Alain LE ROY, Ciné 1976, nous a quittés le 16 avril 2020.
Plusieurs camarades de promotion ont souhaité partager quelques souvenirs avec nous :
Pour Alain
Il y a 30 ans, je réalisais mon premier long pour le cinéma « AU SUD DU SUD ».http://www.transmettrelecinema.com/film/au-sud-du-sud/#mise-en-scene
Tout était réel dans ce film puisque Jean Louis Etienne, ses 5 compagnons et leurs chiens polaires avaient réalisé la première traversée intégrale du continent antarctique.
Tout était réel donc, sauf le début du film..
Pour situer l’Antarctique sur la planète, Alain avait imaginé un voyage virtuel dans l’espace où on s’approcherait de la terre et de sa calotte glaciaire. A l’arrière du studio , il avait fixé du papier noir percé de mini trous rétro-éclairés. Dans la pénombre, sa caméra s’était approchée, image par image, d’un globe terrestre suspendu au plafond de la pièce et irisé par une lumière rasante.
J'étais le passager, lui le commandant de bord. Il vérifiait tous ses instruments car il fallait être sûr , on était en 35 mm
et les heures de studio, ça coûte cher. Mais il me disait ne t’inquiète pas, même si t’as pas tout le budget, on le fera !
Il savait faire la différence entre les films commerciaux et les autres…, entre les amis et les clients.
Je l’avais félicité en projo pour ce travelling autour de notre planète. On s'y serait cru « pour de vrai ». Rien à voir avec les cartes dessinées en 5’ et pour un même film, on avait revisité les sources du cinéma, des frères Lumière à Méliès le magicien.
Son lent mouvement dans l’univers, mis en musique ensuite par Michel Portal, ouvre le film, du vrai cinoche !!
Merci Alain. Salut l’artiste, et repose en paix.
Laurent CHEVALLIER (Ciné 1976)

De haut en bas, de gauche à droite:
Patrick RIEUL, Bernard VANSTEENBERGHE, Francis FOURCOU, Jean-Pierre JOUBERT
Christian de ROZIERES, Alain LE ROY, Nancy DAVEAU, Frédéric GROSJEAN, Camille GUY
Les années passent depuis notre passage à Louis Lumière et c’est pour une bien triste nouvelle que je vous écris.
Ma peine est immense. Avec Alain, Nous nous étions connus dès l’oral du concours en 1974. Nous nous suivions sur les diverses épreuves de l’oral et nous avions vite sympathisé. A l’automne, devant la porte de la rue Rollin, nous nous étions retrouvés, premiers arrivés pour notre premier jour, ravis de nous reconnaitre. Il a été de mes premières expériences de réalisation et m’avait accompagné avec nos camarades Claire Bailly du Bois et Daniel Boronstein pour tourner les images d’un documentaire dans les Pyrénées.
Alain était toujours là quand nous en avions besoin. Il ne comptait ni son temps ni son amitié. Je suis parti de Paris déterminé à mener mes projets et lui fit son chemin dans le domaine qu’il affectionnait et où il était un expert reconnu de tous, les effets spéciaux. Nous nous sommes retrouvés de loin en loin quand j’ai travaillé avec Humbert Balsan tant pour distribuer ses films que pour la production de deux films de Jacques Rozier. Chaque venue à GTC Joinville où Alain avait installé Excalibur, sa société d’effets spéciaux était l’occasion de déjeuner ensemble et d’échanger sur les amis et la vie.
Tous ces films, tous ces moments étaient l’occasion de renouer les liens d’amitié. Il était venu passer un week-end à Toulouse où j’avais organisé une conférence sur son métier à la Cinémathèque de Toulouse. Sa modestie et ses connaissances impressionnaient tout autant.
Lorsqu’un ami disparait, toujours, nous nous demandons pourquoi cette injustice, pourquoi nous n’avons plus souvent pris de ses nouvelles. Nos vies pressées n’ont plus la consistance de la longue mémoire des oralités qui sont pourtant le sel de nos vies.
Dans les circonstances particulières de ces temps de confinement, nous ne pourrons nous retrouver dans les jours à venir pour accompagner sa famille, sa compagne, ses enfants, dans ce deuil, et j’espère que dans les semaines à venir, nous pourrons peut-être nous recueillir ensemble, nous retrouver pour essayer un remettre un nom sur des visages vieillis de 44 ans et partager nos larmes, quelques sourires aussi pour cet ami, pour notre ami Alain.
Francis FOURCOU (Ciné 1976)

"J’aime beaucoup cette image lumineuse et souriante d’Alain. C’est Frédéric qui cadrait sur cette scène. Quelques mois après notre film d’exercice technique dans cette fonderie, les ouvriers se mirent en grève et Alain y retourna pour suivre ces ouvriers avec qui nous avions sympathisé. Nous trouvâmes un peu de pellicule pour ce film, et bienveillante, l’école nous laissa sortir la caméra." Francis Fourcou
C’est une évidence : le temps passe.
Et les mauvaises nouvelles qui vont avec.
La disparition d’Alain LE ROY en est la triste preuve.
Co-équipier du Groupe 3 de la promo CINE 1976, ARAMIS – surnommé ainsi pour ses moustaches – travaillait cette année là sur un projet de fin d’étude intitulé (me semble-t-il ) « Les Aveugles « .
Curieux présage pour des futurs hommes d’images. Il a travaillé ensuite dans le trucage analogique du temps ancien ou tout se fabriquait à la main.
Puis a ouvert une librairie à Boulogne Billancourt.
J’adresse à ses proches mes condoléances et je leur adresse toute ma sympathie.
Sois heureux – ALAIN, ARAMIS – où tu seras.
Nous nous retrouverons prochainement.
Camille GUY (Ciné 76)

Et enfin, François VAGNON (Ciné 71), qui a collaboré pendant près de 10 ans avec Alain LE ROY, nous fait part d'un émouvant témoignage évoquant le rôle déterminant qu’a eu Alain dans l’émergence des effets visuels en France, dans un article que vous pouvez télécharger ici.
A lire également l'hommage rendu sur le site de l'AFC : https://www.afcinema.com/Disparition-d-Alain-Le-Roy-superviseur-d-effets-visuels
