• Une équipe, des évènements

    Chers amis, Parrainage, interviews, reportages, Assemblée Générale, autant de sujets qui nous animent en ce début d’année. Le 25 janvier nous avons parrainé les étudiants de deuxième année de l’Ecole (16 en Ciné, 10 en Son et 3 en Photo). Un montage vidéo de cette soirée est à portée de « clic » sur notre page d’accueil, vous découvrirez ainsi filleuls et parrains marraines. Jean-Noël Ferragut est allé à la rencontre de Marc Urtado (Son 74), Marc est l’actuel Directeur technique de la Femis, une conversation très intéressante croyez-moi. Saviez-vous que Benoit Pitre enrichit tous les jours le site Internet pour vous faire partager nouvelles du réseau, mémoires de fin d’études, dossiers techniques. Il est récompensé puisque notre site reçoit près de 300 visites par jour. Au Comité Directeur toute l’équipe fait en sorte que le présent soit et que l’avenir existe en préparant de futurs évènements comme « la brocante Photo Cine Son », le prochain annuaire, les «pots de lumière » pour faire se rencontrer et échanger les uns et les autres sur nos « métier-passion ». Notre Assemblée Générale a lieu le 12 avril, au cours de cette soirée Serge VIALLET (ciné 73) viendra nous parler de son travail sur sa collection « Mystères d’archives » diffusée sur ARTE, plus d’informations en un « clic ». Ah! j’oubliais, pour faire tout ça nous avons besoin de trésorerie donc de vos cotisations. Si vous souhaitez que nous continuons à faire vivre l’AEVLL, à parrainer nos étudiants, à vous informer, à renforcer notre réseau, n’hésitez pas, payez votre cotisation. Nous avons prévu tous les moyens de paiements sauf la mensualisation ! Bien confraternellement Gilles Flourens (Ciné 71) Président de l’AEVLL

  • Pierre Schoeller (Ciné 84) et Jean-Pierre Laforce (Son 75) lauréats des César 2012

    Pierre Schoeller (Ciné 84), réalisateur de L’exercice de l’Etat , est récompensé du César du Meilleur Scénario Original .
    Interview de Pierre Schoeller.

    Jean-Pierre Laforce (Son 75) partage le César du Meilleur Son avec Olivier Hespel et Julie Brenta.
    Interview de Jean-Pierre Laforce.

  • Ecoute au stéthoscope, description et analyse d’enregistrements de « bruits » physiologiques et pathologiques, perspectives en vue d’une application pe?dagogique.

    Le corps humain peut être conside?re? comme un instrument de musique, ge?ne?rateur de certains sons caracte?ristiques. Lors de l’auscultation, le me?decin ou le professionnel de sante? se met alors a? l’e?coute du corps du patient, de ses caracte?ristiques et de ses dysfonctionnements sonores qu’il perçoit avec son ste?thoscope.

    Par un rappel du rôle de l’e?coute depuis Hippocrate jusqu’a? Laënnec, ou par l’e?nume?ration des diverses ame?liorations qu’a? subit l’objet, du cylindre en bois de hêtre jusqu’au ste?thoscope e?lectronique, ce travail propose de rede?finir la perception auditive en tant que ve?ritable outil clinique. Les « bruits » cardiaques et pulmonaires y sont re?pertorie?s. Diffe?rentes pistes d’e?tudes quant aux correspondances entre analyse d’enregistrements de sons physiologiques et pathologiques et la perception auditive dans les domaines de la sante? sont ici pre?sente?s.

    Afin de faire surgir ces observations, nous avons soumis a? diffe?rents outils propres a? l’analyse du signal audio, un corpus d’e?tude repre?sentatif de l’ensemble des sons habituellement entendus par un ste?thoscope (forme d’onde, spectre, portrait de phase, analyse par Inte?gration de Densite? Spectrale). Cette de?marche a pour objectif la cre?ation d’une interface pe?dagogique de se?miologie propre a? la perception auditive, qui permettra une approche plus fine de l’ensemble des « bruits » corporels.

    Cette e?tude est destine?e aux e?tudiants en e?cole d’audiovisuel soucieux de de?couvrir l’emploi de certaines techniques du Son dans le domaine me?dical, aux e?tudiants en faculte? de me?decine ou en institut de formation aux soins infirmiers, aux professionnels de sante? ainsi qu’a? toute personne inte?resse?e par les interactions possibles entre les techniques sonores et le milieu me?dical.

  • L’intégration du procédé relief dans le découpage cinématographique

    Je vais aborder dans le cadre de ce me?moire de fin d’e?tudes l’inte?gration du proce?de? relief dans la narration cine?matographique et de?velopper ma re?flexion sur les aspects techniques et esthe?tiques du de?coupage.

    Le relief retrouve une place importante dans l’industrie du cine?ma, un certain nombre de questions autour des possibilite?s narratives du proce?de? continuent de se poser et alimentent la re?flexion autour du sujet.

    Le travail que j’ai souhaite? faire avec ce me?moire e?tait de re?unir suffisamment de connaissances concernant les diffe?rents crite?res du relief pour en de?gager un certain propos qui touche a? la narration en relief. J’espe?re avoir aborde? ce sujet en re?unissant ici un te?moignage suffisant tout en laissant bien su?r la place pour de nouvelles re?flexions ou the?ories relatives au cine?ma en relief.

  • 21 mars 2012 – Bertrand Deprez (Photo 88) présente « Homanimus » à l’Open Show Paris

    A l’occasion de l’Open Paris, Bertrand Deprez (Photo 88) présente Homanimus .

    OPEN SHOW PARIS #3
    SHOW DATE: mercredi 21 mars 2012 de 19h à 21h

    Espace Cinko |
    12-18 passage Choiseul
    75002 Paris

  • 15 mars 2012 – Olivier Monge (Photo 98) présente son livre « Jour Blanc »

    Jour Blanc est le second ouvrage publié par M.Y.O.P Editions. Il présente le travail photographique d’Olivier Monge qui confronte le mythe des sports d’hiver à ses réalités. Ce travail extrait de son projet Station de ski a été sélectionné pour le prix Nièpce 2011.

    Les tirages de Jour Blanc ont été présentés aux rencontres d’Arles 2011 puis lors d’une exposition au Bon Marché d’octobre à décembre 2011.

    Il succède à Revolution. Le lancement du livre se fera à Paris le 15 mars 2012.

    Jour Blanc déroule en quatre chapitres (Accès, Jour Blanc, Illuminations et Jour Sans) comment l’espace de la montagne a été façonné par l’homme.

    Olivier Monge sillonne ces territoires. Les skis aux pieds et une imposante chambre 20/25 sur le dos, il explore la montage à l’instar des pionniers qui tracèrent les premiers domaines skiables en site vierge.

    Agence d’architecture Sérau
    208 rue St Maur
    Paris 10ème

  • Compte-rendu des parrainages Ciné 2013

    Damien Babikian
    Dans ta lettre de motivation, tu as assez bien résumé tes questionnements et vos appréhensions à tous concernant ce qui vous attend à la sortie de l’Ecole. En particulier s’agissant de la disparition toute proche de la pellicule et des filières argentiques. Mais cela ne t’empêche pas d’être curieux jusqu’à pratiquer le saut dans le vide pour que se réalise ton désir de cinéma. Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1984, avec Laurent Fleutot, Euzhan Palcy et d’autres dont je tairai le nom histoire de ménager un certain suspens… Il a travaillé avec des réalisateurs aussi différents que Jan Kounen, Alain Corneau, Mika Kaurismaki, Gaël Morel, etc. Tu dis être fasciné par les collaborations opérateur – réalisateur et cite celle d’Emir Kusturika avec ton parrain.
    C’est Michel Amathieu . —– Etienne Bacci
    Tu dis être fasciné par l’objet caméra, te sentir bien dans une équipe de prise de vues, être passionné par la composition d’un cadre, te plaire à construire une lumière. Bref, tous les principaux ingrédients avec lesquels on fabrique une image de cinéma. Tu dis aussi aimer les jeux vidéo, particulièrement pour les ambiances travaillées de la lumière et du cadre de certains d’entre eux. Passionné de musique, tu es parfois amené à qualifier de « musical » le travail de la photographie. Tu dis affectionner les longs plans fixes ; justement, ton parrain, qui est sorti de l’Ecole en 1988, une promo où se côtoyaient Julien Eudes, Julien Hirsch, Tariel Meliava, pour ne citer qu’eux, ton parrain est quelqu’un dont tu admires le travail sur les films de Gustave Kerven et Benoît Delépine. Il a également à son actif quelques courts métrages comme réalisateur.
    C’est Hugues Poulain . —– Florian Berthelot
    Comme la plupart d’entre vous ici ce soir, tu dis être passionné par le travail de la lumière et prendre énormément de plaisir à effectuer celui du cadre, et ceci depuis la terminale. Tu avoues humblement ne pas être un cinéphile à tous crins, bien que tu aies avec Jonathan repris les rennes du ciné-club. Tu ne t’es pas très étendu sur les éléments qui nous auraient permis de mieux cerner tes envies et ta personnalité. Par contre, tu as compris au fil du temps et de tes premières expériences que cette attirance pour le travail de l’image était ton but à atteindre pour son côté artistique et technique, pas routinier, avec en prime le plaisir que l’on prend à côtoyer les membres d’une équipe au quotidien. Ce n’est certainement pas ton parrain qui dira le contraire… Il est sorti de l’Ecole en 1971, en même temps que Gilles Flourens, ici présent, et le réalisateur Jean-Paul Jaud. Ses chemins ont croisés ceux d’Agnès Varda, de Costa Gavras, de Medhi Charef, de Rachid Bouchareb ou Dominique Moll, dont il a signé la photographie du dernier film, Le Moine .
    C’est Patrick Blossier . —– Coralie Blanchard
    Si le parrainage est devenu pour nous anciens de l’Ecole une règle, tu es l’une des exceptions qui vient la confirmer. _Une petite parenthèse toute personnelle. Pour moi, l’Ecole forme à la photographie, au cinéma et au son, avant de former des photographes, des opérateurs, cadreurs ou assistants, et des chefs opérateurs du son, perchistes ou mixeurs.
    Pour en venir à toi, ton désir le plus cher est de devenir monteuse. Je passe rapidement sur ton goût pour le travail de Christophe Honoré, ton admiration pour celui d’Hervé Deluz ou de Sophie Reine, sur ta sensibilité pour le rythme au cinéma ou encore la solidarité professionnelle. Ta marraine, puisque tu souhaitais avoir une femme comme interlocutrice, est sortie de l’Ecole en 1985, en même temps que Régis Blondeau, Rémy Chevrin, Stéphane Fontaine, Antoine Héberlé ou Hélène Louvart. Elle pratique aussi bien le montage son que le montage image. Elle a travaillé avec Philippe Gandrieux, Bruno Dumont, Tonie Marschal et Pascale Ferran. C’est l’un des piliers de LMA (Les monteurs associés). Aujourd’hui mercredi sort en salles un film de Patricia Mazuy qu’elle a monté et que je vous conseille d’aller voir, Sport de filles .
    C’est Mathilde Muyard . —– Arthur Briet
    Pour toi, le cinéma, c’est travailler sur un plateau et raconter des histoires en images. Tu aimes particulièrement les collaborations de tandems réalisateurs – directeurs de la photographie. Mais ce n’est pas ton seul sujet d’intérêt~! La peinture, la photographie, les expositions, l’Olympique lyonnais, la cuisine en sont d’autres… Va savoir si vous serez sur la même longueur d’onde, ton parrain et toi… Quoi qu’il en soit, il est sorti de l’Ecole en 1983, avec Florent Montcouquiol et Gaspard Noe. Il a fait ses premiers pas auprès de Maurice Pialat. Lui aussi entretient les fidèles collaborations avec certains réalisateurs, tels Pierre Salvadori, Philippe Harel, Laurent Bouhnik ou quelques autres. Il a photographié le dernier film de Philippe Lioret, Toutes nos envies .
    Arthur, je te présente Gilles Henry . —– Benjamin Chaudagne
    Tu reconnais modestement une certaine retenue quant à mettre en avant tes atouts et d’affirmer ta personnalité. A mon tour d’avouer que cela ne nous a pas simplifié la vie au moment de te rechercher un parrain. Cela étant, tu dis admirer le travail des cinéastes dont le talent consiste à rendre accessible à un large public un cinéma profond et exigeant, reflet d’un discours et d’une sensibilité personnelles et singulières. En guise de parrain, nous t’avons trouvé une marraine, avec qui tu pourras partager tes questionnements sur l’une des charnières clés du cinéma, à savoir l’agencement harmonieux du découpage, du cadre et de la lumière. Elle est sortie de l’Ecole en 1981. Elle a longtemps travaillé avec Patrick Blossier en tant qu’assistante ou en tenant une 2ème caméra. Le documentaire est un genre qu’elle pratique volontiers. Late Bloomers , de Julie Gavras, est le dernier film qu’elle a photographié. De plus, c’est une pédagogue avertie.
    Benjamin, je te présente Nathalie Durand . —– Guillaume Chevalier
    Je pourrais commencer en évoquant le titre d’une revue du Moulin Rouge des années 1960, Fascination… En effet, tu dis être fasciné par le théâtre et le cinéma, et ce jusqu’à la passion. Tu sembles aimer les polars noirs du cinéma américain des années 1960-70, la pratique de la photographie argentique, la musique, la lecture. S’il fallait te qualifier, je dirais que tu es exceptionnel. Attention, dans le sens où tu constitues comme Coralie une exception à la règle. En parlant de Louis-Lumière, tu serais plus intéressé par le côté "~Louis~" que le côté "~Lumière~". Je sous-entends par là que pour toi, la lumière n’a jamais été ta principale préoccupation, mais plutôt le cadre. Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1989. Il a longtemps été l’un des assistants, entre autres, de Gérard de Battista. Il fait le cadre de nombreux films pour la télévision. C’est un membre actif et éminent de l’AFCF (Association des cadreurs de fictions).
    Guillaume, je te présente Eric Brun . —– Pierre-Loup Docteur
    Quant à toi, c’est jamais deux sans trois, tu es la 3ème exception. Avant d’intégrer l’Ecole, tu t’es formé au montage, après moult hésitation, plutôt qu’à l’image, dans le but affirmé de vouloir faire du cinéma et de la en scène. Tes goûts avoués vont vers l’œuvre de David Lynch, de Bertrand Bonello, vers le cinéma américain, les films noirs, toi aussi, mais pas seulement. Vers l’art vidéo également, les installations et les performances, vers la peinture, la musique, la littérature et j’en passe. Je ne sais pas si ton parrain partage ces mêmes gouts mais ce que je sais, c’est qu’il est sorti de l’Ecole en 1984, la même année que Michel Amathieu et quelques autres que j’ai cités précédemment. Il a été le bras droit de nombreux réalisateurs, tels que Claire Denis, Nicole Garcia, Leos Carax ou Bernard Stora. Il compte à son actif un long métrage, Neuilly sa mère et trois épisodes de la série Fais pas ci, fais pas ça .
    Pierre-Loup, je te présente Gabriel Julien-Laferrière . —– Georges Harnack
    Ce qui est revigorant avec toi, c’est ton optimisme quand, en citant un des protagonistes de La Nuit américaine de Truffaut, tu dis qu’«~on est fait pour être heureux en travaillant pour le cinéma~»~! Tout un programme… Le tien, de programme, c’est de devenir technicien de l’image. Au moment de regarder un film et quand tu en parles ensuite, tu analyses toujours les spécificités techniques qui t’ont marqué. Mais tu n’es pas uniquement porté sur la technique~; l’aspect collectif du travail de l’image et les rapports humains qui se créent sur un plateau sont aussi d’une grande importance pour toi. Et, de ton pointe de vue, le parrainage tombe à pic pour faciliter une rencontre. Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1977. Son parcours est jalonné des rencontres qu’il a faites avec, entre autres, Catherine Breillat, Radu Mihaileanu, Alain Chabat, Régis Wargnier, dont La Ligne droite est le dernier film qu’il a photographié et qui est encore en ce moment sur les écrans.
    C’est Laurent Dailland . —– Julien Hogert
    Tes prédécesseurs de la dernière promo nous disaient souvent, il y a un an, «~encore hésiter entre fiction et documentaire, entre réalisation et image~». Ce qui n’est pas ton cas. Tu a déjà fait ton choix~: tu seras opérateur de documentaire, et pour cause. En effet, la façon de filmer de Pierre Lhomme, par exemple, dans Le Joli mai de Chris Marker, t’a beaucoup impressionné. L’état de grâce, dis-tu, qui ressort apparemment du geste de celui qui filme et de ce qu’il est en train de filmer, tout est question de point de vue. Tu avoues avoir un penchant pour la poésie et pour la cuisine. Ton parrain est sorti de, l’Ecole en 1991. Il fait en sorte de travailler en parallèle aussi bien en documentaire qu’en fiction. Pour lui, ces deux genres sont les deux facettes d’une même écriture cinématographique, celle qui s’intéresse aux êtres humains et au monde qu’ils habitent. Tu pourras aussi le questionner sur son engagement militant pour tenter de transformer le réel.
    Julien, je te présente Denis Gravouil . —– Cyrille Hubert
    Toi au moins, tu n’es pas du genre avare au moment de formuler tes réponses et d’énumérer pour nous tes centres d’intérêt ! Il en ressort un certain éclectisme, un goût prononcé pour le cinéma bien sûr, pour des maîtres de la fiction tels Ghislain Cloquet ou Pierre Lhomme, pour le genre documentaire, pour la photographie contemporaine, la peinture ou encore la poésie. Afin de tenter de définir ce que serait ton parrain idéal, tu emploies une jolie métaphore, celle de la piscine~: d’un côté il y aurait le grand bain où l’on nagerait en professionnels, sans boire la tasse, et de l’autre le petit bain où chacun pourrait faire ses propres expérimentations sans jamais perdre pied… Le parrain " maître nageur " que l’on t’a trouvé est sorti du bassin d’entraînement Louis-Lumière en 1986, en même temps, entre autres, que Jean-Marc Fabre, Pascal Lagriffoul et Myriam Vinocour. Sa carrière est elle aussi éclectique~: il a travaillé avec des réalisateurs dont les noms sont aussi imprononçables que Jumdaan Choybolin ou Apitchapong Weerasethakul, mais aussi avec Christophe Honoré ou Delphine et Muriel Coulin, dont 17 filles est le dernier film qu’il a photographié et qui est toujours sur les écrans.
    Vous vous êtes déjà rencontrés, c’est Jean-Louis Vialard . —– Arthur Jeanroy
    Bien que tu t’en défendes, tu fais partie des exceptions. Dans le sens où le cinéma, ta passion, votre passion à tous ici ce soir, les Ciné, ou plus exactement ton objectif, t’épanouir en faisant du cinéma, est d’emprunter pour y parvenir les chemins de la production, ce qui n’est pas chose courante à l’Ecole dans un premier temps. Tu ne seras donc pas opérateur mais tu as compris l’importance des multiples petits talents artistiques et techniques dans l’élaboration et la fabrication d’un film. Tu dois bien te douter que la production n’est pas le domaine du cinéma où s’épanouissent, comme tu le dis si bien, le plus grand nombre d’anciens de l’Ecole. Il nous a fallu chercher l’oiseau rare. Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1982 ; ses camarades de promo, entre autres, s’appellent Dominique Colin, Benoît Delhomme, Patrick Duroux, Eric Gautier. Il a commencé à l’image et a été opérateur. Il est désormais producteur et sa maison de production, Les Films en hiver, compte parmi ses associés comme François Dupeyron, Philippe Le Gay, Manuel Flèche ou Pierre Novion.
    Arthur, je te présente Franck Landron . —– Morgane Nataf
    J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer et deux mauvaises… Je commence par les mauvaises~! Et d'un, que bien que tu aies su très tôt vouloir faire du cinéma et que tu aies visité l’Ecole pour la première fois à l’âge de 13 ans, tu as peu de chance de figurer pas dans le Guiness des records du plus jeune âge auquel on pense vouloir en faire car, l’an passé, une de tes camarades le savait, elle, dès l’âge de 7 ans, l’âge de raison… Pour le cinéma que tu as l’intention de faire, tu souhaites emprunter les deux voies parallèles que sont le travail à l’image et la conception et la mise en scène d’un film. Car pour toi, ces deux pratiques sont extrêmement liées et la relation entre narration et mise en œuvre technique doit être privilégiée. Réalisateur comme opérateur doivent se nourrir de l’univers de l’autre. Et de deux, l'autre mauvaise nouvelle concerne ta marraine~: elle n’est plus, comme tu l’aurais souhaité, au tout début de sa carrière… Elle est sortie de l’Ecole en 1984. La promo prometteuse des Amathieu, Fleutot, Julien Laferrière, Palcy, entre autres. Pour en revenir à sa carrière, elle l’a commencé auprès d’André Téchiné, puis avec François Ozon, Valeria Bruni-Tedeschi et bien d’autres encore. Le dernier film qu’elle a photographié et qui est encore sur les écrans est My Little Princess d’Eva Ionesco. Je t'ai promis une bonne nouvelle~!
    C’est Jeanne Lapoirie . —– Sophie Patalano
    Ta passion pour le cinéma ne semble avoir d’égal que ton enthousiasme pour en parler au travers d’exemples d’opérateurs, cinéastes, films, expositions, concerts, bandes dessinées, livres, articles – et j’arrête là ton inventaire à la Prévert – auxquels tu fais allusion dans les quelques lignes que tu nous a fait parvenir. Tu souhaites un parrain ou une marraine qui soit passé par l’assistanat avant d’être devenu directeur de la photographie. Je connais très peu d’exemples de gens qui n’aient pas suivi ce chemin-là. Ta marraine est sortie de l’Ecole en 1998. J’ai eu la chance de faire sa connaissance à cette époque-là car j’intervenais sur les films de promo. Après avoir fait les images de nombreux courts métrages, elle commence une collaboration avec Maïwenn pour enchaîner avec d’autres réalisatrices telles Valérie Donzelli, Sophie Letourneur ou Alix Delaporte, sans compter Sébastien Lifshitz. En ville , de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer, est le dernier film sorti en salles qu’elle a photographié. Il me semble qu’elle saura apprécier à leur juste valeur ta «~sincérité~», ta «~fraîcheur~» et ta «~reconnaissance~».
    Tu l’as déjà croisée à Cannes, c’est Claire Mathon . —– Jonathan Ricquebourg
    Ce qui est appréciable, avec toi, c’est que l’on a pas eu trop de mal à cerner ta personnalité. Tu aimes te lever tôt et en profiter pour flâner~; les lumières blafardes, celles du matin autant que la pénombre~; le café noir et Noir désir~; Le Voyage au bout de la nuit et voyager hors des sentiers battus et touristiques. Enfin Brecht~!, pas mal d’ingrédients qui concourent à affûter le regard nécessaire à tout opérateur – et tout réalisateur, – qui se respectent. Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1972. Il croise les chemins de réalisateurs tels Dominique Farrugia, Laurent Benegui, Guillaume Nicloux, Gérard Jugnot ou Josiane Balasko. Le dernier film sorti en salles qu’il a photographié est Beur sur la ville de Djamel Bensalah. Il a mis au point avec Laurent Robert, son chef électricien, un système d’éclairage à base de LEDs, le T-Mix, qu’ils ont présenté au Micro Salon en 2011.
    Jonathan, je te présente Pascal Gennesseaux . —– Julien Soudet
    Bien que pour ta part tu ne te sois pas spécialement étendu sur tes centres d’intérêt et ta personnalité, on a pu tout de même lire entre les lignes que ton cœur battait et balançait entre la mise en scène et la lumière. Que le documentaire lui aussi "~mis en scène~" t’intéressait et qu’à ta sortie de l’Ecole, tu projetais d’en réaliser un. Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1997. Parmi les parrains et marraines, c’est l’exception de la règle, ce soir, car il était en section Son. Mais le cinéma, encore une fois, a pris le dessus. Il est réalisateur et producteur de documentaires et de films institutionnels. Il y a dans son équipe quelques anciens de l’Ecole. Il est enthousiaste à l’idée d’accompagner un étudiant.
    C’est Guillaume Juherian .

  • Le prix Henri-Jeanson 2011 décerné à Pierre Schoeller (Ciné 84)

    Bertrand Tavernier a remis le 13 février 2012 au scénariste et réalisateur Pierre Schoeller le Prix Henri-Jeanson 2011. Ce prix récompense un auteur dont « l’insolence, l’humour, la puissance dramatique perpétuent la mémoire de l’un des plus célèbres scénaristes et dialoguistes du cinéma français ».

    Pierre Schoeller, un regard lucide et humain sur la société

    Scénariste et réalisateur, Pierre Schoeller a été formé à l’école Louis Lumière de Paris. Il s’oriente plus particulièrement vers l’écriture de scénario et collabore à la fois pour la télévision et le cinéma. En 1984, il co-réalise avec Olivier Wahl son premier court-métrage intitulé Basse température. Il écrit et réalise en 1996 Deux amis, court-métrage avec Michael Lonsdale et Jean Mercure.

    Pour la télévision, Pierre Schoeller devient le scénariste de fictions pour Yves Boisset, Les carnassiers (1991), Fabrice Cazeneuve, L’enfant sage (1996), Merzak Allouache, À bicyclette (2001) ou Jean-Pierre Limosin, Carmen (2005). En 2001, il travaille sur les scénarios des films L’Afrance d’Alain Gomis, Quand tu descendras du ciel d’Eric Guirado (2003) et De particulier à particulier de Brice Cauvin (2006).

    Tenté par la réalisation, il se lance en 2003 et signe Zéro Défaut avec Éric Elmosnino, Nade Dieu, Abdallah Moundy. En 2008, il écrit et réalise Versailles avec Guillaume Depardieu, Judith Chemla, Max Baissette de Malglaive, présenté en sélection officielle – Un Certain Regard au Festival de Cannes 2008. Deux ans plus tard, il est en compétition à Cannes dans la même catégorie avec L’Exercice de l’État, film qui a obtenu le Prix FIPRESCI de la critique internationale et récemment celui du meilleur film français décerné par le Syndicat français de la critique.

  • De Louis-Lumière à La fémis, un itinéraire serpentin, entre hasard et destin…

    Quel chemin as-tu emprunté avant de venir frapper à la porte de la section Son de l’Ecole Louis-Lumière ?

    Marc Urtado : J’étais un pur provincial, je venais du Sud de la France, et je n’imaginais pas faire carrière dans l’audiovisuel. J’avais un autre projet, je voulais faire archi…

    C’est un ami, passionné de son, Paul Menville, qui a beaucoup contribué à mon orientation vers ces métiers – il a d’ailleurs fait Louis-Lumière, dans la promotion qui a suivi la mienne [Son 1975] . Lui a su très tôt qu’il voulait faire carrière dans le son. Il était amateur de sons naturalistes, il enregistrait les animaux~; il avait son propre Uher Report 4000 et il s’était fabriqué une parabole avec un couvercle de lessiveuse. Il m’a donc proposé de faire l’image.

    On a passé ensemble notre bac scientifique puis fait une année universitaire de maths – physique. Mais très vite, sous la houlette de Paul, on a fait l’école buissonnière et on s’est mis a fait des films ensemble, en Super~8. Entre autres, un film sur les courses de moto. C’était un film de trente minutes dont j’avais fait l’image et le montage, et Paul le son. Ce film nous a occupés six mois, ça a été le détonateur.

    À l’époque, il était très difficile d’avoir des informations sur les métiers du cinéma. On est allé à l’Onisep où on nous a dit~: «~Il y a deux écoles, l’Idhec et Louis-Lumière, et pour les métiers techniques, c’est plutôt Louis-Lumière~!~». Et c’est comme ça que je suis rentré à Louis-Lumière, un vrai saut vers l’inconnu pour le provincial que j’étais en 1972.

    Je n’avais aucune cinéphilie. Je me souviens que lors du concours, qui se passait rue Rollin, je voyais tous ces Parisiens qui parlaient de films que je ne connaissais pas. Là, je me suis dit~: «~Ça ne va pas être possible~». D’ailleurs, j’ai longtemps pensé que j’avais été retenu par discrimination positive comme l’un des régionaux de la promo… Il y avait Jean-Paul Bigorne [Son 1974] , un Breton, Michel Mellier [Son 1974] qui est du Sud – il vit toujours à Montpellier –, un qui venait du Nord et moi j’étais celui du Sud-Ouest.

    Qu’as-tu gardé en mémoire de l’École à cette époque, de la formation~?

    M. U. : Mon diplôme s’appelait Son et Vidéonie. Outre la formation son, bien évidemment, on avait une formation sur les bases de la vidéo. C’était une formation très théorique puisque dans mon souvenir je n’ai touché ni caméra, ni magnétoscope durant toute ma scolarité. On n’avait pas un seul outil, il y avait du matériel son, mais pas vidéo. Son et Vidéonie, en 1975, c’était vraiment l’amorce de la vidéo.

    On avait des cours sur les formats TV donnés par M. Taridec, qui était, un ingénieur spécialiste du procédé Secam.

    Ces cours sur la vidéo n’étaient pas majoritaires, mais quand même importants et curieusement, à l’époque, à Louis-Lumière la vidéo était en section Son et pas Cinéma… En fait, on peut dire que ça n’intéressait pas grand monde, c’était assez folklorique~!

    Qu’as-tu fait à ta sortie de l’École ?

    M. U. : En sortant, en 1974, j’ai vu une annonce publiée à l’École. Elle proposait un poste d’exploitation d’un petit studio vidéo pour une caisse de retraite complémentaire, l’AGRR devenue l’AG2R. À l’époque, la formation continue était très développée, c’était un service audiovisuel d’entreprise intégré.

    C’est assez drôle parce dans les bureaux de l’AGRR, boulevard Brune, M. Turcat, le chef du service formation, avait créé un studio style « ~Les dossiers de l’écran~ »~; c’était une petite salle, avec des canapés et une petite régie de tournage et trois caméras Grandin noir et blanc. Il m’avait embauché sur l’image d’excellence de Louis-Lumière. Mais autant dire que la formation de Louis-Lumière en vidéo, à l’époque…

    Mon BTS en poche et après une petite quinzaine de vacances, je me suis retrouvé dans ce studio que je ne connaissais pas et que personne ne savait utiliser. Heureusement, tout le monde était en vacances et j’ai pu me faire la main. J’ai ainsi appris à utiliser le matériel et j’étais fin prêt à la rentrée. Les programmes étaient conçus par mon chef de service et je devais les réaliser, c’est-à-dire les tourner en faisant la captation dans ce petit studio.

    On faisait surtout des plateaux, mais on avait aussi une petite unité portable Sanyo, une des premières caméras portables vidéo noir et blanc. Ensuite, je les montais et je faisais le tour de France des agences régionales de AGRR~: j’installais un moniteur, un VHS, et je diffusais les programmes.

    De par mon orientation scolaire plutôt scientifique, mon goût pour l’image et ce premier job, je crois que c’est là que les choses se sont mises en place et que j’ai tout de suite pris plaisir à maîtriser l’ensemble de la chaîne technique.

    Ça a duré un an et demi, et comme je n’avais pas encore fait mon service militaire, quand j’ai été appelé, j’aurais pu postuler à l’ECPA mais j’ai préféré la marine ; j’ai eu un poste à la base de Saint-Mandrier. J’ai eu beaucoup de chance, car cette année-là, on nous a demandé de produire des films d’initiation à l’audiovisuel. Je n’ai pas eu l’occasion de réaliser « ~Montage et démontage du fusil d’assaut MAS 49~ », mais j’ai bien failli faire « ~Le canon de 100~mm à répétition sur le Clemenceau~ » – en fait, après un premier tour en hélicoptère où j’ai été malade comme un chien, j’en ai été dispensé…

    Là, je suis passé dans un studio plus important dans lequel je produisais des programmes dont je concevais aussi les contenus et que je devais réaliser techniquement. On était bien équipé, avec des caméras noir et blanc et des machines 1 pouce à bande IVC.

    On retrouve déjà, durant ces premières expériences professionnelles, l’intégralité de la chaîne de postproduction~: c’est-à-dire que j’étais ingénieur de la vision, je faisais les images et le son et j’en assurais le montage.

    À propos de suivi, que s’est-il passé après ton premier boulot dans cette caisse de retraite et ton année passée dans la marine~?

    M. U. : Mon service militaire achevé – en même temps que j’étais licencié de l’AGRR parce qu’ils s’étaient rendu compte que c’était un jouet qui leur coûtait cher, je passe boulevard Sébastopol près du chantier de Beaubourg à l’époque en construction, devant un bureau d’embauche où étaient affichées des annonces, dont celle de technicien d’exploitation du centre de modulation du Centre Georges Pompidou (CDM).

    À Beaubourg, il y avait un service audiovisuel très conséquent, dont un studio de production, avec un plateau de 150 m2, une régie vidéo Schlumberger équipée de caméras RVB à l’époque, avec des magnétoscopes 2 pouces RCA, des énormes machines d’enregistrement et de montage et le fameux Centre de Modulation.

    Nous étions trois petits jeunes, tous les trois ayant fait notre service dans la marine – donc forcément fiables et responsables… – et nous avions en charge la duplication et la diffusion de programmes dans tout le centre à partir du fameux CDM. Nous avons appris l’étalonnage sur un télécinéma RCA à tubes, avec réglage quasi quotidien des balayages et de la colorimétrie~!

    On assurait le transfert vers la vidéo des films de la BPI, mais aussi le montage « ~off-line~ » en Umatic des programmes produits par Beaubourg.
    Les professionnels, c’était la régie de production avec enregistrement sur 2 pouces RCA, et nous on était les monteurs « ~sub-standards~ » parce qu’on travaillait en U-matic, dont c’était le tout début. Tous les trois, on tournait~: il y en a un qui s’occupait du télécinéma, un qui faisait la duplication pour la BPI et le troisième qui montait. Ensuite, c’était conformé sur les grosses machines 2 pouces.

    Combien de temps ont duré ces années Beaubourg et quel souvenir en as-tu~?

    M. U. : Je suis resté dix ans à Beaubourg, et ces dix années ont été pour moi un terrain d’apprentissage extraordinaire… L’INA avait cessé d’être le laboratoire expérimental des débuts et Beaubourg a pris le relais… Je crois d’ailleurs que c’est à cette époque que j’ai croisé Caroline Champetier pour la première fois. Elle était venue faire la lumière d’un film de Jean-Paul Fargier.

    J’ai travaillé en tant que monteur avec Chris Marker, Raoul Ruiz et Bob Wilson. On faisait beaucoup de vidéos expérimentales avec des artistes, des peintres, mais aussi des documentaires. On travaillait beaucoup pour le musée d’art moderne ou pour les grandes expositions du Centre. Quand j’ai travaillé avec Ruiz, c’était par exemple pour le montage « ~off-line~ » d’un film qu’il avait été chargé de réaliser pour l’exposition Dali.

    On disposait d’un outil complet de production, du plateau jusqu’au montage. J’ai beaucoup appris techniquement auprès de Marc Maillard. Marc était le patron de la partie Broadcast et quand il est parti, j’ai pris la responsabilité de ce studio. Au bout de dix ans, quand la structure est devenue trop lourde parce que plus administrative, j’ai pensé qu’il était temps de changer.

    Avais-tu d’autres idées en tête ?

    M. U. : J’ai eu une opportunité qui a été un des tournants de ma vie professionnelle~: on m’a proposé d’assurer l’exploitation d’un petit studio vidéo avec un plateau, chez Centreville Productions. J’ai négocié une année sabbatique à Beaubourg pour me donner du courage et je suis parti vers de nouvelles aventures…

    J’ai travaillé deux ans à Centreville qui est devenu ensuite une grande boîte de postprod. J’étais ingénieur de la vision, monteur et truquiste.

    On faisait des choses très variées, des premières émissions de charme de M6, à des petites productions de pub ou des films institutionnels. C’était rue Biscornet, tout près de Mikros image. Là, j’ai côtoyé Maurice Prost, le patron de Mikros, et Pascal Buron, qui travaille maintenant chez TSF Data.

    Georges Campana et Jacques Navarro, des Films du Sabre – très grosse société de production de films institutionnels à l’époque, un des gros clients de Centreville –, m’ont proposé de monter Long Courrier Vidéo. Ils avaient trois plateaux à La Plaine Saint-Denis et ils voulaient développer une structure de postprod. Durant un an, j’ai été monteur-truquiste puis directeur d’exploitation quand l’activité a grossi.

    Là aussi, j’ai travaillé sur des projets très variés~: films institutionnels, pubs, habillage de chaînes TV dont la Sept-Arte. J’ai même travaillé avec Gainsbourg sur le montage « ~off-line~ » d’une captation de l’un de ses spectacles. Quand il y avait des tournages avec des effets, j’allais sur les plateaux et j’assurais la coordination des fonds verts pour les trucages.

    C’était vraiment des périodes où la postproduction vidéo marchait très bien. Il y avait vraiment un marché, il y avait les budgets pour les films, beaucoup de films de formation. Et l’on a bien vécu, avec beaucoup de plaisir.

    Le volume des productions pour la Sept-Arte augmentant, on a repris un autre studio dans le 16ème~: Vidéo Day, qui d’ailleurs a dû être racheté depuis par Arte. C’est là que j’ai rencontré mon ami Jean Delduc, aujourd’hui directeur des productions de Silicone Télévision.

    Ces années ont été très positives. Je me sentais très bien dans ce que je faisais, je n’avais aucune envie particulière d’entrer dans le cinéma, c’est venu plus tard. Cette aventure industrielle était extraordinaire : ce n’était pas les émissions de flux fabriquées à la chaîne d’aujourd’hui, c’était assez différent, novateur.

    Tu dis avoir vécu avec plaisir cette époque plutôt bénie, qu’est-ce qui a déclenché en toi cette envie de retour au cinéma~?

    M. U. : Nous sommes là, à La fémis, école de cinéma, et il est assez intéressant de voir aujourd’hui, avec le recul, comment, à l’époque, ces mondes étaient très distincts~: les gens de la vidéo et ceux du film, et il n’y avait pas de chemin de traverse. Moi qui venais du cinéma, j’ai compris très vite qu’il n’existait pas vraiment de pont entre les deux.

    Le premier déclic, c’est l’apparition du montage virtuel en 1992. Long Courrier a dû avoir l’un des tous premiers systèmes en France. Mais je me souviens très bien des réticences des techniciens du cinéma.

    Mais coup du sort, Les Films du Sabre ont été rachetés par une filiale de Canal+, Ellipse, qui a décidé de se séparer de la postproduction. Long Courrier et Videoday ont été repris par un homme d’affaires, pas du tout un homme d’image, qui nous a rachetés parce qu’on était bon à prendre pas cher à la barre du tribunal. Partie remise donc, retour à la case TV.

    Par contre, ça m’a permis de développer fortement mon expertise du montage virtuel, puisque la nouvelle structure intégrait un télécinéma, dix stations de montage et deux auditoriums de mixage.

    En 1998, j’ai été licencié parce qu’Endemol, la société d’Arthur et Stéphane Courbit, était devenue un client majoritaire, presque unique qui faisait tourner tous les moyens.

    Comme je commençais à avoir fait le tour de la postprod TV, aussi bien en tant que truquiste qu’en tant que directeur d’exploitation, l’idée a germé de m’orienter vers le téléfilm. À l’époque, ils se tournaient en 16 mm ou en Super 16, transféré ensuite au télécinéma.

    Je suis allé voir les patrons d’UMT, Jean Senet et Patrick Bonneau, qui avait repris une société de télécinéma, MIC Transfert, et qui était équipée de montage virtuel au sein de Prestige Télévision. Je leur ai proposé de monter une structure en association, Auditel, pour les audis, qui se trouvaient dans le même quartier et qui étaient la propriété d’un producteur portugais, António da Cunha Telles.

    Avec cette structure, on aurait pu répondre aux chaînes et aux producteurs de téléfilms et offrir un service de postproduction globale dont je me serais occupé. Au moment où un accord entre eux allait être conclu, da Cunha Telles a vendu Auditel à Télétota… De fait, on perdait un maillon important, les audis, avec toute la postprod son, ce qui était primordial.

    Les choses commençaient à devenir assez compliquées et le monde de la postprod TV subissait une énorme mutation. Beaucoup de ces sociétés n’existent plus aujourd’hui, elles se sont regroupées ou ont disparu.

    Après un an de galère, j’ai rencontré Luc Geoffroy, directeur technique chez Euro Media, qui m’a proposé un poste de directeur de production. C’était un peu avant qu’ Euro Media ne reprenne la SFP.

    J’avais en charge la coordination de l’exploitation des plateaux de La Plaine Saint Denis~: lumière, machinerie et cars de tournage.

    Je passe donc un an chez Euro Media, et là, Maurice Prost, le patron de Mikros, me rappelle et me dit~: «~J’ai repris une société de postprod, je te propose d’en assurer la direction générale~». Je ne voulais plus faire de postproduction TV et pourtant j’ai cédé au chant des sirènes. C’était Citymage, situé juste en face de France Télévisions. Je m’en suis occupé deux ans. Ça n’a pas été la période la plus heureuse de ma vie parce que ça devenait une activité industrielle, avec une guerre terrible sur les prix des prestations.

    On est 2003, je me dis : «~Je vais me donner les moyens de faire de la postproduction cinéma~». J’ai alors contacté Olivier Chiavassa, chez Eclair~: «~Je connais bien la postprod vidéo – qui commençait à devenir numérique – et j’aimerais faire un stage argentique~». J’ai fait ce stage en laboratoire, comme le font les monteurs, les assistants, et, au bout de ces trois mois, Catherine Athon m’a proposé d’assurer en remplacement pendant un mois le suivi de la postproduction de Blueberry de Jan Kounen.

    Et là, j’étais vraiment dans ce que j’aimais faire, c’est-à-dire cette relation entre le traditionnel et les débuts du numérique, les scans, les effets spéciaux…

    Le moment semblait enfin venu. Il y avait peu de postproducteurs, c’était les monteurs qui faisaient le suivi avec les labos, mais la chaîne technique commençait à devenir complexe. J’avais cette connaissance, assez rare je pense à l’époque, des nouvelles technologies tant en image qu’en son, les outils virtuels, le « ~direct to disk~ », mais toujours un gros défaut : je n’avais pas fait de cinéma.

    Après de nombreuses tentatives infructueuses auprès de société de production cinéma, et ne souhaitant pas revenir à la postprod TV, j’ai vraiment pensé changer complètement de métier, mais je continuais quand même à voir mes potes dans les boîtes de postproduction de téléfilms. Et là, nouveau coup du sort, Juan Martin Eveno, qui travaillait chez Digimage et qui avait été contacté par un chasseur de têtes pour un poste de directeur de prod pour une boîte de doublage en Belgique, donne mon nom et me voilà parti à Bruxelles.

    J’ai bossé quatre ans là-bas. Le challenge était différent, on changeait complètement de secteur. C’était du son, mais dans un domaine que je ne connaissais pas, le doublage.

    J’ai adoré Bruxelles et travailler avec mes amis belges, j’y serais peut-être encore… si ça avait duré~! Malheureusement, trois ans plus tard, conflit d’associés, la boîte ferme ses portes.

    Un an plus tard, je suis en province quand mon frère [Michel Urtado, Photo 1978] m’appelle. Il a appris par une amie, Valérie Novel – et c’est vraiment là aussi le hasard, car elle s’occupait à l’époque de l’association des assistants repéreurs qui était hébergée à La fémis –, que La fémis recherche un directeur technique. Echaudé par mes expériences précédentes avec le monde du cinéma, j’ai bien failli ne pas répondre, car pour moi, La fémis, c’était le monde du cinéma puissance dix… Comme quoi~!

    Aujourd’hui, j’ai beaucoup de plaisir à être ici parce que ce que je n’ai pas pu faire en tant que postproducteur « ~free lance~ », je le réalise de manière différente au travers de la postproduction des travaux des étudiants. La boucle est bouclée.

    Peut-on faire un retour en arrière sur les souvenirs que tu as de l’École, des autres promos, des relations que vous aviez avec l’extérieur par exemple~?

    M. U. : Les seules relations avec l’extérieur dont je me souvienne, c’est l’ORTF. On a dû aller trois ou quatre fois en deux ans faire des enregistrements à la Maison de la radio, où on mettait à notre disposition des studios et des moyens magnifiques. On allait y faire de l’enregistrement musical et aussi des enregistrements de feuilletons radiophoniques.
    Je suis moins au courant de ce qui se passe à Louis-Lumière aujourd’hui, mais quand je vois comment les étudiants de La fémis sont ouverts vers l’extérieur, comment l’extérieur rentre dans l’Ecole, il y a à priori un monde d’écart.

    Le souvenir que j’ai de Louis-Lumière, c’est le côté vraiment très artisanal, les salles de cours temporaires rue Rollin, qui ne devaient durer que deux ans – je ne sais plus quand l’École a déménagé a Noisy, mais ça a été bien des années plus tard. Ma promo a vécu la transition entre la rue de Vaugirard et le 5ème arrondissement, avec le petit studio de la rue Lhomond. L’un de mes seuls souvenirs de la rue de Vaugirard, c’est le mur que les élèves avaient bâti devant l’école pour protester contre le déménagement~!

    En 1975, en son, il y en a un ou deux qui voulaient faire de la musique, mais sinon, tout le monde voulait faire du cinéma et de fait, de par la suite de mon parcours, je n’ai pas croisé grand monde.

    J’ai très peu connu la promotion avant la mienne~; je me souviens seulement de Jean-Paul Mugel [Son 1973] que j’ai croisé cette année à La fémis où il intervient en son. Et j’ai eu très peu de contact avec ma promo, parce que comme je te l’ai dit, j’ai rapidement changé de voie.

    En feuilletant l’annuaire, je viens de voir le nom de Philippe Ros [Ciné 1974] , mais ce n’est pas à l’Ecole qu’on s’est connu. Je l’ai rencontré à Long Courrier. Il avait fait de magnifiques images d’un spectacle de Michel Jonas, dont la chef monteuse était Elisabeth Juste, une amie. Moi j’assurais la confo. C’était très segmenté, les monteurs faisaient le montage « ~off-line~ » et le truquiste faisait les finalisations, trucages, l’étalonnage et toute la mise en image. En fait, il y avait très peu d’échanges entre les sections, et avec la section Photo encore moins.

    Pourquoi ? Vous ne vous croisiez pas sur les tournage, les sections Son et Ciné~?

    M. U. : Non, on participait très peu aux travaux des autres sections. Une fois, on m’a confié un Nagra pour aller sur un tournage dans le 20éme… On a dû me demander de faire le son sur un film sur lequel il y avait des élèves de l’École en Ciné, mais je ne les connaissais pas.

    Je vois dans l’annuaire Jean-Bernard Favero-Longo [Ciné 1974] par exemple, il me semble qu’il fait de la lumière de télé, de shows… Régis Deruelle [Ciné 1974] , j’en ai le souvenir comme l’un des leader du mouvement de protestation des élèves. Richard Ugolini [Ciné 1977] , je l’ai beaucoup côtoyé quand je travaillais chez Euro Media, il travaille beaucoup en télé.

    J’ai revu ici à La fémis Francis Wargnier de ma promo [Son 1974] . Il a fait des choses très différentes, il était très branché musiques expérimentale et contemporaine, si je me souviens bien. Aujourd’hui, c’est un monteur son renommé. Avec Michel Mellier [Son 1974] , on est en contact, mais de façon très épisodique.

    J’en vois un autre que je connais bien, mais dont je ne savais pas qu’il avait fait Louis-Lumière, c’est Daniel Borenstein [Ciné 1978] . Je le connais de longue date, quand Long Courrier et Magic Company se sont trouvés dans le même groupe, en 1994, je pense.

    J’avoue que je ne suis pas un très bon exemple, je n’ai pas du tout cultivé la relation à l’association des anciens élèves.

    Comment as-tu vécu l’évolution technique ?

    M. U. : De par ma formation initiale scientifique et mon parcours professionnel, l’évolution technique a été pour moi quelque chose de très positif. Il y avait quand même un monde qualitatif, en 1975, entre une image vidéo et une image film. C’était particulièrement sensible pour moi au Festival du film industriel de Biarritz, par exemple, ou se côtoyaient pour des films de formation, images tournées en 35~mm et images tournées en vidéo.
    C’est par le son que les techniques d’enregistrement et de traitement ont commencé à changer, et cela dix ans avant l’image, parce que les volumes d’information étaient plus faibles.

    Personnellement, j’ai beaucoup aimé la phase intermédiaire, la phase de transition de l’argentique au numérique. C’est peut-être générationnel, mais quand je vois des images Super~35 scannées et traitées en numérique, je trouve qu’il y a là une matière intéressante. Mais est-ce que la génération suivante, qui ne l’aura pas connue, regrettera la trame du 35~mm~? On en est quand même très près qualitativement aujourd’hui. Évidemment, l’image purement numérique est différente~: elle est très propre, certains lui trouvent un manque de matière.

    Quel avenir nous réserve l’image numérique ? Les laboratoires ne sont plus le lieu de passage obligé où le chef op’ va rencontrer les gens qui travaillent sur ses images. Et pourtant il est plus que jamais important que les techniciens se parlent tout au long de la création des images, du chef op’ à l’étalonneur tant les champs techniques sont devenus complexes et les workflows spécifiques à chaque projet.

    À l’heure actuelle, la tendance des « ~nouveaux laboratoires~ », comme Digimage par exemple, – je dis « ~nouveaux~ », mais tous les labos s’y sont mis, malgré les coûts des installations –, c’est de proposer des lieux où un chef op’, qui aura fait une image en numérique, va la voir avec l’étalonneur dans une vraie salle de projection sur un grand écran, pas sur un écran d’ordinateur.

    B-Mac par exemple, le labo de Daniel Borenstein * , bien qu’il fasse encore de la chimie, est assez dans cet esprit, autour du travail sur le rendu de l’image numérique, et pas seulement de son traitement informatique. Comment un chef op’ voit son image, comment il peut intervenir, comment il arrive à obtenir ce qu’il a pensé et créé au moment du tournage ? Donc des lieux comme ça doivent rester.

    Il y a six mois, nous avons rencontré Thierry Forsans [PDG d’Eclair Group (Laboratoires Eclair)] avec Marc Nicolas [Directeur général de La fémis] . La voie que prend par exemple Eclair aujourd’hui est drastique, parce que les métiers changent, et que les gens qui travaillaient dans le laboratoire photochimique ont du mal à s’adapter. Bien sûr que c’est dramatique, l’évolution technologique est telle que très peu peuvent passer ce cap~; les étalonneurs n’ont pas trop de mal, mais les ouvriers de la chimie, eux, ne s’y retrouvent pas. On assiste là à un vrai bouleversement technologique, sociologique et économique.

    * Depuis cet entretien, d’une part Daniel Borenstein a quitté B-Mac pour rejoindre, au CNC, les Archives françaises du film et Rip Hampton O’Neil lui a succédé chez B-Mac. D’autre part les Laboratoires du groupe Quinta Industries (LTC – Scanlab – Duboi) ont été fermés~; seul Duboi (dont une partie de ses salariés) a été repris par Technicolor.

    (Propos recueillis dans les locaux de La fémis en novembre 2011 par Jean-Noël Ferragut, Ciné 1970)