Restauration sonore

En pre?cisant l’aspect me?thodologique de la restauration sonore, j’ai cherche? a? montrer que le restaurateur d’un document sonore est le me?diateur essentiel dans la chaîne de restauration en ce sens qu’il doit faire face a? des choix techniques guide?s a? chaque e?tape, par des choix esthe?tiques selon une de?ontologie propre a? l’exercice. Une premie?re partie de?finira la restauration sonore par rapport aux concepts de l’historien d’art Cesare Brandi. Diffe?rentes e?tapes constituent le travail de restauration du son qui le diffe?rencie de celui de la restauration (des arts plastiques par exemple), notamment par l’e?tape essentielle de transfert du contenu sonore qui conditionne en grande partie la suite des interventions. La consultation de plusieurs entretiens de restaurateurs mettra en lumie?re l’absence de tout code de?ontologique associe? a? cette profession, assimilable a? une pratique artisanale ou? le savoir faire est guide? essentiellement par l’oreille (appre?ciation subjective) et par l’expe?rience acquise au contact des appareils de lecture (supports analogiques). Ces derniers venant a? disparaître, il sera de plus en plus difficile pour les ge?ne?rations actuelles d’inge?nieurs du son d’acque?rir les compe?tences ne?cessaires a? cette pratique. Suite a? cette constatation, une me?thode de travail sera propose?e et e?clairera les principes de base permettant le respect de l’inte?grite? du document sonore a? transmettre. Cette me?thode, dont la conservation des supports en est l’e?tape primitive, conside?re la restauration comme un enchai?nement dont chaque geste effectue? peut influencer les e?tapes les une par rapport aux autres. La deuxie?me partie mettra en avant l’importance de la combinaison des activite?s de conservation du support et de recherches archivistiques autour du document sonore dans le processus de restauration. Un support bien conserve? associe? a? un contexte de production e?lucide? donne au restaurateur de bonnes conditions pour entreprendre sa sauvegarde. L’e?tude du patrimoine sonore montrera que les moyens mis en œuvre dans les institutions investies d’une mission de conservation et de transmission ne correspondent pas a? la hauteur des enjeux pose?s par la sauvegarde d’un patrimoine commun. La me?thode e?tablie en premie?re partie me sert de guide pour mon travail pratique qui fait l’objet de la restauration d’un extrait de l’enregistrement du trio de cuivres « Trio Millie?re », datant de 1985. Ce travail s’appuie sur l’aide des acteurs de cet enregistrement (musiciens et preneurs de son), ainsi que sur les moyens techniques du Centre National de l’Audiovisuel, et a donne? lieu a? diffe?rents re?sultats: l’acquisition des supports, l’expe?rimentation des e?tapes de restauration, la caracte?risation des outils de restauration. Confronte?e directement a? la perte de mate?riel ne?cessaire a? la nume?risation, j’ai pris conscience de la vulne?rabilite? de cette discipline dans le contexte actuel.