La photographie culinaire fait partie de notre paysage visuel quotidien.
Au cours de ces dix dernie?res anne?es, une nouvelle forme de passion pour la cuisine a e?merge? au sein des socie?te?s occidentales. La photographie culinaire est aujourd’hui ple?biscite?e par le grand public et devient un terrain d’expe?rimentation pour une communaute? d’amateurs de cuisine et d’images.
Paralle?lement a? cet inte?rêt croissant pour l’univers de la cuisine, la sante? et le respect de l’environnement sont devenus des pre?occupations de premier ordre. Manger sain se pose donc en re?ponse a? tout cela.
Au travers des plateformes de blogs amateurs, une certaine tendance en matie?re de photographie culinaire voit le jour peu avant 2010. De plus en plus de blogueurs photographes illustrent les recettes de leurs articles par des images dote?es d’une esthe?tique similaire. Ces blogs sont e?galement lie?s par des valeurs communes telles que le retour a? un rythme de vie plus lent et a? une alimentation raisonne?e. Cet ensemble sera appele? le genre photographique culinaire green, terme souvent employe? dans ce milieu.
Tout en insistant sur l’authenticite? de leur discours, ces blogueurs mettent en sce?ne avec minutie chacune de leurs photographies. Un certain nombre de codes visuels implicites mais tre?s pre?sents se de?gagent, ce qui questionne cette me?me notion d’authenticite?. ? De plus, suite au succe?s grandissant du genre, une partie des blogueurs se professionnalise. Le risque que ce nouveau parame?tre e?conomique modifie les intentions d’origine de la de?marche est donc re?el.?
Autre conse?quence apporte?e par cette popularisation, certains professionnels de la communication et de l’audiovisuel tournent leur attention vers le genre, devenant alors une source d’inspiration. En adoptant ses codes visuels, il permet de faire re?fe?rence a? une tendance visuelle actuelle de me?me qu’a? une certaine qualite? nutritionnelle et e?thique. L’esthe?tique du genre green apparai?t maintenant sur l’un des me?diums les plus visibles, la publicite? a? la te?le?vision.
Face a? cette de?mocratisation progressive d’un genre jusque la? marginal et amateur, la question de l’e?volution de l’authenticite? dans le genre « green » se pose.?


