• Silhouettes et Emergences au cinéma

    Les silhouettes et les émergences de formes sont indéniablement liées. Dans les deux cas, les corps perdent leur apparence naturelle et s’affirment en tant qu’images. Celles-ci se caractérisent en effet par un manque visuel perceptible : les silhouettes sont dépourvues de remplissage (informations intrafigurales), tandis que les formes émergentes n’ont pas de contour global (informations extrafigurales).

    Ce sont des formes confuses, générant un doute, qui réclament au spectateur un travail de complémentation imaginaire et présentent de ce fait un potentiel dramaturgique remarquable. Réunir ces deux sujets en un seul s’est donc imposé à moi dès lors que j’y ai trouvé des similitudes. Il m’arrive d’ailleurs parfois de parler de l’un en évoquant l’autre. Très rapidement, je suis arrivé à la conclusion que les silhouettes ne sont rien moins que des émergences de formes, et inversement. Le but de ce mémoire n’est donc pas de confronter ces deux entités qui semblent désigner la même chose, mais plutôt de les interroger ensemble.

    Il s’agira dans un premier temps de les interroger d’un point de vue formel : quelles apparences peut-on donner aux corps filmés et par quels paramètres techniques? Comment de telles images tronquées sont-elles perçues par le spectateur? Puis, dans un deuxième temps, il faut les interroger d’un point de vue dramaturgique : quels sont les effets potentiels de la dissimulation partielle d’un corps au sein d’un récit cinématographique?

    Dans quelle mesure le choix du paramètre technique permettant de masquer un corps est-il important? Et surtout, la question centrale de ma recherche, à savoir qu’est-ce qui caractérise véritablement les silhouettes et les émergences de formes : le manque visuel ou l’émergence? Le non-visible ou le visible? La dissimulation ou la suggestion? Je m’efforcerai alors de montrer que l’absence, l’imprécision et le doute attirent l’attention du spectateur, intensifient son activité imaginative, et interviennent de façon considérable dans la construction des schèmes narratifs.

    Il apparaîtra ainsi que, loin de se limiter à des représentations approximatives et imparfaites, les silhouettes et les émergences présentent au contraire un intérêt tout particulier qui naît précisément de ce que permettent de découvrir la dissimulation ou l’estompage.

  • Analyse des différents flous optiques de la nature qualitative des objets

    Il est prouvé que la profondeur de champ varie en fonction de l’ouverture, la distance focale et la mise au point. Elle définit un espace de part et d’autre de la distance de mise au point où l’image enregistrée est nette. Cette notion d’espace introduit nécessairement la détermination de bornes.

    Néanmoins, la pratique montre que la frontière entre «flou» et «net» n’est pas franche. Il existe donc des paramètres plus subtils qui ne sont pas pris en compte dans les modèles mathématiques, mais qui semblent agir sur l’évolution du flou optique.

    Notre étude n’est pas motivée par l’intention de rompre avec un système existant mais de le compléter. Plutôt que de définir des limites fixes du net, le principe tend à examiner comment s’opère la transition du flou au net de profondeur. L’étude présentée confirme ainsi que l’évolution spatiale du flou peut être associée à la nature qualitative des objectifs.

    Cette hypothèse a souvent été évoquée sans pourtant être démontrée scientifiquement. Le dispositif instauré dans le cadre de cette étude montre qu’il est possible de décrire expérimentalement l’allure de la représentation en profondeur de l’objectif et donne une démonstration convaincante de l’hypothèse posée.

    Ces résultats s’expliquent d’abord par l’intervention des aberrations indissociables de l’objectif, qui apportent un effet de flou supplémentaire. Même si les fabricants tentent de les limiter, un objectif ne peut être parfait. La correction des aberrations dépend alors de l’application prévue pour l’objectif.

    Quant à la diffraction, il s’agit d’un phénomène irréductible. Cette dernière intervient dans tous les cas de formation d’image qui nécessitent l’usage d’un instrument d’optique. Cette recherche n’est pas une fin en soi mais un instrument pour une meilleure appréhension du flou/net de profondeur. Elle apporte une propriété significative dans la maîtrise du phénomène.

    L’outil développé ne présente donc pas seulement un intérêt scientifique mais aussi esthétique, puisque son but consiste à aider le photographe dans sa tâche (qu’il soit technicien ou artiste).

  • Héliogravure sur couche polymère. De l’utilisation d’une couche polymère photosensible synthétique comme nouveau support des matrices pour le tirage en héliogravure traditionnel

    Considéré comme l’un des procédés photomécaniques les plus intéressants pour la qualité et la finesse de ses rendus, l’héliogravure au grain disparaît peu à peu autour des années soixante, remplacée par des procédés plus rapides, plus automatiques, pouvant être imprimés sur support brillant mais avec beaucoup moins de caractère.

    Aujourd’hui avec le développement de la photographie alternative du à un regain d’intérêt pour des usages et des images en marge de la production de série, cette technique réapparaît. Bien que certains outils numériques allègent le protocole, l’héliogravure reste toujours un procédé difficile à maîtriser. L’utilisation de plaques photosensibles empruntées à la flexographie permet de réaliser des estampes à partir de positifs à tons continus.

    En s’appuyant sur l’évolution des impressions en creux ayant abouti au procédé Talbot-Kli?, puis sur la description pratique des étapes de ce dernier, il s’agit d’étudier les avantages et les inconvénients qu’engendre l’utilisation de plaques photopolymères artificielles par rapport à la méthode classique.

  • Itinéraires du meurtre à l’écran

    « Je crois que dans le cinéma, depuis qu’on fait des films, on a tué probablement plus de gens qu’on en a tués dans toutes les guerres de ce siècle », a déclaré Constantin Costa-Gavras. Le XXème siècle étant le siècle le plus meurtrier de l’Histoire, il y a probablement une propension à l’exagération dans les propos du réalisateur de Compartiment tueurs. Mais celle-ci invite à s’interroger : le meurtre est-il trop présent sur nos écrans ?

    La définition du « meurtre » donnée par Le Petit Robert est celle-ci : « Action de tuer volontairement un être humain » . Est tout autant volontaire le désir de sa représentation sur l’écran. Alors que la mort pour cause de meurtre n’est pas la règle, Dieu merci, dans la vie de tous les jours, elle est pratique courante sur nos écrans. Les films projetés en France il y a trente ans montraient 78 meurtres pour 100 films . Les jeunes américains aujourd’hui auront assisté à 8 000 meurtres sur les écrans avant d’avoir achevé leurs études primaires . Il y a donc là un paradoxe sur lequel il convient de se pencher.

    Comment se fait-il que, du réel à la fiction, un phénomène soit inversement proportionnel ? À quel miroir déformant de la réalité a-t-on affaire ici ? Quelles sont les raisons qui président à cette surreprésentation du meurtre dans le cinéma de fiction ? Et surtout, quels en sont les effets sur le spectateur ?

  • Nouvelle approche de la mesure et de la qualification des enceintes acoustiques de monitoring

    Les documentations techniques des enceintes acoustiques de monitoring, mis à part une courbe de réponse en fréquence précise, ne nous renseignent en rien sur l’écoute que l’on va avoir grâce à elles.

    Pourtant, il serait intéressant de savoir retrouver dans les mesures, la réponse de l’enceinte aux critères d’écoutes dont se sert l’ingénieur du son pour son travail. Et ceci est vrai surtout pour ce dernier, de manière à l’aider à choisir son système d’écoute. La première partie de ce mémoire fait tout d’abord un rappel des éléments, autres que les enceintes, qui vont jouer un rôle sur l’écoute de l’ingénieur du son.

    Ensuite, il fait un rapide exposé sur les enceintes acoustiques de monitoring : leur description, leurs caractéristiques et surtout leur mesure, et la limite de cette mesure. Dans une seconde partie, nous commençons par décrire et analyser le test d’écoute comparatif qui nous permet de trouver des différences de perception entre plusieurs enceintes, puis nous détaillons les mesures que nous faisons sur ces enceintes.

    Enfin, la dernière partie de cette étude est le compte rendu des corrélations que l’on peut trouver entre l’écoute, via les tests, et les mesures.

  • Les images animées dans la performance

    L’image mouvante et la performance confrontent deux espaces, deux temps, deux réalités différentes : une réalité appréhendée directement par le spectateur, et une réalité reproduite par les images. Pourquoi introduire de l’image animée dans une performance? Les images mouvantes réintroduisent-elles une distance que la présence seule de l’artiste tendait à abolir ? La présence d’images mouvantes dans la performance ne relève-t-elle pas plutôt d’un souci de déconstruire l’image dans le processus de représentation qu’elle implique et les dispositifs dans lesquels elle s’insère traditionnellement ?

    Dans un premier temps, nous sommes partis du cinéma, et de la manière dont certains artistes utilisent la performance pour sortir du dispositif cinématographique traditionnel. Nous avons envisagé les rapports entre le film et les présences réelles à travers deux démarches très différentes. Le cinéma élargi s’appuie une expérience visuelle inhabituelle, tandis que le lettrisme s’attache à déconstruire le mécanisme de la séance de cinéma. Nous nous sommes ensuite intéressés à la place de la performance et des images mouvantes à l’intérieur d’œuvres pluridisciplinaires.

    Ces œuvres ont foisonné dans les années soixante sous l’influence déterminante des recherches menées par le compositeur John Cage dès les années quarante. Les artistes désirent faire un art proche de la vie, et imaginent des collages, des happenings, où plusieurs formes d’expression différentes cohabitent sans qu’il y ait de rapport de hiérarchie entre elles. Nous avons par ailleurs envisagé l’influence de l’évolution de la technologie de l’image dans ces œuvres pluridisciplinaires.

    Enfin, nous nous sommes attardés sur le médium vidéo. La simplicité de manipulation de cet outil a en effet donné une nouvelle orientation aux rapports entre performance et image mouvante en permettant notamment l’enregistrement et la diffusion simultanés d’une image.

    Les thèmes de la représentation et de la perception sont alors au cœur de performances conceptuelles. Une présentation de notre partie pratique complète notre recherche théorique. Nous y expliquons notre dispositif et exposons nos intentions.

  • Mise en place d’un protocole de numérisation adapté au procédé autochrome, grâce à l’étude de ses caractéristiques dans la collection du Musée Départemental Albert Kahn

    Le but de cette étude est de mettre en place des protocoles de numérisation adaptés à la photographie sur plaque autochrome. L’autochrome est le premier procédé couleur de fabrication industrielle, inventée par les frères Lumière en 1903 et qui fut utilisée internationalement par les photographes jusqu’à l’invention des émulsions chromogéniques en 1935.

    Le Musée Départemental Albert Kahn possède la plus importante collection de prises de vue sur plaques autochromes. Cette collection, initiée par un banquier philanthrope, Albert Kahn, lors de la constitution des Archives de la Planète, recense près de 70 000 plaques actuellement conservées dans son ancienne demeure à Boulogne.

    L’autochrome, bien que dotée d’excellentes qualités de conservation, reste fragile et est très sensible à l’exposition à la lumière. La diffusion des images et la mise en valeur de cette collection auprès d’un large public sont donc dépendantes des moyens de reproduction actuellement disponibles.

    La mise en place d’un projet de numérisation de qualité doit passer par une étude précise des caractéristiques de ce procédé. Une étude préalable des modes de visualisation et de diffusion de ces images au début du 20ème siècle permettra de définir les informations à obtenir et le moyen de les restituer de manière optimale.

    Les matériels d’acquisition numérique disponibles sur le marché possèdent des spécificités très différentes, mais sont généralement conçus pour l’acquisition et la reproduction des images modernes. La réalisation de tests, à l’aide d’outils représentatifs des caractéristiques de l’autochrome, aura pour but de vérifier l’adaptation de ce matériel aux particularités physiques et colorimétriques qu’impliquent l’originalité, la vétusté et la fragilité de ce procédé. En mettant ainsi à jour les disparités existantes entre les capacités de restitution des informations contenues dans une plaque autochrome, et les valeurs numériques enregistrées par le matériel de capture, il sera possible d’établir un protocole de numérisation adapté à ce type d’image.

    De la qualité des fichiers numériques obtenus, et des traitements informatiques qui leur seront appliqués, dépendront l’utilisation et la diffusion des photographies réalisées grâce à ce procédé. La restriction des manipulations ultérieures permettra une meilleure conservation de ces témoignages du début du 20ème siècle.

  • Réalisation d’un prototype pour la protection auditive de l’ingénieur du son

    Le but de ce travail est de voir s’il est possible de construire une protection auditive active, confortable et facile d’emploi, dérivée des ear-monitors.

    Le niveau sonore que doivent supporter les ingénieurs du son est très souvent au-delà de ce que les lois tentent d’imposer. Les personnes travaillant dans des environnements bruyants ont à leur disposition des protections individuelles, alors qu’il n’existe rien qui permette aux ingénieurs du son de se protéger.

    Ce mémoire montre qu’il est techniquement possible de construire un système qui isole suffisamment l’ingénieur du son du champ acoustique extérieur, et qui réinjecte un signal proche de l’original dans son conduit auditif.

    Cependant, il n’a pas été possible d’évaluer l’incidence effective que la protection a sur l’écoute et sur la façon de travailler.

  • Simulation de la trame par un procédé jet d’encre  »Goutte à la demande »: Etude du rendu des détails et des valeurs pour un processus d’épreuvage

    Cette étude a pour but d’évaluer la capacité d’un système jet d’encre par « goutte à la demande » à simuler la trame d’une presse Offset pour l’épreuvage, en termes de rendu des détails et des valeurs.

    La connaissance des différents éléments qui opposent un système jet d’encre et une presse Offset est indispensable. Dans un premier temps, il est important de définir le principe d’impression des deux procédés. Si la trame classique est couramment utilisée en offset, c’est que la technologie d’impression permet difficilement d’employer un tramage stochastique comme pour le procédé jet d’encre.

    La notion de trame est fondamentale puisque l’épreuvage jet d’encre consiste à simuler une trame classique à l’aide d’un système de tramage stochastique. Etant donné la différence de technologie entre les deux procédés, les encres et les papiers offset et jet d’encre ne sont pas les mêmes. Une étude de leur composition et de leurs propriétés permettra une meilleure compréhension de l’interaction encre/support pour les deux systèmes d’impression.

    La structure du support et des encres influe sur la qualité du rendu des détails, qui dépend de la pénétration de l’encre dans le support, et sur le rendu des valeurs, lié aux propriétés optiques du papier. Le système d’impression jet d’encre comprend ’imprimante et un RIP. Nous aurons besoin de connaître la limite de résolution de l’imprimante ainsi que l’influence du traitement des fichiers par le RIP sur le rendu des détails. Cela permettra de cerner les contraintes d’impression en fonction de la trame classique à simuler.

    L’aboutissement de ces différentes étapes est l’évaluation d’une épreuve réalisée dans les meilleures conditions possibles par comparaison avec des tirages de référence imprimés sur une presse offset.

  • Jean-Noël Mevil-Blanche (Son 62) à l’honneur dans le Dauphiné Libéré

    Jean-Noël Mevil-Blanche a installé Dinosaures SARL, une société de prestations sonores, à Vaison-la-Romaine. L’année prochaine, il fêtera ses 50 ans dans le cinéma.

    Le Dauphiné Libéré lui rend hommage.