• Appel à candidatures : Visa pour l’Image 2013 : Soirées de projections

    Jean-François Leroy sollicite la collaboration des photographes pour l’iconographie des thématiques proposées pour l’animation des soirées de projections du festival Visa pour l’Image-Perpignan 2013. Il leur demande de faire un choix serré de leurs meilleures images.

    Les propositions de recherches thématiques sont :

    – Égypte, Tunisie… Syrie, nouvel état des lieux aujourd’hui.

    – Afghanistan / Irak… nouvel état des lieux aujourd’hui.

    – Crise économique, encore et toujours l’Espagne, la Grèce et les autres…

    – La guerre au Mali et ses causes (avant/pendant/après)

    – Le viol des hommes en Afrique (RDC, Ouganda..), arme de guerre.

    – Inde : viols collectifs et place de la femme dans la société.

    – 1943, La bataille de Stalingrad qui a fait deux millions de morts.

    – La contre-culture (sujet fortement musical…). Aller-retour dans le temps (1920-2013) dans les univers suivants :
    Dada
    Hoboes, Folk-song, protest song
    Beatniks, be-bop et free jazz
    Kraut rock, rock psychédélique, métal, punk, rock indépendant
    Mods et Skinhead
    Le Hip-Hop, en incluant les tagueurs, les grapheurs etc…
    Do It Yourself, anti-consumérisme, décroissance, rainbow, techno…
    Comics underground

    – Le Soudan français, 1891 – 1946

    – Cambodge, mort de Norodom Sihanouk en octobre 2012. (Petite rétrospective sur sa vie)

    – Tout sujet magazine de fond traitant de faits de société, d’environnement.

    – Evénements de l’année 1989 (présentés sous forme d’une courte chronologie)

    Il y a 25 ans, naissance de Visa pour l’Image… pendant ce temps là…
    – Mort de Hiro Hito
    – Investiture de George Bush
    – Fatwa Salman Rushdie
    – Invention du web par Tim Berners
    – Marée noire Exxon Valdez
    – Chine, mort de Hu Yao Bang et premières manifestations (Printemps de Pékin)
    – tragédie stade de Sheffield
    – Décès de Khomeyni
    – Crash d’avion au Bourget
    – Bicentenaire de la Révolution
    – Mort de Karajan
    – Noir désir « veuillez rendre l’âme »
    – Frederik de Klerk, élu président de la République d’Afrique du Sud
    – Plan de paix entre Syrie et Liban
    – Attentat DC10 d’UTA au dessus du Niger
    – 1er mariage gay dans le monde
    – Le Dalaï Lama reçoit le prix Nobel de la Paix
    – Tchécoslovaquie, révolution de velours
    – Chute du mur de Berlin (concert de U2 à Berlin)

    Merci de lui faire parvenir vos images en rapport avec ces thématiques, dès que possible, et au plus tard le 29 mars 2013 à l’adresse suivante :

    – Sur CD
    Abax
    14 avenue du général de Gaulle
    71150 Chagny
    A l’attention d’Emmanuel Sautai, Laurent Langlois ou Thomas Bart

    – Ou par FTP
    ftp.images-evidence.com
    Login et mot de passe : visaphoto

    Dans le cas d’un envoi par FTP, merci de créer un dossier avec le nom de votre agence, magazine ou collectif, avec à l’intérieur des sous-dossiers classés par thématiques.

    Taille minimum des fichiers « exploitables » – dimensions de pixels : 1600 pixels de haut minimum en 150 DPI

  • Jusqu’au 15 avril 2013 Jean-Robert Dantou (Photo 2003) expose « Ceux qui aiment les lundis » à la FNAC Montparnasse

    Le Forum des rencontres de la Fnac Montparnasse accueille depuis quelques jours une exposition tirée du livre des Scop « Ceux qui aiment les lundis ».

    Dans son livre Ceux qui aiment les lundis Jean-Robert Dantou (Photo 2003) met en scène, avec des textes de Jean-Luc Gronner, dans quarante tableaux, quarante « aventures humaines », quelques uns des 42.200 salariés de Scop sur leur lieu de travail, des salariés investis dans le capital et impliqués dans les décisions stratégiques.

    Présentation du livre

  • Appel à candidature : Prix HCB 2013

    Le Grand Prix International Henri Cartier-Bresson s’adresse aux photographes de toutes nationalités ayant déjà accompli un travail photographique conséquent dans une sensibilité proche du documentaire. Il n’y a pas de limite d’âge.

    Le calendrier :
    – Du 1er mars au 15 avril 2013: dépôt des dossiers à la Fondation HCB
    – 10 et 11 juin 2013: sélection du lauréat par le jury
    – 25 juin 2013 : remise du Prix HCB au lauréat
    – Juillet 2013: retour des dossiers non retenus

    Composition du dossier

    Pour plus d’informations : .

    Les dossiers devront être déposés ou envoyés à :
    Prix HCB
    Fondation Henri Cartier-Bresson
    2 impasse Lebouis
    75014 PARIS

    Télécharger le dossier HCB 2013

  • Appel à projet destiné aux artistes visuels professionnels.

    I. Présentation de Voyons Voir : Art contemporain et territoire.

    L’association voyons voir | art contemporain et territoire développe un réseau de résidences d’artistes plasticiens et de productions d’oeuvres visuelles en région PACA, dans des domaines viticoles, paysagers et
    des sites du patrimoine.

    À travers les résidences et les activités qui en découlent (expositions, intégration des œuvres à un programme d’itinéraires paysage et patrimoine, édition), l’association œuvre en faveur d’une lisibilité des pratiques actuelles en les insérant dans des lieux et des espaces naturels, les zones agricoles, le patrimoine architectural.

    II. Objectifs et organisation de la résidence.

    Période de résidence : un mois (continu ou non) entre novembre 2013 et avril 2014
    Période d’exposition : à partir du mois de mai/juin jusqu’à fin octobre 2014

    La résidence :
    Lieux de résidences et d’exposition
    – Domaine de Saint-Ser, Puyloubier (www.saint-ser.com)
    – Domaine Château Grand Boise, Trets (www.grandboise.com)
    – Jardin des 5 Sens et des formes premières, Saint-Marc-Jaumegarde
    Conditions de résidences
    La résidence se déroule pendant 4/5 semaines consécutives ou non.
    L’association attribue à chaque artiste :
    – un logement et un atelier sur les sites associés ;
    – une bourse de production de 1500 € (sur présentation de factures) ;
    – une allocation de résidence de 1000 € ;
    – une indemnité de transport à hauteur de 250 € pour les artistes locaux et 500 euros pour les artistes hors région (remboursements des frais réels sur présentation de factures) ;

    L’association apporte un soutien régulier à chaque artiste en l’accompagnant dans le suivi de production : aide logistique, présence d’un régisseur, mise à disposition d’un outillage, mise en réseau …

    Les engagements réciproques de l’association, du lieu d’accueil et de l’artiste en résidence sont fixés par une convention préalablement établie au début du séjour.

    Les oeuvres produites doivent répondre aux contraintes liées à l’exposition en espace extérieur : contraintes climatiques, respect des règles de sécurité liées à l’accueil du public.

    III. Sélection des artistes

    Les artistes intéressés par le programme de résidences doivent nous faire parvenir un dossier (mail ou poste).
    Il est souhaitable qu’ils aient une connaissance préalable des lieux de résidence et d’exposition (visite sur place ou sur internet).

    Date limite envoi des dossiers : 15 mars 2013 (cachet de la poste faisant foi)

    Résultats de la présélection : à partir du 15 avril 2013
    Au regard des projets et des démarches artistiques, des artistes seront présélectionnés.

    Date limite d’envoi des projets spécifiques : le 15 juin 2013
    Les artistes présélectionnés seront invités à venir prendre connaissance des lieux et présenter un projet spécifique.

    Un jury composé de professionnels du monde de l’art (critique d’art, galeriste, enseignant, institutionnel de la culture…) choisira les artistes qui intègreront le programme.

    Les artistes retenus seront affectés à un lieu de résidence selon leur capacité à répondre à ce nouvel environnement, à l’investir et à l’intégrer dans leur démarche.

    Communiqué des résultats : à partir du 15 juillet 2013

    IV. Composition du dossier de candidature

    Ce dossier (numérique ou papier) doit comprendre obligatoirement :
    – un book représentatif de la démarche et du travail de l’artiste ;
    – une note d’intention exposant les pistes de recherche envisagées et/ou présentant un projet spécifique à cette résidence ;
    – un cv avec les coordonnées complètes de l’artiste ;
    – une enveloppe suffisamment affranchie à l’adresse du candidat (pour tout retour de dossier papier souhaité). Tout dossier sans enveloppe retour ne sera pas renvoyé.

    Pour envoyer votre candidature et pour toute information :
    voyons voir | art contemporain et territoire
    Le Patio
    1, place Victor Schoelcher
    13090 Aix en Provence
    www.voyonsvoir.org
    contact : Emeline Lacombe

  • Entretien avec David Chambille (Ciné 2005), directeur de la photographie

    David Chambille ou un itinéraire « ~classique~ »

    A Louis-Lumière et auparavant

    Avant d’entrer à Louis-Lumière, je suis passé par Ciné Sup, à Nantes. C’est quelque chose d’important dans mon parcours. J’y ai acquis surtout une forme de cinéphilie et d’ouverture d’esprit ; alors qu’à Louis-Lumière par la suite, la formation était plus technique.

    On tournait peu, on avait de petits moyens, tout était encore très éloigné du milieu professionnel. Mais il y avait comme un amour du cinéma – à la fois des professeurs et des élèves – qui était peut-être encore plus fort qu’à Louis-Lumière. A l’ENSLL nous avions moins le temps de regarder des films et d’en parler car nous étions plus dans une certaine professionnalisation.

    A Ciné-Sup, nous étions tous unis autour d’un but principal, le concours d’entrée à La fémis ou à Louis-Lumière, nourris par l’effervescence et l’émulation. D’avoir passé ces deux années-là, extrêmement concentré sur le cinéma, je pense que ç’a été formateur. Ça m’a servi pour Louis-Lumière mais aussi pour après, dans les rencontres que j’ai pu faire et dans la façon que j’ai eu d’orienter mon travail.

    On est très jeune au moment de Ciné Sup, c’est tout de suite après le bac. On est limité par rapport à notre expérience et à notre culture. Mais les professeurs étaient très bons. Par exemple, pour ne citer que lui, nous avons eu un professeur d’analyse filmique tout à fait remarquable, Georges-André Quiniou.

    C’était un fou de cinéma qui nous faisait des analyses de films passionnées, riches et précises. Son approche, plutôt littéraire, était extrêmement poussée et analytique, elle nous préparait formidablement bien aux épreuves des concours. Mais surtout, au delà des examens, il nous a montré des films, il nous a donné un œil pour les regarder, pour savoir les apprécier et il nous a appris la spécificité du langage cinématographique. Il avait mis sa vidéothèque personnelle à la disposition de la classe, quelque chose d’inestimable pour nous.

    Nous avions aussi de très bons cours d’histoire de l’art, d’histoire du cinéma, de littérature, nous avions des projections privées de vieux films, etc. Il y avait ces quelques professeurs-là, qui ont su nous communiquer leur passion du cinéma, mais il y avait aussi un effet de groupe : le fait que l’on soit seulement vingt, qu’on ait quitté notre famille pendant deux ans, qu’on habite tous les uns à côté des autres, qu’on se repasse des K7, qu’on discute de nos découvertes récentes, qu’on passe 100% de notre temps à regarder des films et à en parler, sans arrêt.

    Il faut dire qu’à Ciné Sup, on nous apportait les films sur un plateau, des Jean Vigo, des Clouzot, dont on n’avait aucune idée trois jours avant… On les comparait avec les films d’avant, les films d’après, on nous décortiquait tout ça, c’était génial~! A Nantes, on avait aussi le Festival des Trois continents, qui a été fondé par les deux frères Jalladeau, dont l’un était professeur à Ciné Sup. Et puis nous allions au Festival Premiers Plans d’Angers, la ville d’à côté. Des rétrospectives Pialat, Malle, Kaurismaki, Truffaut, Bergman…

    Par contre à Louis-Lumière, à Noisy-le-Grand, l’éclatement des logements faisait qu’on se retrouvait très peu le soir. Le week-end, on avait d’autres choses à faire et on était plus âgés aussi. A l’époque de Nantes, c’était vraiment tous dans le même quartier, tous les uns chez les autres, la semaine, le soir, le week-end, au cinéma tout le temps, devant les télés les uns des autres. C’est une énorme différence par rapport à Paris, et je pense que c’est une chose presque aussi importante que la formation elle-même.

    Evidemment, à l’époque, on critiquait énormément. On trouvait par exemple que la formation n’était pas assez spécifique pour les concours d’entrée. On connaissait les différentes épreuves – le story-board pour Louis-Lumière, l’analyse filmique pour La fémis, les oraux, etc. – on trouvait que la formation était trop généraliste et on aurait voulu qu’elle soit plus spécifique parce que les concours nous faisaient peur… Mais je ne regrette rien de tout ça.

    Je m’aperçois même aujourd’hui que les films qui me servent de référence et que je peux évoquer quand je travaille avec un réalisateur, la façon d’en parler, de les analyser, tout cela vient de cette époque-là. Les références accumulées me servent aujourd’hui, tout comme le fait d’avoir appris à regarder des films, et surtout à en regarder beaucoup.

    Ce qui est moins facile à faire plus tard, vu qu’à Louis-Lumière par exemple, il y a énormément de choses techniques à apprendre. Et c’est encore plus compliqué par la suite, une fois entré dans la vie active. J’ai des restes de cette formation-là mais je me suis rendu compte, en commençant à travailler, que la cinéphilie n’était pas du tout une condition sine qua non pour faire du cinéma. En fait, sur les plateaux, on rencontre pas mal de gens qui ne s’y intéressent pas. Quand je préparais Louis-Lumière, c’était pour moi une évidence, mais après avoir débuté, j’ai constaté que ce n’était pas si courant que ça.

    La sortie de Louis-Lumière

    Ça n’a pas été si facile ! On se dit que trois années d’études à Louis-Lumière, c’est quand même assez prestigieux~! Qu’on en a bavé pour rentrer et qu’avec tout ce qu’on a appris, on a quand même pas mal de choses à apporter aux équipes. Mais on s’aperçoit très vite qu’on ne nous attend pas. On découvre que les équipes sont déjà formées, qu’elles roulent, que l’univers est assez fermé sur lui-même et que c’est extrêmement difficile au début de rentrer dans la boucle.
    J’ai passé à peu près deux ans à ne faire que des petites choses à droite, à gauche. Comme je connaissais quelques personnes à La fémis par exemple, j’ai fait des courts métrages avec eux comme assistant ou comme chef op’. J’ai fait un peu de cadre également sur des documentaires, des institutionnels.

    En sortant de Louis-Lumière j’ai quand même eu la chance de faire un stage sur le film de Jean-Claude Brisseau, Les Anges exterminateurs , avec Wilfrid Sempé à la photo et David Grinberg comme assistant. C’était mon premier vrai contact avec le long métrage. Je me suis rendu compte à ce moment-là que c’était ce que je voulais faire.

    Une autre chose assez drôle que j’ai faite avec un ami de Louis-Lumière à la sortie de l’Ecole, c’est toute une série de publicités pour les hôtels Nouvelles frontières. Ce n’était pas particulièrement intéressant mais c’était pour nous une façon de voyager autour du monde, tout en tenant une caméra.

    Par la suite, je me suis retrouvé presque par hasard sur le tournage d’un long métrage, comme chef opérateur, engagé par une production algérienne. Un film intégralement tourné en Algérie, en numérique, avec une équipe algérienne. Je suis resté trois mois là-bas. On a tourné de belles choses. C’était un vrai tournage de long métrage et une aubaine pour moi. Mais l’organisation du tournage et les moyens mis en œuvre étaient nettement insuffisants pour que l’expérience soit vraiment formatrice.

    C’était un film d’époque produit avec de l’argent d’Etat, sur un scénario pas complètement maîtrisé, mis en scène par un réalisateur-producteur dépassé par les évènements. Un projet splendide mais impossible à réaliser avec les moyens dont la production disposait. Sachant que l’Algérie d’aujourd’hui est très éloignée de celle du 19e siècle, et qu’il aurait fallu énormément travailler sur les décors, les costumes…

    Pour moi, c’était quand même trois mois d’image, de conception visuelle, de problèmes humains à résoudre… J’ai toujours trouvé intéressant de voyager en faisant des films. C’est une façon très particulière de découvrir un pays, de rentrer dans certains décors où l’on ne serait jamais entré, de rencontrer les gens différemment.

    Pendant que je faisais ces petits boulots, j’avais l’impression que tout était compliqué, je ne savais pas trop où j’allais, j’étais mal payé, et je n’arrivais pas à obtenir mon statut d’intermittent. Durant cette période, pas toujours très agréable, je suis allé beaucoup chez les loueurs pour proposer mon aide aux assistants caméra qui préparaient leur film.

    Et un jour, l’un d’eux m’a rappelé, vraiment par hasard, parce que son second passait premier. C’était pour faire La Fille de Monaco d’Anne Fontaine, avec Patrick Blossier.

    A partir de ce moment-là, j’ai eu la sensation d’être aspiré par la machine. J’ai rencontré des assistants, Eric Blanckaert, Simon Blanchard, Samuel Renollet, Alexandre Tyl… Et de fil en aiguille, je me suis retrouvé dans une petite équipe et le contexte a totalement changé pour moi. C’est-à-dire qu’on m’appelait régulièrement, je travaillais beaucoup – les salaires étaient tout de suite relativement élevés –, je participais à des longs métrages, des téléfilms, des séries TV.

    J’ai pu travailler avec Jean-Claude Larrieu, Robert Fraisse, Jérôme Alméras, Pascal Ridao, Claude Garnier, Pascal Caubere… J’ai eu pas mal de chance parce que des gens comme Robert, par exemple, transmettent énormément. En tant que second, je me retrouvais souvent au combo avec lui et il me parlait de tout, il expliquait ses choix. Quand on évoquait un film, le lendemain il m’amenait des photogrammes, il me montrait des images des films qu’il avait fait, il m’apportait des magazines.

    De tous les chefs opérateurs que je connais, c’est celui qui parle le plus de son propre travail, pas forcément pour se faire mousser mais pour communiquer. On sent qu’il a énormément aimé partager avec des chefs op’ rencontrés aux Etats-Unis, Dante Spinoti par exemple. Il avait gardé ce côté fan, extrêmement cinéphile, avec des maîtres à penser. Il se tournait vers les grands opérateurs qu’il aimait, il continuait à collectionner les photos de leur travail, à aller voir leurs films.

    Il me disait qu’il avait appris la lumière comme ça, en allant voir les films plein de fois, en regardant les projecteurs dans la brillance des yeux, dans les lunettes, en observant les ombres. Il me poussait beaucoup dans ce sens-là. On le surnommait  » Hollywood Story  » sur le plateau…

    D’ailleurs, toute cette période de second assistant caméra, c’est celle que j’ai préférée. On fait partie de l’équipe caméra, on est très bien rémunéré, on a beaucoup de temps pour regarder ce qui se passe sur le plateau, on est très souvent à côté du chef opérateur, sans cette énorme pression que l’on retrouve après à des postes plus élevés.

    J’ai beaucoup appris avec Robert, avec Jean-Claude Larrieu, qui est très communicatif lui aussi, avec Patrick Blossier, plus silencieux mais tout aussi talentueux.

    Il y a aussi quelque chose de particulier : je ne suis pas entré dans une équipe que j’ai suivie pendant dix ans. A partir du moment où j’ai rencontré des assistants, ça a fait boule de neige et j’en ai rencontré une dizaine. Du coup j’ai pratiquement changé d’opérateur à chaque film. A l’inverse, l’un de mes amis est resté longtemps dans la même équipe, il était sûr de faire deux ou trois films dans l’année, il savait ce qu’il allait faire six mois à l’avance, l’ambiance dans son équipe était très bonne.

    Je l’ai envié souvent mais en même temps je me suis rendu compte que de changer d’opérateur ça m’avait permis d’observer différentes façons de faire et d’avoir une forme de liberté. N’étant pas rattacher à une seule équipe, ça me laissait le choix d’aller faire des courts métrages ou d’accepter des films peut-être moins intéressants, mais qui me permettaient d’aller vers autre chose.

    Etre assistant ou bien faire de la lumière ?

    Après les tout premiers courts métrages que j’ai faits à la sortie de Louis-Lumière, j’étais vraiment content de mettre enfin un pied sur les « ~vrais~ » tournages et de découvrir ce qui se faisait vraiment sur les plateaux. Je me suis rendu compte alors que j’étais très loin de pouvoir faire ça moi-même. J’étais bien dans mon équipe et je n’ai pas senti le besoin de faire de la lumière à ce moment-là. Tout ça me filait un peu le vertige.

    A un moment donné, je me suis demandé ce qui fallait faire pour être chef op’, pour être un bon chef op’ en tout cas. Est-ce qu’il fallait faire beaucoup de courts métrages et rester dans ce créneau~? Ou bien être troisième, puis deuxième assistant sur des gros films, ne rien avoir à faire avec ce qui se crée mais pouvoir regarder. La conclusion que j’en tire aujourd’hui, c’est que le moment où j’ai le plus appris, c’est quand j’étais second.

    Sur le film de Brisseau par exemple, je notais les plans d’éclairage de chaque séquence – je devais le faire pour mon rapport de stage –, on notait aussi les diaphragmes, les filtres. J’ai toujours pris des notes, posé des questions aux électros, sur les projecteurs, le matériel. J’allais aux projections de rushes, je récupérais les DVD, on allait au labo…

    Et quand je me suis remis à faire des courts métrages, j’étais beaucoup plus à l’aise. Là où avant je me disais~: «~Mais comment je peux éclairer une salle de bain, ou une église~?~», en l’ayant vu trois fois sur trois films différents, je me rendais compte qu’il n’y avait pas une seule mais plusieurs solutions, que ça dépendait du film, des moyens, de la situation, de sa propre sensibilité d’opérateur. Et le fait de l’avoir vu faire, ça m’avait décomplexé. Parce que j’avais vu aussi des erreurs, des erreurs rattrapées, j’avais vu des choses très belles mais toutes simples… Ça ne m’avait pas forcément donné des solutions pour éclairer les décors mais je comprenais mieux comment il fallait s’y prendre, comment aborder un scénario.

    J’avais surtout appris comment me tenir sur un plateau, quelles étaient les hiérarchies, comment parler à un comédien, à un metteur en scène, quel était le bon compromis entre proposer une chose pour que l’image soit mieux sans pour autant dénaturer la mise en scène. Ces choses-là, j’ai l’impression de les avoir apprises au moment où j’étais second…

    Au bout de trois ans, c’est l’équipe de Pascal Caubère qui m’a fait passer premier assistant. Et dans la foulée, Nicolas Massart, un jeune opérateur que j’avais rencontré sur des courts métrages – très communicatif lui aussi dans son travail –, m’a également pris comme premier sur Derrière les murs , un film tourné en 3D. C’était une double gageur pour moi car il fallait que j’assume un film entièrement au point et surtout qu’on règle pas mal de problèmes liés à la prise de vues en relief.

    C’est à ce moment-là, en travaillant avec Nicolas, que je me suis remis à faire un peu de lumière. Il fait partie des gens qui refilent à leurs assistants des courts métrages qu’ils ne peuvent pas faire, qui poussent les jeunes à se lancer. Avec Nicolas j’ai aussi découvert les tournage de publicité. Et comme les tournages de pub ont la particularité d’être courts et rémunérateurs, ils laissent le temps pour faire d’autres choses.

    La chance aidant, c’est tombé au moment où les gens de mon réseau Ciné Sup, Louis-Lumière, La fémis, m’ont appelé de nouveau pour faire des courts métrages. Là, je pouvais accepter parce que j’avais des envies de lumière, j’avais suffisamment acquis d’expérience sur les longs métrages et je disposais de plus de temps.

    J’ai fait un court métrage avec Grégoire Leprince-Ringuet, qui s’est bien passé. Et de fil en aiguille, il m’a fait rencontrer d’autres jeunes comédiens, comme Guillaume Gouix, avec qui j’ai fait des films par la suite. Puis Stéphane Demoustier m’a appelé pour faire des courts métrages avec sa société de production Année Zéro, et pour tourner avec lui-même comme réalisateur.

    Et du fait de faire des films, on a des images à montrer. La machine se lance. En même temps, je prenais petit à petit plus d’assurance.

    Depuis à peu près deux ans, j’ai donc l’occasion de faire beaucoup plus de courts métrages. A la fois parce que je me suis rendu disponible, mais aussi parce qu’on m’appelle plus souvent… Par chance, les films qu’on a faits ont plutôt bien marché, ils ont été vus, à Cannes, à Cabourg, à Angers… Du coup, je me suis laissé du temps pour faire ça, j’apprécie et ça se passe plutôt bien. C’est justement dans ce contexte là que j’ai revu Jean-Claude Brisseau, par une amie que nous avons en commun.

    Une chose importante, former son équipe

    Je n’ai jamais manqué d’assistants autour de moi, des premiers, des seconds, des stagiaires. Mais les électros et les machinos, c’était plus compliqué dans un premier temps. Heureusement j’ai fait beaucoup de rencontres sur les tournages.

    C’est bien de découvrir les gens sur les plateaux pendant plusieurs semaines, de voir comment ils travaillent, de voir comment on s’entend avec eux. Et quand j’ai un projet de court métrage, j’appelle un chef électro ou machino et c’est lui qui me dit, dans son équipe, qui pourrait être intéressé. Il me propose son premier ou son deuxième.
    En plus, ils mettent à disposition un peu de bijoute~; là où tout d’un coup ça peut devenir très compliqué pour un court métrage, ils nous ouvrent les portes du camion et nous apportent des solutions. L’expérience du long métrage fait qu’ils sont souvent d’un très bon conseil pour la puissance ou l’implantation des sources dans le décor.

    (Propos recueillis par Jean-Noël Ferragut, AFC (Ciné 1970), à Paris en septembre 2012)

    Lire la suite de cet entretien où David Chambille parle de son travail sur La Fille de nulle part de Jean-Claude Brisseau, film ayant obtenu en 2012 le Léopard d’or au Festival International du Film de Locarno.

  • Réunion du comité directeur du 10 janvier 2013

    Le comité directeur s’est réuni le 10 janvier 2013. Le compte-rendu de la réunion a été approuvé lors de la réunion du 12 février 2013.

  • L’AFC organise avec l’ADC, l’AFSI et LMA les Master Class des associations de techniciens

    L’AFC l’ADC, l’AFSI et LMA, de nous rejoindre et de ­mettre en place une série de Master Class thématiques autour de chacun de nos métiers. Ces Master Class se dérouleront dans le courant du mois de février nourrissant la quinzaine mise en place avec le Salon des Lieux de tournage et l’Industrie du rêve.

    Ces Master Class seront ouvertes au public (tarif en vigueur au cinéma) et aux professionnels invités par les associations : une opportunité exceptionnelle de croiser les talents.

    – lundi 18 février : Master Class décoration avec l’ADC ; projection du film Carnage, de Roman Polanski ; débat modéré par Alexandre Tsékénis
    – jeudi 21 février : Master Class montage avec LMA, projection du film Versailles, de Pierre Schoeller ; débat animé par Erika Barroché, Lise Beaulieu, Thaddée Bertrand, Jean-Pierre Bloch, Mathilde Muyard (monteuse du film) et Sarah Turoche.
    – lundi 25 février : Master Class son avec l’AFSI, invités Guillaume Sciamma et Nadine Muse avec projection du film Amour, de Michael Haneke ; débat animé par Pierre Antoine Coutant et Vincent Magnier.
    – jeudi 28 février : Master Class image avec l’AFC, invité Ricardo Aronovitch, AFC, ADF, projection du film Providence, de Joseph Losey ; débat modéré par Dominique Maillet.

    Le Grand Action
    5, rue des Ecoles
    75005 Paris

  • Anastasia Durand (Ciné 2012) nous présente son travail sur « Etudes pour un paysage amoureux »

    Anastasia Durand (Ciné 2012), directrice de la photographie sur le film « Etudes pour un paysage amoureux » nous a parle de son expérience sur le film. Ce film de Clément Schneider a été tourné en Bourgogne et dure 1h20.

    J’ai rencontré Clément avant d’entrer à Louis Lumière mais nous n’avions pas encore eu l’occasion de travailler ensemble sur un film. Etudes pour un paysage amoureux a été autant pour lui à la mise en scène que pour moi en chef opératrice, notre première expérience sur un projet aussi conséquent.

    L’économie du film, basée sur l’autoproduction, laissait, à première vue, assez peu de marge de manœuvre sur les choix de matériel et de workflow qui s’offraient à nous. J’ai donc pris autant que possible les décisions esthétiques permettant d’aller avant tout dans le sens du film. Nous avons tourné en RED One par souci économique mais fait le choix d’avoir des rushes 4K malgré la complexité que cela nous imposait en post-production pour la petite structure que nous sommes. Ceci, essentiellement parce que je voulais pouvoir garder la profondeur de champ du 35mm.

    La caméra que nous avions obtenu disposait d’un capteur non actualisé en MX soit avec une dynamique assez faible par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. C’est devenu pour moi très vite un défi, pas toujours évident à relever, mais qui m’a permis d’apprendre beaucoup sur la manière d’éclairer. Pour parvenir à l’image que nous recherchions avec Clément et casser le tramage du numérique, j’ai pu obtenir un vieux zoom Cooke 18-100mm absolument magnifique et qui a donné ce rendu doux et parfois un peu impressionniste à l’image. Cela a considérablement adoucit une caméra numérique comme la RED one qui peut paraître trop définie et trop brutale pour un film historique qui parle d’amour et où six jeunes filles apparaissent constamment au cadre. L’effet est bien meilleur qu’en utilisant de simples filtres : pour des raisons de production liées comme toujours à notre économie, nous avons du nous passer de cette optique durant 3 jours et j’ai découvert à quel point il était impossible de retrouver le même rendu avec le zoom RED qui m’était imposé en échange, malgré la compensation avec des filtres. Nous avons dû retravailler plus précisément ces séquences en post-production pour atténuer au maximum le décalage entre les optiques. Seule la séquence à la bougie dans la chambre pendant le bal, tournée avec cette optique RED n’a été ni filtrée ni retouchée pour garder l’aspect agressif et transperçant qui se joue déjà dans la scène.

    Au final les nécessitées techniques et financières sont toujours le meilleur moyen de stimuler une recherche artistique à laquelle je n’aurais peut être pas pensé si je n’avais pas été, ne serait-ce qu’à un moment, dans la contrainte.

    Nous avons travaillé avec la lumière naturelle autant que possible ce qui a imposé des repérages et un plan de travail assez précis qui tenait compte de l’orientation du soleil dans les décors extérieurs où bien souvent nous n’avions pas d’accès à l’électricité. Dans les décors intérieurs, il s’agissait essentiellement de garder la logique de la lumière naturelle, sa façon d’entrer dans les pièces et de s’éteindre. En somme, les mots d’ordres étaient souvent « lumière diffuse mais contraste ». Pour les scènes à la bougie, je suis allée voir beaucoup de tableaux de Georges de la Tour au Louvre pendant la prépa et j’ai essayé de m’approcher de son travail et principalement de sa gestion de la couleur dans l’espace éclairé.

    Le découpage n’était jamais prévu à l’avance mais nous savions suivant l’espace que nous offrait le décor quel type de moyen nous mettrions en œuvre. Souvent nous nous en sommes tenus au plan séquence que Clément et moi affectionnons particulièrement, privilégiant la chorégraphie de déplacement des acteurs et de la caméra plutôt qu’une multiplicité de plans. Cela se construisait pour autant de façon très spontanée, parfois encore stimulé par des contraintes de terrain.

    Le plan séquence a souvent d’ailleurs été une solution au défi de cadre qu’impose un scénario choral avec en permanence six jeunes filles dans le cadre. Le choix du 1.85 s’est fait aussi de cette façon. Clément étant un grand adepte du format 4/3, nous n’avons pas cherché d’emblée un ratio trop large comme le scope mais avec le nombre de personnages présents en permanence dans le cadre il eût été tout simplement compliqué d’envisager un format plus carré.

    Pour l’envergure du film que nous avons cherché à faire nous étions une petite équipe et le tournage a été très intensif obligeant chacun à être très polyvalent. La polyvalence s’est même étendue jusqu’à la post-production puisque j’ai suivi le film jusqu’à la réalisation du DCP que nous avons fait par nos propres moyens avec le défi de respecter les choix colorimétriques de l’étalonnage. Après un étalonnage sur Da Vinci à La Fémis, de nombreux tests de cohérence de chaîne et une masterisation en 2k, nous étions plutôt fier d’être arrivé à terme sans mauvaises surprises et avec les moyens du bord.

    Nous sommes cependant conscients que ce film n’aurait pu se faire sans le soutien humain et matériel de bon nombre de personnes. Le paradoxe économique de la structure dans laquelle nous étions, sortis de l’amateurisme, avec des moyens professionnels mais autoproduit sur un budget dérisoire pour l’ambition du film est difficilement reproductible. Nous espérons que notre prochaine collaboration nous permettra de travailler dans des conditions de production plus « normales ».

    Lire l’article sur le film.

  • Arrêt sur images décerne le « 1er Prix de la photo la plus utilisée par la presse en ligne en galère pour illustrer tout, n’importe quoi, et surtout n’importe quoi »

    Photographe comment peux-tu vivre si tes images sont utilisées n’importe comment et ne veulent plus rien dire ?

    Arrêt sur images nous présente l’utilisation des images par la presse en manque d’inspiration…

  • « La pratique du reflex numérique – 4ème édition » de René Bouillot (Photo 49)

    La pratique du reflex numérique est un ouvrage de René Bouillot, revu et mis à jour pour tenir compte des dernières évolutions des reflex numériques et des modèles hybrides. Cet ouvrage qui en est donc à sa quatrième édition fait partie des ouvrages de référence en français sur la technique photo et le fonctionnement des reflex numériques.

    Ce livre de référence sur la pratique du reflex s’enrichit d’un chapitre sur les techniques de fusionnement d’expositions multiples. La réussite d’une image repose également sur le talent. Tous les atouts pour réussir !

    Cette quatrième édition entièrement mise à jour de la « bible » du reflex numérique tient compte des progrès technologiques les plus récents : nouveaux boîtiers, objectifs et accessoires, mais aussi nouvelles fonctions du reflex numérique telles que le stabilisateur d’image, la visée directe sur écran ou la vidéo. Elle intègre notamment la montée en puissance des appareils hybrides et s’enrichit d’un chapitre inédit sur Les techniques de fusionnement d’expositions multiples (HDR, focus stacking, compositage).

    Photographes amateurs, experts ou professionnels et étudiants en photo trouveront ainsi dans ce livre indispensable toutes les informations concrètes et théoriques sur la pratique de leur art, de l’entretien du matériel au laboratoire numérique, en passant par l’exposition, l’optique, la mise au point ou la gestion des couleurs.

    Une première partie richement illustrée fait La part belle à la prise de vue proprement dite en abordant les grands thèmes photographiques : portrait, paysage, sport, photo de nuit, nature morte, etc.

    Broché: 468 pages
    Editeur : Eyrolles
    Édition : 4e édition (24 janvier 2013)
    Langue : Français
    ISBN-10: 2212135130
    ISBN-13: 978-2212135138
    Dimensions du produit: 23 x 16,4 x 2,6 cm