Exposer pour la HD ou une autre vidéo numérique (…) a à peu près les mêmes contraintes de latitude et d'exposition que la pellicule inversible : problèmes avec les hautes lumières et dans les zones d'ombre. (…) C'est comme si on exposait un positif, ou en d'autres termes une diapositive.
Ricardo Aronovich, Exposer une histoire (éditions Dujarric 2003)
Le chef opérateur Ricardo Aronovich dénonçait dans ces termes l'une des contraintes que subissent les chefs opérateurs depuis l'avènement de la captation numérique au cinéma : le manque cruel de latitude d'exposition des caméras utilisées. Pour comparer prises de vue argentique et numérique, on avait l'habitude de se cristalliser sur des questions de définition d'image. Mais la latitude d'exposition n'était-elle pas un paramètre non moins important ? Allait-on assister avec l'avènement de la captation numérique au cinéma à un retour en arrière en terme de latitude d'exposition.
-
Le mode « film » des caméras numériques
-
La photographie tactile pour malvoyants et aveugles
Le propos de ce mémoire est de déterminer comment la photographie devient une passerelle vers le visible pour les non-voyants et par quels moyens elle leur apporte une connaissance du réel.
La première partie de ce travail analyse les caractéristiques de la perception des aveugles, tandis que la deuxième partie précise les spécificités de la photographie et montre à quel point cette dernière est éloignée du monde des non-voyants. Il faut donc extraire de la photo des éléments qui, mis en relief, sont parlants pour les non-voyants. Des tentatives de représentations en mode tactile ont déjà été faites (œuvres d’art, architectures, paysages, animaux…) mais il y avait peu, voire pas du tout, de portraits des non-voyants eux-mêmes. Or, on ne palpe pas un paysage, mais on peut palper un visage, et d’abord le sien. Qui plus est, le visage donne une idée de sa propre identité et de celle de l’autre. C’est pourquoi plusieurs aveugles se sont montrés intéressés par cette démarche.
La troisième partie explique comment un portrait peut être réalisé à partir d’une photographie mise en relief par la technique du thermogonflage, et cette étude se termine par les témoignages des aveugles qui ont accepté de se prêter à cette expérience.
-
L’aménagement sonore d’un lieu public
Dans ce travail de fin d’études, on se propose d’aborder théoriquement et concrètement l’aménagement sonore d’un lieu public. L’approche sociologique, la définition des concepts de paysage et d’aménagement sonores permettent de mieux cerner les intérêts et les enjeux d’une installation sonore dans un espace public, espace d’interactions sociales, multiples et imprévisibles.
Un état de l’art nous permet ensuite d’appréhender l’installation sonore d’une manière concrète. L’aspect interactif de certaines de ces installations, permettant une adaptation à l’activité effective dans le lieu aménagé, nous amène à étudier les méthodes utilisées pour la conception de telles installations.
La mise en oeuvre d’une installation sonore interactive dans un lieu de passage, rendue possible par l’application de certains des concepts développés, est l’aboutissement de la réflexion menée.
-
La photographie en relief au moyen de réseaux lenticulaires
La perception du relief vient du fait que chaque oeil distingue une image légèrement décalée du sujet que l’on observe. Cette constatation a permis la création artificielle d’images en trois dimensions à partir de deux images planes. De nombreux procédés se sont succédés au cours du temps, les nouveaux cherchant à palier les défauts des précédents. C’est ainsi qu’au début du XXè siècle est créée la photographie en relief par réseaux lenticulaires : l’observateur s’affranchit de tout outil intermédiaire pour visualiser l’image.
Celle-ci est une image plurielle, composée de plusieurs points de vue différents, et sur laquelle est collée un réseau lenticulaire. Cette plaque spéciale permet d’envoyer aux yeux de l’observateur deux images différentes, ce couple d’images variant selon la position de visualisation. La technique, à laquelle se sont consacrés les travaux de Maurice BONNET, a pu évoluer avec les progrès des domaines techniques et connaît de nos jours un regain d’intérêt. Le passage au numérique, les progrès de l’informatique et la simplification des procédés de fabrication des réseaux lenticulaires, permettent de penser que ce « nouveau » moyen de création d’images va se répandre. C’est déjà le cas chez certains professionnels de l’image.
La présente étude propose de rendre accessible à tous le procédé et de l’adapter pour des moyens moindres que ceux des industriels : avec comme outils de base un appareil photographique numérique, un ordinateur, une imprimante et quelques réseaux lenticulaires, le protocole va définir les différentes étapes de création d’une image lenticulaire et tester les différents paramètres rencontrés au cours de cette fabrication. Pas du réseau, angle et distance d’enregistrement, plans de fusion, nombre de points de vue, déplacement de l’appareil photographique, ouverture du diaphragme, résolution,…, sont autant de points qui sont étudiés tout au long du processus.
Tous ces paramètres sont liés entre eux et agissent sur l’effet de relief, la qualité de l’image et son observation. Les tests aboutissent à la description d’une méthode de travail, adaptée à un usage domestique, pour la prise de vue, réalisée avec un unique appareil photo que l’on déplace simplement, la création de l’image plurielle, à l’aide d’un ordinateur basique équipé d’un logiciel de retouche et d’un logiciel de programmation, et sa restitution, au moyen d’une imprimante courante ou par tirage dans un laboratoire « grand public », les paramètres jouant un rôle dans chacune de ces étapes.
-
Le clair obscur au cinéma ; le lieu caché du sombre
Plus que par un obscurcissement global de l’image, le rendu sombre s’exprime, d’une part par l’importance relative des masses obscures par rapport aux masses claires, d’autre part dans un rapport de contraste élevé entre les hautes lumières et les ombres.
Le low-key, ou clair-obscur cinématographique, est une stratégie d’éclairage qui semble réaliser ce rapport. On découvre alors la richesse de cet aspect, plus esthétique que technique, à travers des comparaisons avec le clair-obscur en peinture, mais aussi en étudiant des cas, où le sombre, profondément lié à des thématiques, nourrit les mises en scènes et stimule la dramaturgie. Le lieu caché du sombre peut tendre alors vers le hors champ ou, à l’inverse, peut réduire la figuration à l’essentiel.
-
Utilisation d’un matriçage 4 vers 2 lors d’une prise de son multicanal
Nous avons cherché, dans le cadre de ce mémoire, à développer un outil de prise de son multicanal permettant d’enregistrer 4 pistes sur un enregistreur bipiste après un matriçage de type LTRT.
Nous avons d’abord constaté à quel point la postproduction multicanale pouvait se trouver simplifiée par ce genre d’outil. Nous nous sommes ensuite penchés sur les effets du matriçage sur différents systèmes de prise de son. La conception d’un système de prise de son et d’un matriceur nomades occupent la dernière partie de ce mémoire.
-
La juxtaposition de l’Homme et du paysage dans la photographie contemporaine
La représentation en photographie contemporaine de la liaison entre l’Homme et le paysage, mais également le sens que nous pouvons lui attribuer, constituent de vastes questions, toujours actuelles.
Comment procèdent les photographes pour associer dans un même travail, une même série de photographies, une même image, l’humain et son paysage ? Comment sortir d’un système de représentation de l’Homme in situ ? Quel est le sens qui est produit par ces travaux ? Telles sont les questions auxquelles nous tenterons de proposer une réponse. Dans ce but de nous avons pris le parti d’étudier le sens et les différentes juxtapositions de la figure humaine et du paysage dans le champ particulier de l’art qu’est la photographie contemporaine.
Afin d’avoir une étude structurée, nous organisons ici notre réflexion selon les approches formelles de différents artistes. Pour cela, nous considérons les « opérateurs de juxtaposition » qu’ils emploient à savoir : l’Homme devant le paysage, puis dans le paysage pour continuer avec les représentations physiquement juxtaposées de l’un et de l’autre, et finir avec l’Homme placé hors champ. Ici, nous explorons la production photographique contemporaine, pour entreprendre de déceler les différentes solutions à cette représentation problématique de l’Homme et du paysage, tout en en extrayant le sens.
Soulignons qu’afin de proposer une étude qui se veuille pertinente, nous prenons soin de nous confronter à un corpus justifié, sans souci d’exhaustivité, et dont l’éclectisme se veut cohérent. Loin de toute évidence préalable, dans ces mises en images de la cohabitation de l’Homme et du paysage, nous distinguons, une multitude de thématiques. Pour en présenter quelques unes, nous citerons une remise en question de la notion de portrait, une réactualisation de notre rapport à la nature, un développement de thématiques féministes, ou encore une prise de conscience de la place de l’Homme dans la cité…
C’est cette profusion de thématiques qui, s’il est nécessaire de le justifier, renforce la pertinence de notre étude dans le sens ou la représentation de L’Homme et du paysage anime les travaux photographiques les plus récents, les plus variés, et suscite une constellation de réflexions.
-
Edito cotisez et participez
Chers amis, Notre association prend un nouveau départ avec un site entièrement renouvelé permettant des accès plus rapides aux informations que vous recherchez, des informations fraiches mises en ligne tous les jours et grande nouveauté la possibilité de payer sa cotisation en ligne et en toute sécurité.
Donc n’hésitez pas à régler votre cotisation, notre indépendance financière en dépend et participez nombreux à nos activités. Bien confraternellement,
Gilles Flourens (Cine 71), président de l’AEVLL -
Nébuleuse colorée
Cette recherche a été initiée par un questionnement sur les rapports étroits qu’entretiennent cinéma et photographie par leur dimension projective commune, dans un paysage artistique dominé par la notion de pluridisciplinarité.
Une fois dépassé le malentendu de l’installation assimilée uniquement à du « cinéma exposé », l’installation-projection est apparue comme un moyen de questionner les enjeux de l’image fixe par rapport à son environnement. Car penser en terme de dispositif de présentation interroge les différents liens entre la photographie et son spectateur, et nous dévoile comment ce dernier peut évoluer dans un nouvel espace énonciatif à la spatialité et temporalité singulière. Tout d’abord, une approche historique nous permet de resituer et d’inscrire le dispositif de l’installation dans une pratique contemporaine.
La définition de l’installation reste protéiforme et montre à quel point un contexte artistique favorable à la transversalité permet son développement et érige l’exposition comme médium. Une expérience subjective de la durée entraîne le spectateur dans une oscillation temporelle entre contemplation et distanciation qui permet alors une appropriation plus critique de l’oeuvre que ne le suggère la fascination et l’immobilisation dans lesquels nous retient l’imagemouvement.
Les différentes caractéristiques de l’espace de monstration entrent en résonances avec la manière dont le temps du regard est modifié. La mise en espace et la scénographie règlent le cérémonial de la visite et poussent le spectateur à atteindre un espace imaginaire, renforcé par les dimensions projectives et sonores. La pénombre favorise une expérience sensible et intime. Tout est mis en oeuvre pour nous inciter à effectuer une exploration sensorielle du dispositif. La prise de conscience de notre acte de voir serait alors le véritable sujet de l’installation, et la perception le médium.
L’installation cultive un art de la suggestion et s’inscrit dans une esthétique de la fragmentation, le sens restant fortement indéterminé parmi un champ photographique hétérogène et morcelé. C’est par l’entremise d’une corporéité de la pensée que le spectateur construit l’oeuvre et nous amène à concevoir l’installation comme un dispositif phénoménologique.
De même qu’elle interroge la frontière entre tangible et intangible, l’oeuvre installée reste une oeuvre en devenir, en attente de spectateurs, en permanente mutation visuelle et sonore.
-
Silence et synesthésie au cinéma
Le cinéma dans son dispositif actuel, constitue une réduction du monde qui nous entoure aux seules modalités visuelles et auditives. Pour plonger le spectateur dans l’univers de son film, le réalisateur se doit donc de compenser l’absence de stimuli gustatifs, olfactifs et tactiles aux moyens d’évocations.
Parmi les outils divers et variés dont il dispose figure la synesthésie, c’est-à-dire l’éveil simultané de plusieurs sens. Les associations sensorielles sont rendues possibles par le fonctionnement même du système perceptif humain. Une de nos hypothèses consiste à proposer que le silence a tendance à influencer fortement de tels phénomènes. Après une étude théorique sur les deux notions que sont le silence et la synesthésie, nous avons mis en oeuvre une démarche expérimentale basée sur l’étude d’extraits de films pour tester l’impact du silence en terme de ressenti sensoriel.
Notre travail cherche d’ailleurs à démontrer que plus l’impression de silence est forte plus les évocations sensorielles sont favorisées.


