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Pour faire un très rapide historique, on se rappellera
qu’il y a moins de 10 ans qu’une technologie enfin crédible
qualitativement pour la projection électronique des films faisait
son apparition dans nos domaines, après avoir fait ses premières
armes dans l’événementiel : le DMD © (Digital Mirror
Device), outil « mécanique » de la projection, géré
par le DLP (TI) (Digital Light Processing). -
Partant de ce constat de crédibilité technologique
d’un outil encore imparfait au tournant du millénaire, les
acteurs de cette évolution ont rapidement défini les principes
qualitatifs (dans cet article, je me limiterai aux aspects techniques et
qualitatifs) généraux de la mutation : oui pour une nouvelle
technologie, à la condition expresse qu’elle permette de faire
au moins aussi bien que la technologie existante du 35 mm. Laquelle technologie,
depuis 1895, et aujourd’hui dans environ 160,000 salles à travers
le monde, permet la diffusion universelle de l’ensemble des oeuvres
cinématographiques (et même d’autres !!). -
Partant de ce postulat, les organismes techniques se
sont mis à l’oeuvre pour indiquer les paliers à atteindre,
les besoins à assurer, les axes de recherche à développer.
La CST a été la première à fournir des recommandations
techniques, diffusées lors du Festival de Cannes 2001. On y trouva
notamment les premières distinctions entre le D-Cinéma, objectif
à atteindre pour répondre au postulat de l’équivalence
au 35 mm, et le E-Cinéma, qui englobe l’ensemble des technologies
vidéo, dont les niveaux de qualité ne permettent pas d’égaler
le 35 mm (y compris pour la HD !!!).
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A la demande du CNC,
la CST a assuré la présidence du groupe de normalisation Afnor qui a abouti à la publication, en juin 2006, de la norme Afnor NFS 27100 « Salles de cinéma de type cinéma numérique », qui définit les critères qualitatifs des équipements de projection des salles de cinéma qui souhaitent répondre au postulat de l’équivalence 35 mm. |
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Le DCI (Digital Cinéma Initiative), regroupement
des 7 principales majors de production et de distribution, a rédigé
un cahier des charges extrêmement complet sur la chaîne de fabrication,
de sécurisation et de projection (Septembre 2006). La SMPTE a repris
certains thèmes et travaille avec l’Ansi et l’Iso pour
porter ces textes au niveau de la normalisation internationale. Il est à
noter que sur ces sujets-là, la SMPTE et la CST viennent d’annoncer
un partenariat technologique qui permettra d’accélérer
et d’améliorer le processus. -
A l’automne 2007, nous disposons donc de nombreux
textes normatifs ou de recommandations, qui permettent d’encadrer
et d’aider les exploitants et les distributeurs dans les choix technologiques
d’équipement des salles et de distribution des films. Le résultat
en est que la technologie 2K (résolution, espace colorimétrique,
profondeur d’analyse) permet le respect du postulat sur l’équivalence
au 35 mm. -
Qu’en est-il concrètement ? En cabine de
projection, les projecteurs devront répondre aux critères
minimaux du niveau « 2K ». Cela signifie que la résolution
potentielle des éléments de projections sera de 2048 pixels
par lignes en horizontal, et de 1080 lignes en vertical. Mais le plus important
n’est pas là. Il porte sur l’espace colorimétrique
utilisé, sur la valeur de contraste et sur la profondeur d’analyse
par pixel. L’espace colorimétrique retenu est le XYZ, qui couvre
plus que l’espace colorimétrique perçu par l’oeil,
plus que l’espace colorimétrique 35 mm, et bien plus que celui
de la HD (RVB). La profondeur d’analyse est en 4 :4 :4 sur 12 bits
minimum. La technologie Texas Intsruments DMD et DLP permet d’assurer
ce résultat. Il existe également une technologie concurrente,
le SXRD, commercialisée par Sony. Sony la développe autour
d’une résolution 4K, mais avec le même espace colorimétrique.
Il existe aujourd’hui 6 marques de projecteurs (5 sous technologie
Texas, une sous technologie SXRD). -
Au niveau des sources alimentant ces projecteurs, les
solutions retenues sont les serveurs. Les fichiers seront impérativement,
et en attendant mieux, des fichiers compressés au format JPEG 2000,
en 24 im/s. Il existe aujourd’hui 7 marques de serveurs répondant
à ces critères. Les serveurs doivent bien sûr permettre
la diffusion de sous-titres, et depuis les derniers développements
la projection d’images 3D. -
Pour alimenter ces installations, les fichiers films
peuvent être amenés jusqu’aux salles selon différents
moyens. Le plus opérationnel aujourd’hui reste le transport
physique de disques durs externes ou extractibles. Un fichier film moyen
représente une charge d’environ 300 Go. Mais d’autres
solutions se développeront autour des technologies modernes de communication
: la liaison ADSL en 100 Mb/s, la liaison satellite, la fibre optique.
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Mais tout cela ne
verra vraiment le jour que lorsque le besoin sera réel d’effectuer le passage, c’est-à-dire lorsque la solution innovante proposée présentera des plus sur l’ensemble des besoins de la distribution et de l’exploitation. Aujourd’hui, environ 5.000 salles sont équipées dans le monde, dont 3.500 aux USA, et quasi toutes en cohabitation avec des projecteurs 35 mm. La transition sera longue. On se rappellera que les technologies de son numérique, apparues au début des années 1990 en exploitation cinématographique, avec un plus qualitatif rapidement perceptible, ne couvrent aujourd’hui qu’environ 70 % des salles en France, qui est sur ce point un des pays les mieux équipés !!! |


