Hommage à Philippe de Broca

J’ai toujours un pincement de nostalgie quand je passe rue de Vaugirard, ce qui fut l’Ecole de Cinématographie, où j’ai passé deux ans à user sur ces bancs mes demières culottes de golf et mes premiers pantalons longs.

Fenêtres et portes sont murées sur les ombres de Monsieur MAUGE, le directeur, de Monsieur VIVIER, remarquable professeur de technique cinématographique, de Monsieur DESHAYES !!! Ah, Monsieur DESHAYES ! Qui du haut de son 1 mètre 50, nous enseignait avec énergie à tourner la manivelle à 16 images/seconde sur le rythme de la Madelon.

Eh oui, en 1952 c’était le premier enseignement que nous recevions car l’Ecole était déjà un peu fauchée et nous utilisions encore une vieille Debrie à manivelle datant, je crois bien, de la première guerre mondiale.

Nous n’arrêtions pas de rouspéter avec Pierre LHOMME, Charles BITSCH, Jean-Yann LE MASSON.

Le cinémascope couleur hollywoodien arrivait sur les écrans alors que nous développions nous-mêmes sur des vieux tambours rouillés nos panoramiques tremblotants. Nous les trouvions sublimes, mais gâchés à jamais par l’Ecole misérable.

Je ne regrette rien aujourd’hui puisque le peu que je sais, je l’ai appris derrière ses fenêtres aveugles désormais.

Philippe DE BROCA
Cinéma 1953