• L’imphotographie paysage. Itinéraire d’une expérience esthétique

    Photographier ne consiste plus à produire, selon la distinction platonicienne, des «bonnes ou des mauvaises copies» du réel; cela consiste désormais à actualiser, en les rendant visibles ici et maintenant, des expériences, des flux, des affects, des sensations, des densités, des intensités. Alors que la photographie porte irrémédiablement en elle les traces matérielles du monde physique – qu’elle est donc intimement liée à la Terre, en capturant désormais les forces d’un Cosmos énergétique, informel et immatériel, elle s’oriente vers cet ailleurs que constitue le monde virtuel.

    Dans cette étude dédiée au thème du paysage, la photographie est entraînée hors du territoire de la pure utilité documentaire. Cette dernière ne constitue ici qu’une étape à franchir, à dépasser afin que le visible ne soit plus un invariant, un modèle donné au départ à représenter aussi fidèlement que possible, mais qu’il soit désormais ce qui advient au terme du processus photographique. L’enjeu que nous nous sommes fixé ici est double. Il s’agit d’expliquer, point par point, le cheminement, à partir d’une pratique personnelle, d’une telle démarche. Pour cela nous nous concentrons sur un lieu, la carrière de Corgnac-sur-l’Isle, choisi pour ses qualités intrinsèques et pour la force du souvenir qu’il avait gravé en moi.

    Au fil de cette étude nous abordons plusieurs notions relatives au lieu, à son génie propre, à l’imaginaire qu’il contient et qu’il transmet au photographe par le biais du réenchantement, afin de réaliser un travail formel et personnel directement lié à cette carrière. La rédaction de ce cheminement nous a naturellement conduit à un second enjeu. Expliquer une telle démarche, au travers d’une expérience personnelle, n’est intéressante pour le lecteur que s’il arrive à se projeter lui-même dans une telle aventure esthétique.

    C’est la raison pour laquelle la rédaction de ce mémoire constitue une sorte d’itinéraire orienté, parallèle à l’ouvrage photographique proposé en partie pratique, afin de permettre au lecteur-spectateur d’expérimenter par ses propres moyens mon expérience du lieu.

  • La personne face à son personnage

    Les films documentaires qui réussissent à élever les personnes filmées au rang de personnages sont très rares, mais quand on en voit, ils laissent le sentiment durable d’avoir intimement rencontré quelqu’un.

    C’est ce qui s’est produit quand j’ai regardé les films « Chronique d’une banlieue ordinaire » de Dominique Cabrera, « No quarto da Vanda » de Pedro Costa, et « 17 ans » de Didier Nion. Ces « documentaires de création », bien loin du reportage télévisé, révèlent des personnages dans leur justesse, leur singularité et leur universalité.

    Ils sont souvent le fruit d’un long travail de repérages, de préparation, et d’heures de rushes tournées. Que se passe-t-il pendant ces années de travail ? Comment le documentariste construit-il petit à petit son film ? Les genèses de films sont généralement peu racontées, ce sont des espaces secrets, cachés, invisibles pour le spectateur, mais très riches pour mieux connaître les fondements d’un film. Nous les explorerons pour comprendre et analyser comment l’auteur parvient-il à faire d’une personne réelle un personnage de documentaire.

    A travers ce mémoire, je m’interroge donc sur le processus de construction d’un personnage dans le documentaire, à travers trois œuvres à priori très différentes dans leur récit (les récits d’anciens habitants d’un immeuble plongés dans leurs souvenirs dans « Chronique d’une banlieue ordinaire », le récit au jour le jour d’un homme qui se reconstruit dans « 17 ans », le non-récit d’une toxicomane dans un film dénué de toute progression narrative : « La chambre de Vanda »), dans leur durée (respectivement de cinquante-six minutes à trois heures), dans leur support (du 35 mm à la mini-dv), dans leur manière d’être pensée.

    J’analyse les œuvres, j’interroge les cinéastes sur l’acte créatif : le casting, le contrat entre le réalisateur et la personne qu’il va filmer, les choix esthétiques, le tournage et le montage. Je m’interroge aussi sur le statut des personnes filmées, l’expérience qu’elles vivent. J’en extrais finalement des ressemblances, des axes de convergence : La création du personnage en documentaire consisterait d’abord en un acte de fouille, puis en un acte créatif. Le cinéaste prépare longuement son film, fouillant en lui et en la personne qu’il va filmer afin de trouver ce qu’il veut exprimer, puis au tournage, il inscrit au tournage son personnage dans un univers esthétique singulier et puissant.

    André Bazin pense que les réalisateurs de fiction sont des alchimistes, et les documentaristes des chercheurs d’or. Il semblerait à travers ce mémoire que construire un personnage en documentaire relève des deux actes.

  • Multicanal au cinéma : un canal zénithal ?

    L’objectif de ce mémoire est d’explorer le concept de surround zénithal dans une salle de cinéma de type classique, en partant d’un questionnement esthétique et psycho acoustique, pour arriver à la mise en place d’un système multicanal incluant une dimension verticale. Ce système va alors être expérimenté avec différentes configurations sonores, afin de dégager ses intérêts et ses possibilités.

  • Lancement de la bibliothèque numérique Camera Obscura

    Camera Obscura est une bibliothèque numérique sur l’histoire des techniques photographiques permettant d’accéder directement et gratuitement à de nombreux ouvrages anciens sur ce thème.

    Le Centre de Conservation du Livre, coordinateur du projet, vous donne rendez-vous pour une présentation officielle de la bibliothèque numérique durant la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles :

    Le Jeudi 7 juillet 2011 à 10h30
    au 34, rue du Docteur Fanton, Arles

    Intervenants :

    • Jean-Paul Gandolfo, professeur à l’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière, chargé des cours de technologie des systèmes argentiques, histoire des techniques, procédés alternatifs et conservation des images.
    • Evelyne Bret, responsable du pôle patrimoine à la médiathèque du Carré d’art de Nîmes.
    • Stéphane Ipert, directeur du Centre de Conservation du Livre.

    Cette présentation exposera aux amateurs et professionnels de la photographie le projet Camera Obscura tout en abordant la question des techniques photographiques et leurs intérêts pour la recherche, la conservation et la diffusion.

  • La photographie de paysage sous la contrainte

    Réaliser une oeuvre d’art sous l’autorité d’un commanditaire fait, en général, partie intégrante de la vie de l’Artiste et semble aujourd’hui inévitable si l’on est désireux de vivre financièrement de son art. La commande publique peut être particulièrement recherchée pour l’accès à la notoriété qu’elle peut engendrer, au moyen d’une diffusion large des oeuvres.

    En photographie elle est devenue relativement courante concernant le paysage urbain, la ville étant le siège de nombreux enjeux qu’il faut tenter de faire valoir auprès des citoyens. Mais le contexte actuel de rapprochement des cultures nous amène à interroger la capacité de chacun (commanditaires et photographes de différents pays) à conserver son identité dans l’élaboration d’une relation où art et politique se mêlent. Il est intéressant de revenir sur l’histoire du paysage et sur sa relation intime à l’art, qui ouvre la voie à une corrélation entre le paysage urbain et la photographie, tous deux issus de la révolution industrielle. D’autre part, l’exploration de la commande publique d’oeuvre d’art nous amène à appréhender son fonctionnement et à établir les fondements qui permettent de comparer une commande publique en France et au Luxembourg.

    Basé sur des entretiens et documents, le corps de notre recherche tente d’énoncer les différentes caractéristiques propres à chaque commande, au travers des oeuvres réalisées, du point de vue des photographes et des commanditaires : le Fonds d’urbanisation et d’aménagement du plateau de Kirchberg au Luxembourg, ainsi que la ville de Cherbourg-Octeville et le Ministère de la Culture en France. On parcourt ainsi les attentes explicites et implicites des commanditaires, leur implication dans la commande, la relation commanditaire/photographe, les enjeux de la commande, la démarche des photographes, leur rapport au travail de commande, l’oeuvre résultante et la restitution qui en est faite. La confrontation des deux commandes publiques permet d’émettre des éléments de réponses quant à leurs similitudes et différences, puis d’ouvrir sur la question de l’évolution de l’auteur photographe dans le marché Européen.

    Ma pratique personnelle de la commande, en parallèle de celle du Luxembourg, apporte un point de vue supplémentaire et tente de dégager, en plaçant mon travail par rapport à celui des autres photographes, une éventuelle identité culturelle ou européenne.

  • Benjamin Petit (Photo 2010) a reçu le Prix « Coup de coeur »

    Bravo à Benjamin Petit, lauréat du Prix « Coup de coeur » pour sa série consacrée à Wesley thompson, ramasseur de canettes à Brooklyn (USA), qui a été récompensé parmi environ 6000 dossiers envoyés à la rédaction de Paris Match.

    Nicolas Du Pasquier (Photographie, promotion 2011) a également été sélectionné parmi les 40 finalistes pour son reportage Niveau -427, une immersion au coeur des dernières carrières d’ardoise françaises, à Angers.

  • Méthodologie de l’image dans les chaînes numériques

    Ce mémoire de fin d’études est orienté sur des réflexions méthodologiques. Ces réflexions me semblaient indispensables à avoir sur la création de l’image en tant qu’opérateur, puisque tous nos outils se numérisent.

    La transformation actuelle de nos chaînes de traitement reste relativement invisible pour le spectateur, ce qui est la particularité de la micro-révolution qu’elle engendre. Cette transparence au niveau de la salle de cinéma a été mon point de départ, qui me permet d’affirmer que le plus important dans une image est son idée, sa pertinence face au scénario.

    Le positionnement de l’opérateur doit donc être en vue du résultat final, et mon approche a été de questionner le potentiel créatif d’outils comme l’étalonnage numérique.

    À partir de cela, comment peut-on intelligemment répartir la création entre la production et la post-production ? Dans ce dessein je suis passé par une définition de l’imagerie numérique et une analyse systémique des différentes chaînes de traitement existantes. Grâce à ceci j’ai proposé certaines pistes concernant une possible répartition des responsabilités. Je me suis ensuite tourné vers la proposition conceptuelle de nouveaux outils afin de s’affranchir des insuffisances encore persistantes entre le monde du plateau et de l’étalonnage.

    Poursuivant cette logique ma partie pratique de mémoire mettra à l’épreuve les idées derrières ces outils, et questionnera le pouvoir effectif de la retouche d’une image.

  • Exploration d’un systême numérique en vue d’une exploitation monochrome

    L’objectif de ce mémoire est de réaliser des images monochromes avec un appareil photographique numérique. Cette étude porte plus particulièrement sur la simulation des films noir et blanc. Plusieurs méthodes sont proposées, notamment avec un capteur monochrome et un capteur à matrice colorée. Pour cela, une exploration des caractéristiques spectrales des films noir et blanc et de la réponse d’un capteur numérique est réalisée. La corrélation entre les deux systèmes est effectuée par des simulations en utilisant la colorimétrie et la sensitométrie.

  • Etude sur la directive optimale des enceintes placées en configuration 5.1 dans le but d’un élargissement de la zone d’écoute

    Le 5.1 se caractérise par un élargissement du rendu spatial et une immersion totale de l’auditeur. Malgré tout, la localisation reste très instable et dépend de la place de l’auditeur : plus on s’approche de l’une des enceintes plus les sons semblent provenir de celle-ci malgré le codage en amont.

    La zone d’écoute optimale en est donc limitée au centre du cercle où sont situées les enceintes. Alors, comment élargir cette zone d’écoute ? Une proposition assez originale consiste en une optimisation des directivités dans le but d’une compensation du déplacement de l’auditeur. Ainsi, en convergeant les enceintes devant ce centre idéal, il est possible de rattraper tout écartement de l’auditeur par une différence d’intensité entre chaque paire d’enceinte. On améliore, de fait, la localisation quelque soit la position sur la zone d’écoute élargie.

    Cette étude se propose donc de déterminer les directivités appropriées pour chaque enceinte, la zone d’écoute que l’on arrive à obtenir et de définir les limites de cette méthode.

  • Formateur en Prise de Vue

    Issu de l’audiovisuel d’entreprise, j’ai exercé principalement dans le domaine de l’Image mais j’ai eu aussi à gérer la réalisation et le montage.
    Ceci me permet de suivre des projets de la conception jusqu’à la fourniture du film.