• Les conférences 2018 sont en ligne !

    Le samedi 16 juin 2018, la 2e édition de Parcours & Perspectives se déroulait à la Cité du Cinéma, dans les locaux de l'école Louis-Lumière. Désormais, les quatre conférences de cette journée professionnelles sont librement accessibles en ligne grâce aux quatre liens ci-dessous. Vous pouvez aussi regarder chaque video directement depuis cette page (voir plus bas). Pour votre confort visuel, pensez à agrandir la fenêtre en mode plein écran. Bonne conférence !

     

    Table ronde PHOTO – https://vimeo.com/302690562

    Table ronde CINEMA – https://vimeo.com/301490626

    Table ronde SON – https://vimeo.com/305547072

    Table ronde TRANSVERSE – https://vimeo.com/307284430

     

       

     

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    PHOTODe la conception à la distribution, le livre photo en toute indépendance ? Alors que la photographie est plus dématérialisée que jamais, le livre de photographies s’affirme comme un support pérenne et connaît un véritable foisonnement. La baisse des coûts de production a ouvert aux photographes de nouveaux horizons: auto-publication, vente directe en ligne… permettant à une offre riche et expérimentale de se déployer en marge des grandes maisons d’éditions.

    Invités : Sebastian Hau, co-fondateur du salon de l’édition indépendante Polycopies, Eric Cez, co-fondateur des Editions Loco, Max Pinckers, photographe et fondateur de la maison d’édition Lyre Press, Sandrine Marc, photographe et micro-éditrice. Animateur : Arthur Crestani (Photo 2017)

     

     

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    CINEMA – « Au revoir là-haut », une complexe alchimie production/post-production. Produire un film dont un plan sur trois est truqué en post-production ? Rares sont ceux qui s’y aventurent, plus rares encore ceux qui tirent leur épingle du jeu. Avec 2 millions d’entrées en France, un accueil public et critique enthousiaste, des récompenses majeures aux derniers Césars, le film « Au revoir là-haut » s'impose comme un pari réussi. Au-delà, le film propose une certaine manière de faire du cinéma où le tournage seul ne suffit plus à enregistrer une réalité tangible.

    Invités : Vincent Mathias, directeur de la photographie, Cédric Fayolle, superviseur des effets spéciaux et réalisateur 2e équipe, Bruno Amestoy, directeur de production, Cyril Holtz, mixeur. Animateur : Frédéric Castelnau (Ciné 1999)

     

     

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    SON – Artisanat et immersion sonore. L’immersion sonore, on la connaît particulièrement bien au cinéma et dans le jeu vidéo. Elle évolue avec des avancées technologiques et des monopoles techniques. Dans les autres domaines, comme la radio, la musique, les installations artistiques, le théâtre… l’immersion est un travail d’artisans qui vont tordre la technique, la faire évoluer pour que l’expérience d’immersion ressemble au projet artistique.

    Invités: Antoine Bertin, artiste, ingénieur du son (Son 2008), François Clos, ingénieur du son, compositeur, réalisateur, producteur (Son 2008), Jean-Marc L’Hotel, architecte sonore. Animateur : Malo Thouément (Son 2008)

     

     

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    TRANSVERSES’immerger dans l’Espace-image en VR (et contre tous). L’expérience VR se fait en mettant à contribution non seulement nos yeux et nos oreilles mais les capacités motrices du corps stimulant une expérience émotionnelle intense. Le cinéma sur écran bidimensionnel qui se consomme assis, doit-il craindre de ce nouveau média qui emprunte aussi bien au son, à la photo et au cinéma lui-même comme à toutes les autres formes de représentation ?

    Invités : Sophie Goupil, productrice pour Arte 360°, Pascal Tirilly, réalisateur de films VR, Camille Lopato, distributrice de films VR (Diversion Cinéma), Victor Agulhon, co-fondateur de TARGO (journalisme immersif). Animateur: Dominique Bloch (Ciné 1967)

     

     

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    Et pour voir les conférences de Parcours & Perspectives; 1ère édition (mars 2017), c'est ici :

    Table ronde Cinéma 2017 : https://vimeo.com/211956470

    Table ronde Photo 2017 : https://vimeo.com/214406891

    Table ronde Son 2017 : https://vimeo.com/216206936

  • Conférence : le système soviétique panoramique KINOPANORAMA

     Le conservatoire des techniques de la Cinémathèque française, organise le vendredi 25 janvier 2019 à 14h30 une conférence sur le système soviétique panoramique KINOPANORAMA, animée par Nikolaï Maïorov, avec la collaboration de Caroline Damiens et de Kinétraces.

    Cette conférence, illustrée de projections de films, retrace l’histoire de la création du système soviétique de cinéma panoramique Kinopanorama (1958). Elle revient sur les principales différences par rapport aux systèmes étrangers (format, cadence de prise de vue et de projection, caractéristiques du système sonore), l’histoire des salles de cinéma panoramiques soviétiques et des films en Kinopanorama, le tournage du film Tournants dangereux (1961) et sa restauration numérique.

    Nikolaï Maïorov est journaliste, critique de cinéma, cinéaste et historien des techniques cinématographiques spécialisé dans l’étude du développement des systèmes cinématographiques en Russie et URSS. Il a restauré numériquement plusieurs films utilisant divers procédés couleur, stéréoscopiques et panoramiques soviétiques. Pour ce travail, il a reçu plusieurs prix (prix de la Guilde des critiques et chercheurs en cinéma en 2009, prix du festival de Belye Stolby en 2011).

    Ancienne conférencière à La Cinémathèque française, Caroline Damiens est enseignante-chercheuse en études cinématographiques et membre de l’association de recherche sur le patrimoine cinématographique Kinétraces. Ses travaux portent sur le spectacle cinématographique en URSS et, plus particulièrement, en Sibérie soviétique.

    Conservatoire des techniques de la Cinémathèque française, 51 rue de Bercy Paris 12e

    Prochaine conférence : Vendredi 15 février 2019, 14h30, LE DEBUT DES PROJECTIONS NUMERIQUES EN France, Conférence de Philippe Loranchet, suivie d’une table ronde avec Christophe Lacroix (Ymagis), Philippe Binant (Royal Monceau)

    Photo : Film Kinopanorama Tournants dangereux (1961), production Tallinfilm. Collection Gosfilmofond.

  • Honneur aux nouveaux diplômés !

    Ils étaient quarante-huit sur scène ce lundi 14 janvier dans la grande salle Henri-Langlois de la Cinémathèque française. Quarante-huit élèves, ou plutôt anciens élèves, appelés par le Directeur de l'école, Vincent Lowy, pour recevoir officiellement leur diplôme.

    Ouverte par Michel Romand-Monnier, directeur général adjoint de la Cinémathèque, cette cérémonie a ensuite proposé au public une sélection de travaux et d'oeuvres réalisés par les élèves des trois filières Son, Photo et Cinéma, dont un film en relief.

    Au fur et à mesure des projections, et devant une salle bien remplie, quelques courageux représentants de cette nouvelle promotion sont venus exprimer souvenirs et émotions de leur passage à l'école. Tous ont vivement remercié le personnel de l'école, professeurs et encadrants, pour ce cocktail d'exigence et de bienveillance qui fait la renommée de l'établissement et qu'ils retiennent comme particulièrement importants dans leur apprentissage.

    En fin de cérémonie, Frédéric Castelnau a adressé pour les ALL un message de félicitation aux jeunes diplômés et de bienvenue dans la profession, ainsi qu'une invitation à rejoindre sans tarder le réseau des anciens élèves, pour le faire vivre et en tirer le meilleur parti.

    Achevée par un cocktail sur la mezzanine de la Cinémathèque, cette soirée fut une très belle manière d'ouvrir l'année 2019. Prochain grand rendez-vous avec les élèves de l'école le 30 janvier prochain pour le parrainage des 2e année.

     

     

  • Parrainage de la Promo 2020

    Le mercredi 30 janvier 2019 va rester comme une date importante pour les étudiants de la promotion 2020. C'est en effet ce jour-là, plus précisément le soir, qu'ils vont rencontrer leurs parrains et marraines respectives. La cérémonie se déroulera comme chaque année aux Ateliers Varan, à Paris dans le 11e arrondissement.

    En amont de cette soirée, chaque étudiant candidat au parrainage a rempli un questionnaire pour décrire leur parcours jusqu'à l'école et l'horizon professionnel qu'ils s'imaginent plus tard. En fonction de leurs réponses, les 6 chargés de parrainage des ALL ont cherché pour chacun, et dans le plus grand secret, le parrain ou la marraine idéale.

    La soirée du 30 janvier sera donc l'occasion d'une première rencontre entre parrains et filleuls. Dans une ambiance chaleureuse et conviviale, cette prise de contact marquera le début d'une relation privilégiée et constituera pour la plupart des élèves le premier maillon d'un réseau professionnel.

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  • En 2019, accomplir ses rêves

    Cher(e)s adhérent(e)s, cher(e)s partenaires, cher(e)s ami(e)s,

    Nous vous souhaitons tout d’abord une excellente année, sonore, lumineuse et photogénique ! Que 2019 vous apporte le bonheur et la réussite, le succès dans vos projets et l’accomplissement de vos rêves.

    Le rêve que nous partageons au sein des ALL est que notre association grandisse encore, se renouvelle sans cesse, et devienne pour chaque professionnel issu de Louis-Lumière un carrefour de rencontres, un lieu où découvrir de nouveaux horizons et une vitrine pour promouvoir son talent.

    En 2018, nous avons renouvelé avec succès deux événements-phares: le parrainage des étudiants de 2e année par un panel de professionnels motivés, et une nouvelle édition de notre journée de conférences "Parcours et Perspectives".

    En 2019, il y aura du neuf ! Nous allons très prochainement solliciter votre avis à travers un questionnaire pour faire évoluer l'association selon vos suggestions. Nous attendons beaucoup de vos réponses pour étoffer l'offre de l'association et créer un véritable réseau, dynamique et chaleureux.

    Nous souhaitons notamment mettre à jour l'annuaire pour en faire un outil interactif accessible à tous les adhérents, et nous voulons aussi développer la présence de l'ALL sur les réseaux sociaux afin de relayer les informations qui vous concernent. Nous travaillons également sur la mise en place d'événements conviviaux et l'obtention de réductions dans des lieux culturels en rapport avec les spécialités de l'école.

    Pour mener à bien tous ces chantiers, nous avons besoin de vous. Tout d'abord en adhérant, car plus nous serons nombreux à faire partie de l'association, plus l'effet de réseau sera efficace. Si vous souhaitez vous investir plus directement, vous pouvez aussi rejoindre le bureau de l'association. N'hésitez pas à nous contacter : .

    A très bientôt,
    Les ALL

  • Cinela vous propose de nouvelles adaptations COSI pour les micros Seinheiser et Schoeps

    Dans la famille COSI, CINELA vous propose désormais une adaptation pour les micros suivants:
    Sennheiser MKH8060 (Ref COSI-L-8060)
    Schoeps CCM (Ref COSI-S-CCM)

    Plus d'infos : https://www.youtube.com/watch?v=wuEvIX3N0Sw et sur le site de CINELA.

    N'hésitez pas à passer les voir, 7 rue Edmond Roger, 75015 Paris.

  • L’IUT de Vélizy recherche un enseignant en Motion Design (After Effects)

    L’IUT de Vélizy recherche un enseignant en Motion Design (After Effects) pour 30 heures d’enseignement (découverte du logiciel et du Motion Design), à raison de 1/2 journée par semaine (Entre fin janvier et fin mars, dates à préciser selon dispo). Groupe de 15 étudiants en DUT MMI (Métiers du Multimédia et de l'Internet)
    La prestation est rémunérée en statut vacataire de l’enseignement supérieur public (27,58 € Brut / h)

    Ce statut de vacation de l’enseignement supérieur public nécessite au moins 3 ans d’activité professionnelle pour satisfaire aux conditions administratives.

    Equipe accueillante, contact chaleureux avec les étudiants de MMI. Expérience (positivement) inoubliable.

    Aperçu : https://youtu.be/JLWBpYgqkh8

    Vous pouvez contacter : Fred PIRAT | Enseignant et coordinateur audiovisuel 

    IUT de Vélizy / Rambouillet // UVSQ // Paris-Saclay

    10-12, Avenue de l'Europe – 78140 Vélizy-Villacoublay 
    m: +33 6 62 01 75 64

    www.iut-velizy.uvsq.fr

  • Alain Berthoz Conférence sur le Mouvement

     

    Au Conservatoire des Techniques de la Cinémathèque  : Perception & NT

     

     

    Grâce aux scientifiques et à l’IRM…

    Chassez le mouvement, il revient au galop!

     

    Et si la technique du cinéma était née il y a presque 130 ans dans les laboratoires du Collège de France ? Le fameux Étienne-Jules Marey, physiologiste et biomécanicien, y enregistre les premiers films dès 1889 et ses successeurs – François-Franck, notamment – ont continué une recherche d'avant-garde sur le mouvement. Alain Berthoz, ingénieur, neurophysiologiste, professeur au Collège de France, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie des technologies, auteur de plusieurs ouvrages de référence (notamment Le Sens du mouvement, 2001 ; La Décision, 2003), a dirigé au Collège, en collaboration avec le CNRS, un laboratoire de recherche fondamentale sur la perception et l'action, et a consacré sa vie à l'étude du mouvement et du cerveau.

    Les expériences menées par des équipes interdisciplinaires ont poursuivi la ligne de l’auteur du Mouvement. Elles se sont propulsées depuis une trentaine d’année grâce à de nouveaux outils tels l’IRM ou de nouvelles technologies vers des chemins inédits, riches en découvertes : neurologie, philosophie, psychologie cognitive, réalité virtuelle, double, avatar, robot…

    C’est à l’exposition raisonnée de ces expériences – et des connaissances qu’elles ont fait apparaitre – que le Conservatoire des métiers nous invitait, début octobre, en présence d’Alain Berthoz.

    Laurent Mannoni souhaitait également que nous puissions réfléchir à comment intégrer dans notre domaine du cinématographe ces nouveautés expliquant notre  comportement physiologique d’être humain.

    Sur le site internet de la Cinémathèque, vous pouvez désormais revivre l’enregistrement vidéo intégral de ces deux passionnantes heures qu’animait également Thierry Lefebvre.

     

     

     

    Pour ma part, j’ai assisté à cette conférence sans me douter de ce que le Professeur neurophysiologiste allait nous dévoiler. Dans les cours de montage comme de langage audiovisuel que j’ai pu donner à L’INA pendant longtemps, j’insistais déjà sur les travaux de Muybridge et de Marey en faisant une large part à la physiologie de notre œil et de nos oreilles, que l’on soit le professionnel ou le spectateur. Mais Alain Berthoz allait combler mon désir de connaissances, ma curiosité à vouloir comprendre et aussi valider par des preuves certaines intuitions que j’avais mises en pratique dans ma vie de professionnel comme de formateur.

    Je vais maintenant tenter de vous rendre compte des points principaux abordés par ce professeur passionnant et passionné.

    Le défi du physiologiste

    Quels sont les mécanismes et bases neurales qui sous-tendent ces mouvements décrits si magnifiquement par les grands pionniers ? Pour réussir à y répondre de nos jours, le professeur Berthoz s’appuie sur l’idée fondamentale proposée dans les années 1880 par le Russe Nicolas Bernstein: le mouvement général d’une marche, nous sommes capables de la décrire ; cette partie est relativement simple. Mais si l’on doit considérer que dans nos mouvements nous mettons en œuvre des centaines de muscles, la description devient alors beaucoup plus ardue et le travail du cerveau coordonnant des centaines de mouvements s’avère lui aussi d’une complexité redoutable.

    Le postulat de Bernstein est que ce qui pousse le cerveau à coordonner l’ensemble nombreux de ces muscles doit pouvoir être rendu plus simple et que sans doute, au cours de l’évolution, le cerveau a subi une rationalisation simplificatrice pour agir sur cet ensemble de muscles destinataires. C’est le concept des Simplexes, que défend Alain Berthoz et qu’il définit ainsi : « Au cours de l’évolution, pour faire face à un monde et à un cerveau complexes, les organismes vivants ont mis au point des solutions pour aller vite et être performant. »

    Ces solutions sont des principes simplificateurs, des Simplexes, mot qu’Alain Berthoz n’a pas inventé mais repris. Ceux-ci supposent des détours, mettent en jeu l’anticipation et la prédiction, la redondance, l’inhibition, la modularité et la division du travail. Ils induisent la flexibilité et la vicariance.

    Depuis une cinquantaine d’années, les scientifiques aux quatre coins du monde confortent dans leurs expériences les principes de cette loi simplificatrice de fonctionnement du cerveau.

    Ce que n’est pas le cerveau

    Il ne faut pas croire que le cerveau est une machine qui reçoit des informations et les transforme en mouvement. S’appuyant sur l’image d’une célèbre expérience (la chambre trapézoïdale de Heinz), le professeur Berthoz déclare que c’est tout le contraire, à savoir que c’est le cerveau qui projette sur le monde ses interprétations. Attention, il ne faut pas confondre projection du cerveau et illusion d’optique ! Ici, c’est bien le cerveau qui impose son interprétation en fonction du contexte, faisant fi de la réalité : les deux filles de même taille devenues en apparence de tailles différentes.

     

     

    Ce qu’est le cerveau

     

    A/ les boucles neuronales internes

    Nous avons dans notre cerveau des boucles neuronales internes qui se referment sur elles-mêmes et qui permettent de simuler le mouvement sans cependant l’exécuter. Cette propriété, nous l’exécutons sans le savoir comme n’importe quel monsieur Jourdain. Par exemple, nous vivons ce phénomène de simulation interne dans nos rêves, dont le mouvement n’est jamais absent bien que nous soyons immobiles sur le lit.

     

     

    Pendant que nous marchons et éprouvons la sensation de notre mouvement physique, le cerveau produit en continu cette simulation, ce qui permet d’anticiper les conséquences possibles de notre marche. Ainsi, notre cerveau simule en permanence le monde devant lui !

     

    B/ Les neurones de Rizzolatti

    La découverte de ce chercheur italien s’appelle aussi les « neurones-miroir ». Ce sont des neurones qui s’activent lorsqu’on se prépare à vouloir faire un mouvement (manger des cacahuètes ou un bonbon) mais qui s’activent aussi chez vous lorsque que vous me voyez faire ce mouvement ! Autrement dit, il n’y a pas au sein de ce réseau de différence entre percevoir et agir ! La frontière entre percevoir et agir n’existe pas !

    Percevoir, c’est simuler mentalement le mouvement. Assis au cinéma, pour tout mouvement perçu à l’écran, chaque spectateur le simule dans son cerveau. Et cette compréhension explique bien des choses sur le 7ème Art.

    Voici les résultats d’un test via IRM montrant cette disparition de frontière entre percevoir et agir pour le cerveau, que l’on soit la personne qui agit, la personne physique regardant celle qui agit ou la personne physique regardant une action projetée à l’écran !

     

     

    Cette caractéristique de simulation du mouvement par le cerveau connait des subtilités. Ainsi si vous êtes un amateur pratiquant et éclairé dans un sport, votre cerveau simulera plus rapidement lorsque vous regardez un match en direct à la TV ou sur un court !

     

    Y’a-t-il des principes simplificateurs communs

    entre le mouvement de la main et la génération

    de trajectoires locomotrices ?

    Si l’on dessine dans l’air une ellipse avec sa main, un spectateur observant cette trajectoire peut penser que la main se déplace à vitesse constante. En réalité, il n’en est rien. Il y a entre la vitesse tangentielle – celle tout le long de la trajectoire – et la courbure de l’ellipse une relation extrêmement précise qui est de nos jours décrite par des modèles mathématiques. Le mouvement de ma main qui semble naturel est conditionné par une loi cinématique que l’évolution du cerveau a peu à peu affinée de façon définitive.

    Ce qui est vrai pour la main est également vrai si, avec mes pieds, je marche en décrivant une ellipse. On constate qu’on va vite lorsque la courbure est faible, et lentement quand on tourne dans le virage. Cette loi s’applique à tous nos mouvements naturels, qu’ils soient exécutés par un doigt, une main, une jambe ou en marchant.

    Cette loi du mouvement naturel s’appelle « l’équivalence motrice ».  Si on tente de freiner soi-même ce mouvement naturel en décrivant avec une vitesse constante cette ellipse, vous seriez surpris de percevoir non plus un mouvement délicat et souple, mais au contraire un mouvement haché et saccadé. Il y a 20 ans, c’est ce que vous pouviez constater en regardant les premiers robots !

     

    Mais cette loi naturelle du mouvement est également activée par notre cerveau lorsque nous regardons des sculptures, des architectures ou des images graphiques représentant un geste. Notre cerveau est à même d’en extraire la simulation d’un mouvement que nous percevons alors comme tel. Voici une image proposée par Alain Berthoz

     

     

    Après les généralités propres au cerveau, la Marche des êtres humains répond-elle à des principes simplificateurs ?

    Pour Alain Berthoz, marcher est une activité qui est loin d’être aussi simple qu’il y parait. Si la moelle épinière va générer le rythme, l’initiation du mouvement est d’origine mésencéphalique. Il y a un répertoire de typologie : marche, course, saut. On doit aussi faire la différence entre l’intégration réflexe des postures et des émotions qui dépendent du tronc cérébral et l’intégration avec des gestes intentionnels qui eux sont dépendants du cortex. La navigation s’appuie sur l’hippocampe et la décision, elle, dépend du cortex préfrontal.

    Mais cela ne suffit pas tout à fait puisque il faut faire intervenir l’intégration du contenu et des contextes : on ne marche pas de la même façon au Japon, ni de la même manière dans la neige ou sous une pluie de mousson !

    Pour contrôler ce qui apparaît si complexe, y a-t-il des principes simplificateurs ? Au moins un que Marey n’avait pas vu ? Quand on regarde les dessins de Marey, la tête est représentée par un point, signe que ce grand  scientifique a sans doute négligé le cerveau dans sa réflexion…

    Avec Thierry Pozzo, nous dit Alain Berthoz, nous avons utilisé des calques pour superposer aux images de Muybridge des images du système  vestibulaires sans tricher sur la rotation.

     

     

    Qu’obtient-on ? La prise de conscience de la notion de référentiel mobile. En montant un escalier, ou en courant, la tête est stabilisée dans l’espace. L’enfant lui, au début de sa vie, prend le sol comme référence et ainsi sa tête monte et descend  au fur et à mesure qu’il avance, mais le skieur comme le surfeur tient sa tête toujours identiquement stabilisée. C’est vers trois-quatre ans que l’enfant fait cette révolution d’abandonner le sol comme référence pour sa locomotion, adoptant un nouveau référentiel situé au niveau de sa tête : l’enfant alors s’élève, saute, patine naturellement.

    Berthoz fait alors référence aux travaux – passés un peu sous silence – de Florens, qui étudie les capteurs vestibulaires de l’oreille interne : les canaux semi-circulaire qui mesurent les mouvement de la tête dans trois plans de l’espace, les autolites qui mesurent les accélérations linéaires de la tête et servent en même temps d’inclinomètres. Lorsque nous marchons, notre sens de l’équilibre dépend en grande partie de ces capteurs permettant de nous affranchir du sol. Sans eux, vertige ou mal de mer assuré ! Une véritable centrale inertielle.

    En marchant, quoi de plus naturel que de regarder devant soi, sur le côté, vers le haut, autant de valeurs mesurées par les capteurs vestibulaires !

    Et Alain Berthoz d’ajouter : « J’ai dû convaincre pendant plus de 15 ans les  ingénieurs concevant les robots humanoïdes de ne pas mettre le central référentiel au niveau du nombril, mais bien dans la tête ! »

    Le référentiel mobile est ancré sur le regard !

     

    Le regard n’est pas la vision, c’est une lance qu’on jette dans l’espace, c’est un axe optique lancé dans l’espace et le Cerveau utilise cette direction pour organiser et coordonner des mouvements fluides.

    En laboratoire, après dix ans de recherche pour fabriquer des lunettes-capteurs d’une extrême légèreté, on a pu mesurer les évolutions de cette direction du regard au cours d’une marche.

     

     

    Vue de dessus des trajectoires : chaque trait vert terminé par un point rouge indique la direction du regard de la collaboratrice.

    Et Alain Berthoz de  conclure sur les preuves obtenues par cette expérimentation : quand quelqu’un tourne, il ne pivote pas en un seul et unique mouvement. Il tourne en décomposant l’action en trois phases toujours coordonnées dans le même ordre : le regard en premier, puis la tête, puis le corps. Le regard anticipe le mouvement à faire.

     

    Il n’y a qu’un chemin pour aller à Rome

     

    Une  autre expérimentation a permis de mettre à jour comment le cerveau fonctionne pour aller d’un point à un autre lorsqu’il n’y a pas d’obstacle. Le cobaye expérimentateur de la photo suivante a marché plus de 54 Km.

     

    À la fin de l’expérimentation, un principe simplificateur partagé par les êtres humains s’est imposé : entre mille trajets possibles, le cerveau par simplification en choisi un unique, celui Réel !

    Et Alain Berthoz de conclure : pour modéliser la cinématique des mouvements, qu’ils soient fait avec la main ou avec la marche, il faut prendre en compte au moins trois géométries : euclidienne, affine et equiaffine ! Donc si les coordonnées X,Y ne suffisent pas, il faut faire appel à des géométries beaucoup plus complexes que les mathématiciens envisagent. Ce niveau de complexité mis en œuvre dans le processus de la marche simplifie en retour le travail que doit accomplir le cerveau !

     

    Marcher près ou Marcher loin ?

    Dernier apport de cette conférence : faire rentrer la notion d’espace. Les techniques IRM ont permis de montrer que dans le cerveau, il y a des modules et des réseaux spécifiques pour les différents espaces. C’est, là encore, un résultat de l’évolution.

    Pour comprendre la figure suivante, il faut prendre en compte les stratégies cognitives différentes qu’on peut mettre en œuvre pour se souvenir d’une déambulation. On peut se rappeler du trajet effectué en fonction de ses sens, une position égocentrique avec un souvenir kinesthésique, mais on peut aussi faire appel à une vision en survol de type topographique (la carte Michelin ou autre !) en ce cas appelé allocentrique. La stratégie égocentrique est localisée dans le lobe gauche du cerveau, l’allocentrique dans le droit.

     

     

    Estimer la distance de la balle rouge par rapport aux poubelles est simple ; mais si on demande la distance de la balle rouge par rapport au mur du château, il y a un moment de perplexité car on doit changer d’échelle et donc de référentiel d’espace.

    Conclusion

    J’espère vous avoir donné envie de suivre l’intégralité de cette conférence sans vous laisser trop perplexe !

    J’ajoute ma propre réflexion appliquée à notre domaine sur l’appréciation et le perçu des distances à l’écran :

    Au cinéma lors d’un changement de plan le spectateur est souvent amené à avoir l’obligation de changer de référentiel puisque son cerveau simule en permanence le mouvement. Il n’aura pas besoin de le faire dans les alternances de champ contre-champ : on est alors en vision de près. Mais si c’est un enchainement de plans concernant, par exemple, la coupe des arbres, dans le continuum projeté on passera de l’encoche entaillé sur un arbre en GP à la chute du tronc de 60 m en plan d’ensemble : dans ce cas-là, est-ce qu’on ne passe pas en vision de loin ?

     

    Rédaction et commentaire : Dominique Bloch

  • Ciné-club de l’Ecole Louis-Lumière, séance du mardi 8 janvier

    Pour la toute première séance de sa nouvelle équipe, mardi 8 janvier 2019, le Ciné-club de l'ENS Louis-Lumière recevra la chef opératrice Katell Djian et projettera Le Bouton de nacre, documentaire de Patricio Guzman sorti en salles en 2015.

    La projection sera suivie d'une rencontre avec Katell Djian et, sous réserve, Patricio Guzman.

    Le Ciné-club de Louis-Lumière est soutenu par Angénieux, Arri et RVZ.

    Mardi 8 janvier 2019

    Au cinéma Grand Action

    5, rue des Ecoles – Paris 5e

    Entrée au tarif en vigueur pratiqué par le cinéma (cartes admises et réduction étudiants).

     

  • Laurent Benosa propose ses services de conférencier sur le 9ème art

    Laurent Benosa (CINÉ 1988), propose ses services de conférencier autour de la sémiologie et de l'esthétique de la bande dessinée, adaptée en fonction du public : étudiants, lycéens ou collégiens.

    Il propose une découverte sémiologique à travers un panorama des oeuvres et artistes incontournables gràac à la vidéo-projection de nombreuses illustrations.

    Laurent est aussi scénariste, auteur d'analyses d'albums, chargé de cours à l'université et conférencier.

    Pour en savoir plus vous pouvez vous référer à ce document ainsi qu'a cet article ou bien le contacter directement :  

    https://www.youtube.com/watch?v=GwCiMKmNv5M