant j’utilisais un appareil jetable et maintenant les images de mon numérique sont moins bonnes. Je ne comprends pas (…) »

Le succès du « numérique » -aussi spectaculaire qu’il soit- tend donc à être fort relatif et superficiel. De fait, l’usage d’un appareil numérique n’est pas si simple qu’il y paraît, et implique une plus grande maîtrise que celle d’un appareil argentique. Et pour cause : la remarquable latitude de pose des émulsions argentiques négatives permet aux laboratoires de corriger les plus grandes erreurs d’exposition -pour peu qu’ils fassent leur travail-, ce que ne savent pas faire les matériels numériques courants. Sans même parler des écarts d’illuminants.
Mais savent-ils seulement ce que c’est, chez FNAC SERVICE, une latitude de pose ou un écart d’illuminant…
Livrer un appareil numérique très onéreux à une personne non initiée tient donc souvent de l’abus de confiance… celle dont se revendique la FNAC.

Il faut dire que bien loin des impulsions trotskistes à l’origine du succès que l’on connaît, l’enseigne appartient aujourd’hui au puissant groupe PPR qui met certainement les actionnaires plus que ses clients au centre de ses préoccupations.

Mais le système capitaliste trouve ses limites. En sciant la branche qui le soutenait, il subit aujourd’hui la perte de 30% de ses points de vente et ce n’est qu’un début. Gageons que les plus professionnels des concurrents trouveront mieux que bien à récupérer ce qu’il en reste.