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  • Exposition à Caen par Arno Fabre (Photo 1990)

    Bonjour à tous,



    Vous pouvez aller à Caen, pour voir 4 photos de la série « Contre-nature lois
    & paysages ».

    06.01.05 <> 11.02.05

    lundi au jeudi 13:00 <> 17:00

    vendredi 13:00 <> 16:00

    L’hôtel, galerie de l’école des beaux-arts  83, rue Geôle 14000 Caen  


    +33(0)2 31 30 47 90

    Vous pouvez aussi aller à Paris, pour assister à la création du spectacle « Haute
    Fréquence ».

    Spectacle de danse de la Cie Ground Zero où je joue de « Composition pour 3 radios »
    et autres appeaux …

    voir pièce jointe <HauteFrequence.pdf>

    vendredi 11 et samedi 12 février > 20:30

    Théâtre de l’Etoile du Nord  16 rue Georgette Agutte Paris 18°  


    +33(0)1 42 26 47 47

    www.etoiledunord-theatre.com

  • Remise des diplômes 2004 à la Cinémathèque de Paris

    Salle comble ce lundi 24 janvier 2005 à la Cinémathèque du Palais de Chaillot à Paris.

    L’ENS Louis Lumière avait convié ses étudiants ainsi que nombre d’invités de marque pour la première et la dernière fois en ce lieux ô combien symbolique. En effet dès le 28 février prochain, la Cinémathèque de Chaillot fermera défénitivement ses portes en vue du déménagement sur le 51 rue de Bercy, annoncé de longue date. La nouvelle Cinémathèque accueillera ses visiteurs à l’automne prochain, avec peut-être une opportunité de recevoir en ses murs fraîchement repeints les diplômés 2005 ?

    —-

    Consultez le reportage en images

    Haut
    débit et écran 17" conseillés

  • Festival international du Court-métrage

    Fidèles à notre vocation d’école des métiers de l’image et du son, nous accordons une place essentielle au court-métrage.

    Comment cela s’enseigne-t-il ? Comment les élèves le pratiquent ? C’est ce que vous pourrez découvrir dans l’enceinte de l’Ecole d’architecture (EACF).

    • En participant chaque jour (9h30-18h) au tournage de scènes de films connus*: réalisation, lumière et jeu des comédiens dans un décor (commissariat) fabriqué par des élèves architectes, avec la participation d’acteurs de Clermont-Ferrand.

    • En assistant aux projections de films réalisés à l’Ecole (fictions, effets spéciaux, documentaires…) tous les jours à partir de 16h30.

    Les membres de la direction et des équipes pédagogiques seront également présents.

  • Voyage en Mémoires Indiennes

    « Un documentaire poignant de Jo Béranger et Doris Buttignol » (Le Monde).

    « Images d’archives (bouts d’actualités, de films professionnels ou amateurs) et témoignages dignes éclairent un dossier plus ténébreux qu’on ne l’aurait cru » (Télérama).

    Le documentaire dresse le portrait bouleversant de générations perdues et nous mène régulièrement aux bords des larmes (http://cinema.tiscali.fr).

  • Exposition ZOOLOGIE FANTASTIQUE

    L’homme ne peut vivre sans l’animal, de représentations en commémorations dessinés, sculptés de glace ou de marbre, ces animaux hantent des espaces improbables: un roi lion abandonné à Denver, une tête d’ours esseulée à Djojakarta, un lapin qui se rit du froid en Hokkaido, un grand gorille sur la Costa DEL Sol, un cerf royal défiant un ciel d’orage à Anet, un dalmatien accompagné d’un homme sans tête au Japon, des éléphants de glaces à Sapporo, une pauvre chèvre et ses chevreaux sur le bord de la route entre Moscou et Vladimir, un cygne déposé sur un muret au Portugal et cette baleine montrant sa queue à Lisbonne. Inventaire sans fin d’un zoo terriblement humain.

    Voir http://segsette.9online.fr/desprez/defautMenu.htm

  • Les Courts de Vaugirard

    Mercredi 19 janvier 2005 – 17h – Fujifilm et l’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière

    Ont le plaisir de vous inviter dans le cadre du ciné-club à une séance exceptionnelle.

    De Vaugirard à Lumière, de 1950 à nos jours, un lien, une passion…Une séance des courts métrages réalisés par des Anciens de l’Ecole lors de leur scolarité !

    Nous avons également le plaisir de vous annoncer la projection du film de
    Philippe de Broca, E. Krauss et C. Bitsch

    Les Trois rendez-Vous (1953, 34 min)

    en hommage au réalisateur Philippe de Broca,
    récemment décédé.

    1958 : Ceux du générique de Guy Sarthoulet, 27min

    1964 : Connaissance du machinisme agricole de J.C. Peut, 9min

    1970 : Honky Tonk de C. Chaudet, 7min

    1972 : Le saut du berger de P. Gennessaux, 9min

    1979 : La robe de soie blanche de J.C. Messager, 15min

    1983 : Tintarella di Luna de G. Noé, 18min

    1991 : Les naufragés de D. Rozenberg, 13min

    1997 : Dirty BSJ de L. Jaudon, 11min

    Par souci d’équilibre de la séance, les films ne seront pas projetés
    dans l’ordre chronologique !..

    Entrée libre

  • Carnets de voyage

    Marseille, 7 avril 2004

    Marseille dans un début de printemps, doux prélude au départ…

    Fébrilité, voilà nous sommes prêts…

    « Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s’allument dans le soir. Ma
    journée est faite ; je quitte l’Europe. L’air marin brûlera mes poumons ; les
    climats perdus me tanneront. Nager, broyer l’herbe, fumer surtout ; boire des
    liqueurs fortes comme du métal bouillant, -comme faisaient ces chers ancêtres
    autour des feux.
    Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l’oil furieux : sur
    mon masque, on me jugera d’une race forte. J’aurai de l’or : je serai oisif et
    brutal. »
    Arthur Rimbaud

    « Voyager ! Perdre le pays !
    Devenir un autre constamment,
    Pour l’âme pas de fondement
    Sinon voir, voir sans merci. »
    Fernando Pessoa

    Les mots de Rimbaud ont tourné dans ma tête depuis des années, ceux de Pessoa
    sont apparus plus récemment, devant l’imminence du départ, devant aussi
    l’espace à parcourir.

    Désormais plus de peurs, plus d’inquiétudes, nous allons plonger dans un
    nouveau temps forgé par le voyage en voilier sans date de retour, au gré de
    nos désirs.

    A une autre époque, le temps apparaissait vertical, un cheminement des
    ténèbres vers la lumière divine et le Paradis.

    Pour les Hommes de l’Occident d’aujourd’hui, il est horizontal, cheminement
    ponctué d’étapes.

    En voilier voici un temps différent relié à la vie de l’atmosphère et à notre
    curiosité :
    Lieux de la terre, saisons de cyclones, courants et vents favorables, envie de
    découvrir l’au-delà de la ligne d’horizon.

    Une histoire pourrait illustrer cette autre conception du temps qui se
    présente à nous :

    Je me souviens souvent de la nuit qui précéda notre départ des Lavezzi (îles
    dans les Bouches de Bonifacio) pour la Sardaigne. La direction que nous
    prendrions le lendemain, Est ou Ouest, conditionnerait le sens dans lequel
    nous ferions le tour de la Méditerranée, le Nord puis le Sud ou bien le Sud
    puis le Nord. Nous avons étudié la carte une grande partie de la nuit, puis
    ivres de fatigue et d’indécision nous nous sommes couchés sans rien décider.
    Au matin, le vent soufflait de l’Est nous sommes parties vers l’Ouest. C’était
    une évidence et nous avons retenu cette première leçon tout au long du
    voyage : nous pouvons explorer toutes les possibilités mais la décision finale
    ne nous appartient pas.

    En route.

    Le départ réel et symbolique par le Vieux Port de Marseille aura bientôt lieu,
    une dernière fois je regarderai la plaque de fondation de la ville :

    ICI
    VERS L’AN 600 AVANT J.C.
    DES MARINS GRECS ONT ABORDE
    VENANT DE PHOCEE
    CITE GRECQUE D’ASIE MINEURE

    ILS FONDERENT MARSEILLE
    D’OU RAYONNA EN OCCIDENT
    LA CIVILISATION

    En sortant du port, puis au large en regardant la ville s’étageant sur les
    collines en croissant autour de la rade, je penserai aux marins venus d’Asie
    Mineure.

    Curieux, désireux de nouveaux échanges, ils furent probablement bien surpris
    et émerveillés lorsqu’ils découvrirent cette calanque si bien protégée.

    Et déjà en cet instant je sais qu’ils ressurgiront de nouveau de ma mémoire à
    des milliers de milles nautiques de ce lieu qui m’a si généreusement accueilli
    pendant quatre ans.

    Je me sens profondément leur héritier.

    Pour me préparer à quitter l’Europe, j’ai exploré les paysages marins, les
    sources terrestres de ces hommes de la lointaine Antiquité.

    La Méditerranée, je l’ai allégrement sillonnée de l’île de Corse à l’île de
    Kastelhorizon, de l’île de Pantelleria à l’île de Samothrace.
    Le continent européen, j’ai tenté d’explorer et de rassembler sa complexité de
    Lisbonne à Varsovie, de Londres à Istanbul.

    Je suis ivre des terres et des mers de mes origines, j’ai envie aujourd’hui
    d’Océans, je rêve de plonger dans le syncrétisme bouillonnant de la planète.

    « Oh que ma quille éclate, oh que j’aille à la mer ! »
    Arthur Rimbaud, le Bateau Ivre.

    Et voici déjà Gibraltar : le détroit est le dernier point géographique à la
    possible référence grecque, les « Colonnes d’Hercules » de l’Antiquité.

    Ici « Mare incognita » commence entourant les multitudes de « terrae incognitae. »

    Du « Cabo da Roca » situé en territoire portugais, pointe de terre européenne la
    plus à l’Ouest du continent, j’ai perçu ses dimensions, sa couleur, ses
    mouvements.

    « Notre » mer familière était bien loin de ce grand univers-là.
    Mer capricieuse, mer sur les rives de laquelle courent toutes les fractures
    mais aussi toutes les troublantes origines communes.

    Le puissant océan nous portera, nous nous loverons dans le flux des alizés
    favorables à celui qui quitte l’Europe.

    Mythiques marins de Phocée, je vous porte en moi, je prolongerais votre route
    pour mouiller à nouveau dans la rade de vos origines à Foça en Asie Mineure.
    Frères mythiques par-delà les siècles, vous entretenez en moi une généreuse
    ébullition d’intelligence et d’émotion !

    Une fleur des îles Marquises poussera sur le temple de Dionysos…
    Les chemins maritimes croiseront les chemins intérieurs…

    Le voilier est là, près à partir, nous l’avons appelé OREO pour la beauté du
    son.

    A bientôt ! Le voyage est devant nous, à vivre et à écrire !

    C’est avec beaucoup de joie que nous tenterons de vous le faire partager en
    transcrivant dans l’écriture la magie de la vie qui s’annonce…

    Avec tout notre humanisme,

    François et François

    —–

    De Palma de Majorque, le 6 juillet 2004

    Préambule

    Première lettre du voyage trois mois après notre départ de Marseille : après si
    longtemps, il est nécessaire de décrire brièvement nos péripéties.

    Nous avons longé la côte occidentale de la Corse, Ajaccio nous a accueillis pour
    une escale technique de quatre semaines, puis nous avons sillonné en tout sens
    les Bouches de Bonifacio de Porto Vecchio à Palau en Sardaigne.

    Nous avons suivi la côte sarde jusqu’à Stintino où nous avons attendu des
    conditions météo favorables pour traverser vers Minorque.

    Mahon, Ciutadella furent nos escales sur cette première île de l’Archipel des
    Baléares. Nous avons poursuivi vers Majorque pour atteindre Palma en passant
    par la côte Nord de l’île, la plus sauvage car la plus montagneuse.

    La suite du programme : Ibiza, Gibraltar, Tanger.

    Palma de Majorque

    Voici donc maintenant presque trois mois que nous avons quitté Marseille.

    La Méditerranée nous relie toujours à notre port des origines mais nous sommes
    maintenant installés dans le voyage.

    De petits jets d’eau alimentent en une courbe élégante une longue fontaine
    formant canal. Les odeurs sont celles délicieuses des lieux de la Méditerranée
    qui ont la chance de connaître une eau abondante : suave laurier rose,
    profondeur mystérieuse du buis, fraîcheur de l’acacia.
    Le palais de l’Almudaina domine les jardins de sa pierre dorée, de ses fenêtres
    gothiques et de ses loggias arabo-andalouses.
    L’air est marin, la Méditerranée de l’été, caressée par une tendre brise, joue
    avec les rochers de la digue.
    La ville de Palma s’agite au-delà des murets des jardins, la modernité ne laisse
    plus la place à la quiétude des après-midi de chaleurs.

    Tout concourt à l’écriture !

    Nous sommes toujours dans notre matrice originelle, dans notre liquide
    amniotique, comme la si délicatement suggéré un ami d’Ajaccio. Gibraltar
    marquera vraiment la rupture, le bond en avant. Pour l’instant, nous savourons
    comme un fruit généreux cette Méditerranée de l’été, nous pestons aussi parfois
    contre elle, contre cette terrible absence de vent qui nous oblige plus que de
    raison à utiliser le galérien moderne qui nous accompagne au creux de la cale,
    le moteur.

    En repassant par la Corse, en retournant dans les mouillages de notre premier
    voilier, en parcourant les lieux de tournage de ces dernières années, j’ai
    songé à toute l’histoire qui s’est lentement tissé avec cette île.

    Je suis arrivé la première fois sur l’île en ferry pour un tour en vélo dans le
    Sud par un mois de mai doux et fleuri. Nous vivions alors de pain et de lonzo
    et en arrivant dans le golfe d’Ajaccio, nous avons voulu fêter l’événement par
    de la polenta. Nous avons fait notre première tentative culinaire à l’eau de
    mer : la Méditerranée n’est pas la Baltique, les 35 grammes de sel par litre
    ont eu raison de notre appétit et du plat de polenta.

    Pus tard c’est avec notre propre voilier que nous découvrions la Revelata (phare
    de Calvi) au petit matin, nous glissions sous les remparts pour rejoindre ce
    mouillage si favorable aux navigateurs.

    Et puis ce fut le travail à France 3 Corse qui me permit d’arpenter l’île et de
    l’aimer avec plus de raison que d’admiration. J’ai écouté parler de
    l’attachement à la terre, je me lie aux terres que j’aborde dès qu’elles me
    racontent leurs histoires, dès que des liens d’humanité s’établissent entre
    elles et moi.

    L’île de mon travail et de mes premières croisières m’a fait un dernier cadeau :
    pendant deux semaines nous avons pu naviguer avec de merveilleuses conditions
    météorologiques entre sa pointe sud et sa voisine la Sardaigne.

    Dans un enivrant jeu de miroir, nous sommes passés d’une île à l’autre,
    observant la mer de la terre, la terre de la mer et la terre d’une autre terre.
    Ce vaste décor est celui d’un opéra où se succède les scènes tragiques des
    tempêtes et l’enthousiasme du premier acte de la Traviata.

    Au cour de ce paysage mi-marin mi-terrien, sur un rocher isolé de l’Archipel des
    Lavezzi, je me suis interrogé sur ces îles pointillées qui parsèment les Bouches
    de Bonifacio : où sont les continents ? Chaque parcelle de terre entourée d’eau
    peut-être l’île d’un ensemble terrestre plus grand qui serait son continent.
    Finalement, ne sommes-nous pas toujours sur le continent d’une île plus petite
    ?

    Notre vie s’écrit, rythmée par les navigations souvent exaltantes mais aussi
    parfois laborieuses, par la curiosité pour de nouvelles terres, par l’entretien
    du voilier, par des moments de calme et de détente entre la mer et la terre.
    Nous avons le sentiment de vivre ce que nous avons choisi, indépendamment des
    contraintes. Une limite sournoise et insurmontable demeure cependant et
    l’immensité des mondes à découvrir et des connaissances à explorer la rendent
    encore plus flagrante, absurde, injuste et cynique : le temps de vivre nous est
    compté.

    Nous quitterons Majorque demain : l’ancre traverse les eaux mouvantes et
    s’accroche à la fermeté tendre du fond, elle nous épargne la dérive et
    l’échouage. Pour la décrocher et la remonter, l’effort est toujours nécessaire.
    Mais une fois à la proue, elle se plaît à vaillamment accompagner le mouvement
    du voilier en narguant les embruns. Ainsi peut-être devenons-nous ?

    Amicalement,

    François et François

    —–

    De Tanger, le 20 septembre 2004

    Prologue

    Depuis Palma, nous avons rejoint Ibiza, île de la fête et du luxe. Puis nous
    avons descendu la côte espagnole en faisant une incursion à Grenade pour nous
    éblouir à nouveau devant l’architecture arabo-andalouse. Gibraltar fut une
    escale technique pour affiner certains aspects d’Oreo. Du haut du rocher de
    Gibraltar, le Djebel Tarik des Arabes, nous avons observé les trois points de
    nos doutes et de nos biographies passées et à venir : la Méditerranée,
    l’Afrique, l’Atlantique au-delà du Détroit. L’au-delà du Détroit est devenu
    obsédant et fascinant. Et nous voici désormais à Tanger. Nous allons descendre
    doucement la côte marocaine jusqu’au Canaries, les vents ne semblent pas
    suffisamment favorables pour atteindre Madère et le temps passe.

    Tanger

    Ivresse d’odeurs, de foules, de regards. Nous avons franchi Gibraltar.
    Oreo est amarré sous la Médina de Tanger. Autres rythmes, autres codes. L’Europe
    si proche est loin derrière nous mais elle est ici l’objet de tous les
    fantasmes, jusqu’à l’exaspération.

    La transition est brusque, toujours : le premier jour est celui de la
    non-appartenance au lieu. Le temps passe et la rue nous appartient aussi.
    L’escale devient nouvelle terre d’accueil, la vie et le voyage se mêlent de
    nouveau. Les échos des années marseillaises résonnent dans la vie d’aujourd’hui
    : instants simples partagés avec un inconnu, atmosphères de lieux : nous nous
    sentons vivre.

    Le carnet de voyage a la couleur des pays qui l’inspirent : des nuances
    délicates des Baléares, nous sommes passés aux contrastes saisissants, à la
    profondeur de champ d’une société en mutation.

    Tanger, cousine de Marseille, Tanger autre côté du miroir. Tanger, ouverte sur
    le Détroit et l’Océan, l’Espagne pour horizon, la montagne en arrière pays,
    zone de contact et de rupture, symétrie de Gibraltar, ouvert sur le Détroit,
    fermant la Méditerranée.

    Le Détroit, c’est le baptême du courant : courant favorable qui se fait muscle
    puissant et nous happe soudain, étrangeté des vagues qui luttent contre une
    force contraire, mer qui se creuse sans raison. La géographie de la surface
    mouvante qui nous porte est en mutation.
    Les brumes voilent souvent le mariage des eaux atlantiques et méditerranéennes.
    Nous avons joué dans les flots aux portes de l’Océan, nous pensons aux marins
    de Phocée découvrant la marée.

    Tanger enveloppé dans la moiteur et la poussière du Sahara.

    Tanger révélatrice aussi de ma douleur de nomade : j’investis un nouveau lieu,
    construis de nouveaux repères, lie des amitiés vivantes d’échanges passionnés
    et je reprends ma route.
    La découverte et l’adieu irriguent chacun de mes pas, j’apprends à connaître et
    j’aime, l’émotion me submerge. Merci Nourredine pour ton intelligence du Monde,
    merci Abdou pour ta sensibilité.

    La douleur du partir imprègne le lâcher des amarres.

    Ainsi je souhaite aimer le Monde, dans le mouvement.

    Tanger, tu es la porte de notre nouvel Océan.
    Atlantique, la mer au-delà de l’Atlas.

    Nuit de brouillard dans le port de Tanger.
    Centaines de voitures arrêtées.
    Des émigrés marocains rentrent en Europe,
    Attente.
    Rondes des ferries dans le Détroit.
    Adolescents des campagnes rêvent d’une partance clandestine.
    Les grilles du port ne sont pas hermétiques.

    Soldats dans la brume.
    Lumières de Tarifa à portée de main,
    Désirs confus et obsédants qui enveloppent les biographies qui se croisent :
    « Tu es de la France ?
    Je cherche un camion pour retourner là-bas, j’ai grandi à Orléans mais mon père
    m’a ramené ici à l’age de 13 ans, je veux retourner, j’ai peur, c’est
    dangereux, un garçon qui voulait partir est mort hier dans le coffre d’une
    voiture.
    Je m’appelle Ismaël, j’ai 17 ans, donnes-moi ton adresse, je viens te voir quand
    je serais en France »

    A bientôt

    François et François

    —–

    De Las Palmas de Gran Canaria, le 20 novembre 2004

    Prologue

    Après Tanger, nous avons suivi la côte marocaine dans un sympathique cabotage.
    Nous avons réalisé notre première grande traversée avec Oreo (quatre jours !)
    d’El Jadida au Maroc à Graciosa, première île au nord-est de l’Archipel des
    Canaries. D’une île à l’autre (Graciosa, Lanzarote, Furtaventura, Gran
    Canaria), nous sommes arrivés au mouillage de Las Palmas de Gran Canaria où de
    nombreux navigateurs finissent d’océaniser leur voilier pour la grande
    traversée vers les Caraïbes. Nous faisons de même en espérant pouvoir reprendre
    la route assez tôt pour profiter aussi des îles du Cap Vert avant de rejoindre
    Salvador de Bahia.

    Un petit texte sur la vie en mer.

    Histoire de l’Océan

    Vent heureux.
    El Jadida, Maroc.
    Les coffres garnis de dattes, d’épices, de musiques, de fruits frais et de
    poissons.

    Le môle est peuplée d’enfants et d’adolescents.

    Dernières paroles lancées au voilier de la terre qui s’éloigne :

    – Vous êtes d’où ?
    – De Marseille.
    – Ah ! Marseille, la Vierge de la Garde !!!

    Devant nous, quatre jours d’océan.

    Les yeux sur l’étendue circulaire, l’esprit au Maroc, la pensée avec Marguerite
    Yourcenar, faire le tour de sa prison avant de quitter vraiment.

    Roulis. Roulis.
    Lune rousse sur l’horizon nocturne.

    Chaque vie aperçue est un événement :
    Silhouette massive de navires, mouettes au ras des embruns, dauphins un instant
    à l’étrave.

    Courir au-delà du vertige de l’immensité océane :
    Lire, passer du désert sans limite au fourmillement intérieur de l’imaginaire.

    Tour de veille,
    Préserver l’énergie vitale,
    Le vent pourrait forcir.

    Météo marine en temps universel :
    Radio,
    Echos inattendus de la fureur du Monde.

    Respirer.
    Deux humains, en toute confiance avec un voilier, scrutant le mouvement des
    éléments : teintes du ciel, rythme de la houle, variations du vent.
    Deux humains, quelques mots, exister.
    S’offrir à l’Océan.

    Mouvement. Mouvement. Mouvement.
    Mouvement briseur de sommeil.

    Aube du quatrième jour :
    Une terre posée sur l’horizon,
    Une île au mouillage possible.

    Ancrer.

    Évoquer l’immobilité du sol.

    Dormir vraiment.
    Descendre à terre.
    Se hisser au-dessus de l’eau,
    Atteindre le sommet d’un cône volcanique érodé.

    Caresser des yeux le mouillage, embrasser l’île.
    Observer le Nord, la route sillonnée.
    Méditer vers l’Ouest.

    Redevenir un terrien, être social.
    Garder au creux de soi l’accord fragile avec l’Océan.
    Résister aux craintes et aux doutes.

    Mer à parcourir, mer franchie.
    Jeux aléatoires de la séduction océane :
    Rentrer dans l’enchantement, prudemment.

    Bonne route à tous et bon vent aux marins.

    François et François

    —–

    De San Sebastian de La Gomera, le 3 decembre 2004

    Bonjour

    Mouillage

    Las Palmas de Gran Canaria, un mouillage idéal pour achever la préparation du
    voilier avant la traversée : protégé par le brise-lame du port de commerce,
    bien abrité du vent du Nord, un peu rouleur pour rester amariner. Il a la
    particularité d’être un des rares mouillages sûrs de l’Archipel, aussi malgré
    son étendue, la centaine de voiliers qui le peuplent lui donnent une densité
    parfois inquiétante selon le vent dominant du jour.

    Les équipages s’activent : plus rien ne doit désormais manquer à bord, des
    provisions aux pièces de rechanges, de l’eau potable à la quantité de carburant
    disponible. La plupart des voiliers partent de Las Palmas pour les Antilles
    directement, d’autres comme nous vont jusqu’aux Iles du Cap Vert.

    Chacun vit ici son rêve. Une certaine appréhension règne parmi ceux pour qui
    c’est la première fois, les alizés seront-ils réguliers, la houle sera-t-elle
    légère ? Les marins aguerris qui en sont parfois à leur deuxième tour du monde
    rassurent alors par un « Le plus dur est derrière vous » en parlant de la
    Méditerranée.

    Ce monde du mouillage est loin de la terre, il a sa vie propre, son atmosphère
    internationale et marine, une communauté de direction à un moment de la vie de
    chacun. La ville pourtant ardemment présente devient un décor mobile au grès de
    l’évitement des voiliers autour de leur ancre.

    Dans les cockpits, les navigateurs contemplent le paysage en mouvement, et
    parlent de technique, des navigations passées et à venir. Quand les
    conversations se prolongent parfois tard dans la nuit, les langues se délient
    encore, et les voyageurs parlent de leurs choix de vie, des difficultés d’avant
    le départ. Des instants étranges où des êtres qui se connaissent à peine parlent
    d’eux-mêmes en toute liberté et sont heureux ensemble dans l’univers instable du
    voyage, de l’océan.

    Quelques minutes en annexe est un autre monde est atteint, la plage qui borde le
    mouillage, une plage particulière au centre de la ville et au fond du port mais
    une plage de jolie sable cependant. Cet espace est le lieu où je cours en fin
    d’après-midi, ce moment précieux où après une journée de travail sur le voilier
    il est bon de s’aérer l’esprit et le corps sur la terre ferme.

    Le mouillage vue de la terre à cette heure-là est prometteur est enthousiasmant
    : les voiliers jouent avec la perspective et composent une harmonie de coques
    et de mâts que le soleil couchant colore de nuances mordorées. Plus loin les
    grues du port de commerce dominent l’ensemble, la ligne du brise-lames clôt la
    composition et rassure : l’océan est bien là, mais tenons le un peu à l’écart
    de nos préparatifs pour le moment. C’est un des rares moment où plutôt que de
    contempler la ligne d’horizon houleuse , les yeux apprécient un imposant et
    rassurant mur de béton.

    Quelques mots échangés chaque jour m’ont appris à connaître un groupe de jeunes
    marocains qui chaque soir après leur partie de football attendent une berline
    blanche.

    Ils viennent d’Agadir, de Marrakech, d’El Jadida, de Layoune. Ils ont entre 15
    et 17 ans, ils ont réussi l’aventure de venir ici trois ans auparavant. Le bon
    age finalement pour vivre cette imprudente équipée, pour tenter sa chance vers
    un avenir meilleur.

    Ils ont rêvé d’Europe devant la houle qui déferle sur les longues plages du sud
    du Maroc. Gibraltar est loin, trop surveillé, Layoune c’est le désert qui
    rejoint l’Océan où tout est possible.
    Avec l’aide financière et morale de leur parents inquiets pour leurs propres
    avenir et ceux de leurs adolescents, ils ont embarqué sur des pateras comme les
    appellent les Espagnol. Ces barques de fortune sont un éphémère assemblage de
    bois de palettes, il faut écoper sans cesse, mais elle possède un moteur hors
    bord. Deux jours d’Océan entassé dans l’embarcation et voilà la première étape
    franchie vers le rêve : Fuerteventura, l’île de l’Archipel des Canaries
    distante d’à peine cent kilomètres des côtes africaines. Ils ont erré quelques
    temps dans ce nouveau monde puis l’Europe organisée les a recueilli. Rejoindre
    la péninsule, voilà le nouvel objectif à présent. Cette Espagne d’outre mer
    n’est pas celle de leurs rêve, c’est toujours l’Afrique disent-ils, cette
    Afrique qui fait pourtant rêvé tous les navigateurs du mouillage.

    L’ailleurs meilleur. meilleur pour survivre essentiellement pour ces adolescents
    de l’inégalitaire royaume chérifien, meilleur pour s’épanouir pour les Européens
    en voyage.

    Les Canaries, archipel révélateur des regards opposés et des découpages brumeux
    de l’espace terrestre : dernière escale européenne pour les uns, premier pas
    vers une Europe encore lointaine pour les autres.

    Les mondes se côtoient sur la grève mais nationalités et biographies de chacun
    restent les frontières infranchissables des existences humaines. Le voyage
    rappelle souvent cette réalité.

    Ils voulaient tous embarquer sur Oreo pour Cadix. Je n’ai pas eu le courage de
    participer à leur rêve.

    Amicalement

    François et François

    —–

    Apprivoiser l’Océan ? le 7 janvier 2005

    Préambule

    Un carnet déjà ancien mais un bon prélude à notre voyage trans-océanique.

    Apprivoiser l’Océan

    Du sommet de Ténérife, à 3500 mètres, il est doux d’observer l’Océan. La houle,
    soudain légère ondulation, capte harmonieusement les rayons du soleil.

    Sur l’étendue marine s’élèvent les repères tangibles des îles voisines : La
    Palma, La Gomera, Hierro.

    Nous voici partis de Ténérife pour La Palma. La lune rayonne sur l’Atlantique,
    Ténérife domine notre horizon oriental de son imposante stature parsemée des
    lumières de la vie des hommes.

    Les 100 milles de la traversée vers La Palma sont une savoureuse promenade.

    La Palma nous relie à l’intimité de la planète, le magma n’est pas loin de la
    surface basaltique.

    Des crêtes du volcan, nous avons de nouveau embrassé le domaine circulaire
    offert à notre regard. Les cimes des îles voisines émergeaient des nuées qui
    noyaient l’Océan.

    Ici, nous avons surpris les limites possibles de l’immensité océane en
    saisissant l’espace entre les îles. Un nouveau paysage marin se construit,
    l’intervalle entre les îles devient une nouvelle mer intérieure.

    Nous avons repris la mer au petit matin. Le calme régnait sous les falaises de
    La Palma puis, au large, un souffle nous enleva à l’île suivant. L’Océan
    brillait, les embruns volaient sur le pont. Nous plongions au creux des
    ondulations frénétiques de la surface mouvante pour mieux culminer à nouveau
    sur la crête des vagues qui emportaient Oréo dans une course éperdue vers la
    nouvelle île espérée.

    Les contours de notre mer intérieure rayonnaient, nous vivions en son sein :
    l’île de La Gomera dans notre cap, Ténérife à notre bâbord, La Palma
    s’estompant dans notre sillage.

    Les falaises de La Gomera se profilent, me voici à la barre les sens enivrés de
    couleurs, de vitesse et des sifflements du vent.

    Immensément minuscule et radieux d’avoir, pour un instant seulement, maîtrisé
    harmonieusement l’immensité.

    Merci pour ce cadeau à notre fragile humanité.

    François et François

    —–

    De Praia, île de Santiago, Archipel du Cap Vert, le 7 janvier 2005

    Bonjour et meilleurs voux pour 2005,

    Nous étions bien arrivés au Cap Vert mais la vie ici fut si riche que le temps
    nous a manqué pour écrire.

    Nous avons visité trois îles : São Vicente, Santo Antão, Santiago.

    Nous voulons être arrivés au Brésil pour le Carnaval de Recife, alors désormais
    nous devons partir.

    Un départ difficile. Aujourd’hui. Les alizés sont établis.

    Une petite histoire d’îles et de continent : à Santiago, l’île la plus vaste et
    la plus peuplée, l’île de la Capitale Praia et longtemps la seule habitée de
    l’Archipel, les habitants se considèrent d’un continent. Les autres parties de
    la République sont pour eux « les îles. »

    « é um pais pequeno, mas com um coração muito grande. »
    C’est un petit pays mais avec un coeur très grand.

    Ils s’appellent Jacinto, Phil, Tutui, Arnaldo. Ils chantent le Rap en créole du
    Cap Vert et c’est par cette phrase qu’ils nous ont saluée en musique alors que
    doucement nous remettions les pieds à terre après nos huit jours de navigation
    depuis El Hierro. Assis sur la place principale de Mindelo, nous goûtions un
    bain d’humanité.

    Nous étions encore à plusieurs milles d’elles quand nous avons perçu les
    lumières tremblotantes des îles de Santo Antão et de São Vicente. Au matin,
    elles étaient devant nous, le soleil inondait leurs falaises noires, quelques
    nuages semaient généreusement une pluie d’habitude rare. Les arcs-en-ciel
    vagabondaient.

    Terre aride, miraculeuse par l’énergie qui l’anime, par la jeunesse de ses
    habitants.

    Blocs de laves érodés au creux de la houle de l’Atlantique à l’histoire
    mouvementée, alternance de prospérité et d’oubli.

    Ici toute famille à quelqu’un au dehors, alors le Monde est plus large que la
    Baie, les habits viennent de New York, les musiques se croisent et se
    métissent.

    Ici aussi, chacun songe à un ailleurs plus prospère, plus vaste peut-être.
    Ici aussi, Oreo aurait pu s’étoffer d’un équipage nombreux et dynamique pour
    atteindre une autre terre.

    Histoire de migration

    Le carnet de voyage s’enrichira encore souvent de l’histoire de ces chemins
    individuels, reflets des mouvements du Monde. Ces histoires d’êtres humains me
    passionnent, elles participent à l’histoire de l’échange au-delà des douleurs
    qu’elles révèlent.

    Adilson a 28 ans, il est revenu de New York depuis six mois.

    Avant de me conter son aventure, nous avons sillonné à bord de son fourgon les
    rues de Mindelo colorées des lumineuses décorations de fin d’année.

    Errance mécanique dans un décor de ville coloniale des Tropiques où les
    décorations festives clament résolument le froid mordant du Nord.

    Arrêt sur une hauteur qui domine la baie, la radio distille une musique
    capverdienne forcément nostalgique.

    Plus tard dans la nuit car elle seule permet de se raconter, nous nous sommes
    arrêtés.

    Deux de ces frères étaient dans le New Jersey depuis longtemps déjà. Lui, il en
    rêvait. En 2002, il est parti.

    Le froid et l’immensité urbaine mais.
    New York est le décor orgueilleux de la cinématographie qui visite la planète.
    Vous n’êtes jamais allés à New York et pourtant vous arrivez et vous vous
    promenez dans les rues comme si vous aviez franchi l’écran en vous levant de
    votre fauteuil.

    Broadway, Brooklyn, Manhattan, Harlem, la géographie est floue mais les images
    foisonnantes .

    Adilson est entré dans le film et il joue avec les acteurs dans le décor de ses
    rêves d’îlien.

    Deux mois à la charge de ses frères : l’ennui et la solitude l’assaillent.
    Enfin il travaille : il enchaîne deux emplois (cuisine et ménage) et se noie à
    la tâche douze heures par jour.

    Au bout de deux ans, il abandonne. Il a économisé de l’argent, il parle anglais,
    il est libre.

    Il rentre au pays, épuisé mais heureux de l’expérience. Il ramène un ordinateur,
    un piano électrique et une moto. Il ne partira plus, il aime son île et il
    conseille aux jeunes qui l’assaillent de questions de faire eux-même leur
    expérience.

    Retour à la musique.

    Jacinto, Phil, Tutui, et Arnaldo sont nos compagnons musicaux. Photos et clips
    se succèdent et ils s’offrent à l’objectif avec plaisir.

    Une grande nouvelle : Tutui se marie et nous sommes invités à la Noce vers
    minuit un samedi. Avant, c’est avec la famille nous disent-ils.

    Parcours initiatique de maisons en maisons dans des ruelles sombres pour réunir
    tous les copains et acheter deux bouteilles de punch.

    Une pièce dans la lumière crue d’un fluorescent.

    Des jeunes attendent, un maître de cérémonie de 18 ans en costume cravate trône
    derrière une table. Fleurs et photographies des mariés.

    Deux bouteilles de coca, une pizza.

    Nous assistons à la plus touchante des cérémonies de mariage.

    Tutui et Maria ont 20 ans. Pour se prouver leur attachement, ils créent leur
    mariage en marge de l’officiel, du monde des parents et des adultes.

    Le maître de cérémonie est convainquant dans son discours, la concentration
    profonde. Les alliances s’échangent dans un sourire généreux.

    Nous ne danserons pas après. Il faut rester discret car les voisins sont âgés et
    ils dorment déjà.

    Santo Antão

    Nous laissons Oreo au mouillage sur São Vicente et passons cinq jours en
    randonnée sur l’île voisine de Santo Antão.

    Autant la côte sous le vent est désertique, autant la côte au vent porte une
    végétation luxuriante de papayers, cannes à sucre, bananiers, caféiers qui
    prospèrent dans les profondes vallées qui entaillent les montagnes.

    Le croisement du travail centenaire des hommes et les dimensions imposantes des
    falaises provoque une joie recueillie. Mémoire des générations précédentes,
    hommage à l’humble travail vital qui irrigue le paysage.

    Les terrasses des cultures verdoyantes entretenues avec soins s’étagent jusque
    dans les infractuosités des falaises, les chemins pavés circulent d’une vallée
    à l’autre en empruntant des parcours vertigineux, l’habitat de villages
    clairsemés bruisse d’activités, les nuages envahissent souvent l’ensemble de la
    vallée, ramenant la visibilité à quelques pas.

    Et le soir, dans une discothèque improvisée à quelques pas des rouleaux de
    l’Océan, il est bon de retrouver les jeux de l’Humain. Les sommets sont parfois
    trop vertigineux.

    Amicalement à tous,

    François et François

    —–

    De Salvador

    Enfin le site oreotravel commence à être
    structuré, vous pouvez donc voir
    quelques images de la transatlantique et du voyage sur

    http://oreotravel.free.fr

    Bonjour,

    Mais non, Oreo n’a pas sombré pendant la
    traversée de l’Atlantique. Ce n’est pas
    non plus qu’il n’y a pas de cybercafé à Salvador,
    c’est simplement que parfois
    la vie est difficile.
    Pendant la traversée le calme et l’apaisement se sont
    installés.
    Splendide.

    Nous sommes partis de Praïa, un soir, poussés par
    les alizés chargés de sable.
    Une heureuse discussion avec Babar (oui cela existe) nous a fait choisir
    l’option plein sud pour traverser l’équateur le plus
    à l’est possible.

    Les premiers jours furent pénibles,
    à cause du sable qui limitait notre visibilité
    à  deux milles marins et qui nous
    cachait le ciel,
    à cause de l’appréhension du pot au noir (zone
    sans vent juste au nord de
    l’équateur) et de la perspective d’avoir à
    attendre sur une mer d’huile,
    et enfin à cause de la carte couvrant tout
    l’océan, en rapportant le point nous
    n’avions pas vraiment l’impression de nous éloigner du Cap
    vert.
    Un soir vers quatre degré nord l’alizé a
    brusquement faibli, puis un orage
    équatorial nous est tombé dessus.
    L’entrée dans le pot au noir fut une fête.
    Nus dans le cockpit, au centre d’une sphère sans dimension,
    d’un noir absolu,
    tous les trois (en comptant Oreo) nous nous lavions sans
    compter  l’eau. Le
    lendemain un léger vent du sud nous tirait vers
    l’équateur, le ciel était d’un
    bleu limpide parsemé d’énormes masses de cumulus
    très blancs et très noirs sous
    lesquelles il pleuvait à perdre haleine.
    Le temps était installé où nous
    n’avions plus de repère.

    En mer le 25 janvier 2005,
    J’ai du mal à imaginer que cette étendue d’eau
    sur laquelle nous vivons depuis
    tant de jours est une limite. Parfois j’ai même des doutes
    sur le fait que nous
    soyons en mouvement. Pourtant, on ne peut pas dire que rien ne bouge,
    ce serait
    même plutôt le contraire, ou que chaque jour se
    ressemble, le vent, le ciel et
    la mer variant à l’infini.
    Voilà vingt jours que le monde est réduit
    à la surface d’Oreo, à notre relation
    et à deux éléments l’eau et l’air.
    Il nous faut réapprendre la terre et le feu. Mon cour est en
    fête de cela, des
    amis nous attendent, les festivités du carnaval vont
    bientôt commencer, il y a
    des gens à rencontrer, un pays à
    découvrir.
    Mais pour cela il faut quitter le milieu de la mer.
    Nous avons traversé un continent d’eau avec ses animaux, ses
    histoires, les
    personnes incertaines de ce qu’il y avait de l’autre coté,
    ce qui ont bu l’eau
    croupie faute de vent, ceux qui sont morts en fond de cale parce
    qu’esclaves,
    ceux avec qui nous avons sympathisé au mouillage et qui sont
    au centre  d’un
    autre horizon sur le même océan. Durant ces
    longues journées et longues nuits
    c’est aussi notre histoire personnelle qui remonte, le chemin qui nous
    a menés
    là, les injustices commis et subies et bien sûr la
    mort.
    La notre qui nous oblige à vivre et celle des autres qui
    nous en empêche.

    Amicalement,
    François et François

  • Projection du film SON PAYS EST UNE PRISON

    samedi 22 janvier à 10h du matin
    à la Cinémathèque Française (Palais de Chaillot) dans le cadre du séminaire
    « Cinéma et Sciences Humaines ».
    http://cinemathequefrancaise.sdv.fr/programmation/chaillot/index_chaillot.php

    Résumé :

    Comment font les Birmans pour vivre sous une dictature qui, depuis deux
    générations, a séquestré toute forme d’espoir ?

    Le long du fleuve Irrawaddy apparaissent les traces de la résistance d’un
    peuple privé de son guide, Aung San Suu Kyi, -Prix Nobel de la Paix-,
    sauvagement attaquée et mise au secret.

    Les voix intérieures de l’exil racontent les souffrances d’un pays meurtri.

    Durée : 1 heure 17.

    Cinémathèque Française, Palais de Chaillot
    7, avenue Albert de Mun 75116 Paris
    Métro : Trocadéro ou Iéna.

    Entrée libre.

  • Meilleurs Voeux !

    Chers amis « anciens », En cette fin d'année je tenais à vous présenter les meilleurs vœux de santé et de réussite professionnelle du Comité directeur de l'AEVLL pour 2005. Que cette nouvelle année nous permette aussi d'affirmer plus encore la présence de l'AEVLL auprès des professionnels que nous côtoyons au quotidien et auprès des élèves qui voient en notre association le maillon ouvert qui va les unir à la chaîne professionnelle des anciens de Vaugirard – Louis Lumière. Vous êtes les maillons de cette chaîne et nous avons besoin de vous « anciens » pour parrainer les élèves de deuxième année des trois sections photo, ciné et son. Plus qu'hier les étudiants de notre grande école ont besoin de vous professionnels pour leur communiquer votre amour du métier, pour les accompagner dans leur premiers pas dans la vie professionnel. Cette fonction n'occupera que le temps que vous voudrez lui consacrer, les étudiants sont très pris par leurs études et vos relations parrain/marraine-filleul seront ce que vous souhaitez qu'elles soient. Cependant, le parrainage répond à une Charte dont voici le contenu : 1°- Le parrain est un ancien élève de l'Ecole Nationale de Photo, Cinéma, Son Vaugirard – Louis Lumière ou de, l'Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière. 2°- Le parrain est agréé par les membres du bureau de l'association 3°- Le parrain est un professionnel en activité dans les domaines de l'image et du son 4°- Le parrain est le lien avec le milieu professionnel et tient un rôle de conseil 5°- Le parrain n'intervient pas sur la pédagogie de l'école 6°- L'étudiant se doit d'aller à la rencontre de son parrain 7°- L'AEVLL s'engage à préserver cette première relation privilégiée. Pour chaque section les responsables du parrainage sont les Vice-présidents de l'AEVLL donc n'hésitez pas à contacter Michel Prik pour les photo, Bertrand Boutillier pour les ciné et Michel Baptiste pour les son. Chers anciens nous avons besoin de vous pour poursuivre efficacement ce parrainage commencé en 2004, les étudiants de deuxième année vous attendent avec impatience et intérêt. Merci de faire acte de candidature, ce sera aussi une occasion de se rapprocher autour d'un objectif qui en vaut vraiment le coup.