• Proposition d’utilisation d’un enregistrement multipiste en tournage de fiction

    L’utilisation de plus en plus généralisée des enregistreurs multipistes sur les plateaux de tournage pose dès aujourd’hui la question des nouvelles possibilités apportées par cet outil à l’ingénieur du son direct.

    Comme l’arrivée des premiers magnétophones portables (en même temps que les premières caméras légères) dans les années soixante a profondément modifié les techniques de tournage et permis l’émergence d’une nouvelle écriture cinématographique, la machine multipiste amènera t-elle de nouvelles réflexions sur l’écriture sonore des œuvres dès l’étape de production ?

    Après un rappel historique des différentes évolutions techniques qui ont donné naissance à ces enregistreurs de dernière génération, il sera établi dans cet exposé différentes situations exceptionnelles pour lesquelles la multiplicité des pistes d’enregistrement permet au responsable du son d’apporter des solutions d’ordre technique. Nous tenterons enfin de dégager les possibilités complémentaires s’offrant au chef-opérateur du son désireux d’enrichir la prise de son des dialogues d’éléments constitutifs du décor sonore.

    Pour terminer, nous confronterons concrètement les hypothèses développées en réalisant, du tournage au mixage, quatre séquences caractéristiques des potentialités apportées par le système multipiste.

  • Féminin-Masculin: Photographier la différence. Etude des pratiques photographiques liées à la différence sexuelle

    Cette recherche a été initiée par une pratique personnelle de la photographie dans laquelle sont explorées les frontières entre le masculin et le féminin. La photographie est apparue comme un outil puissant pour questionner, distordre, analyser les enjeux, ou proposer d’autres formulations de la différence des sexes et ainsi dialoguer avec les différents champs de réflexion des sciences humaines. Car penser cette différence interroge les relations entre nature et culture, corps et esprit, ou encore entre le particulier et l’universel.

    Ainsi, il s’agit d’un parcours des différents lieux d’interrogation de la différence des sexes dans lequel est mis en perspective la manière dont la photographie et les sciences humaines peuvent se traverser et s’enrichir mutuellement. Tout d’abord, une approche sociologique de la photographie permet de mettre en exergue grâce à la notion de genre, les normes dans lesquelles sont intriqués le masculin et le féminin.

    La parodie, l’ironie et le simulacre servent alors à développer un discours politique (notamment envers les minorités sexuelles) mais également à déceler les conséquences d’une utilisation massive de ce médium par les médias sur la construction de l’identité sexuelle. Les limites d’un tel modèle qui sert finalement de «cache-sexe» en assimilant cette identité à une catégorie sociale, nous permettent d’envisager avec la psychanalyse une autre manière de subjectiver le sexe. Les mêmes outils sont alors utilisés pour mettre à mal les archaïsmes d’une pensée qui cloisonne le féminin et le masculin à l’intérieur d’un «ordre sexuel» verrouillé par la théorie du phallus de Freud et son dérivé lacanien : le complexe d’OEdipe.

    La photographie permet néanmoins de s’en dégager par une tentative de représentation de la différence des sexes opérée par le truchement de l’informe qui formalise les fantasmes et des pulsions impliqués dans cette différenciation. Une approche historique permet ensuite de relativiser toute conception de la différence sexuelle en révélant le caractère forcément subjectif de toute tentative d’appréhension. Ce qui permet de proposer une autre subjectivité qui est celle du post-humain dans laquelle la photographie, par la simulation et la métaphore, devient une véritable force de proposition éthique, sociale, et philosophique.

    La photographie est ainsi prise dans les paradoxes d’une pensée qui produit la différence des sexes et qui est en même temps produite par cette différence. Elle agit comme le vecteur entre une individualité faite de fantasmes et de pulsions protéiformes, et un imaginaire social, culturel et symbolique, sans cesse à reformuler.

  • L’inspiration littéraire en photographie: l’exemple de la photographie victorienne

    Partie I :
    L’ère victorienne est une époque de changements. Avec la révolution industrielle, la société moderne voit l’apparition de nouveaux problèmes, les classes défavorisées ayant du mal à s’adapter à la vie urbaine. Certains artistes refusent cette société nouvelle et se réfugient dans un passé imaginaire à travers la mode du revival. C’est le cas des peintres de la confrérie préraphaélite.

    Cette pratique s’étend aux autres arts tels la littérature et la photographie. Au début, les contemporains ne considèrent pas la photographie comme une pratique artistique mais comme un mode photomécanique de reproduction du réel. Ainsi certains photographes vont délibérément traiter des thèmes jusqu’ici réservés au Grand Art.

    Partie II :
    De manière à s’émanciper de l’emprise du réel sur la photographie, les photographes vont avoir recours à différents types de procédures qui ont chacune des conséquences sur le rendu esthétique de l’image. Dans certains cas, l’inspiration littéraire reste discrète, et le thème choisi est difficilement identifiable à moins d’un titre explicite.

    D’autre part, la mise en scène donne souvent un aspect théâtral aux images. Le principe est emprunté à un divertissement mondain, les tableaux vivants. Pour compenser les lacunes de la technique photographique de l’époque, les photographes doivent faire preuve d’ingéniosité. Cette volonté d’inspiration littéraire est l’occasion pour certains photographes de participer aux débuts du trucage. Celui-ci se manifeste sous différentes formes telles le collage, la surimpression, la technique des épreuves combinées et celle des épreuves composites.

    Oscar Gustav Rejlander, puis Henry Peach Robinson, sont les deux photographes qui illustrent le plus brillamment la technique des épreuves combinées qui consiste en la réalisation d’un tirage à partir de plusieurs négatifs. Julia Margaret Cameron a recours à une variante simplifiée de cette technique, les épreuves composites.

    Partie III :
    La photographie, en entretenant des liens très étroits avec la peinture et la littérature, parvient à s’insérer dans le milieu artistique. La photographie peut être considérée comme une sorte de preuve de l’existence des éléments imaginaires qu’elle parvient désormais à représenter.

    Les conséquences sur la perception du rôle de la photographie se font également sentir. La photographie peut, elle aussi, être un « art du mensonge », et les photographes y contribuent avec chacun sa propre démarche.

    Les traités de Henry Peach Robinson marquent le début de l’élaboration d’un cadre théorique pour la pratique artistique de la photographie. Ces idées seront reprises par les pictorialistes quelques années plus tard pour défendre la même cause, celle de la photographie artistique.

  • Pour une lumière qui coule de source

    C’est en partant d’une affection naturelle pour les sources de lumière courantes (éclairage public, éclairage domestique, signalisation, feu…) que j’ai décidé de m’intéresser à leur utilisation photographique.

    Tous ces éclairages quotidiens possèdent leurs propres caractéristiques très marquées, et je me suis demandé quel pouvait être l’intérêt de les utiliser de façon privilégiée dans la construction lumineuse des films. J’ai alors traversé l’histoire du cinéma – d’une façon personnelle et sélective – pour retrouver dans les films qui m’avaient plu cette utilisation particulière de la lumière.

    En partant du cinéma muet qui présente déjà quelques exemples remarquables, en suivant l’évolution des techniques et des mentalités à travers le classicisme hollywoodien ou la Nouvelle Vague, jusqu’à une période plus contemporaine, on peut comprendre progressivement l’importance que représente ce travail sur les sources de lumière du décor.

    Dans les plus beaux exemples, l’éclairage s’appuie ainsi sur des origines concrètes de lumière et mélange l’univers du projet avec les moyens de sa représentation : éclairer une scène avec ce qu’elle propose elle-même de lumière. J’ai pu alors définir, à partir de ces exemples, l’intérêt esthétique que représentait pour moi une conception de la lumière basée sur les sources présentes dans le décor : des liens très forts se tissent avec la mise en scène, l’interaction avec les personnages devient possible, des allumages et des extinctions viennent enrichir l’action, les couleurs très particulières de certains éclairages urbains viennent appuyer une ambiance, les plages de lumière autant que les zones d’ombre sont légitimées par les sources dans le champ…

    Une lumière qui naît directement de l’univers du film, de son décor et de ses accessoires, est une lumière sans a priori qui évite les conventions esthétiques arbitraires et qui devient plausible et indiscutable. Si elles permettent d’enrichir l’ambiance d’un film et d’accompagner son propos, les sources de lumières courantes n’en sont pas moins difficiles à utiliser et à interpréter photographiquement.

    Une étude technique des différentes émissions de lumière m’a permis de mieux appréhender les caractéristiques spécifiques de ces sources de lumières courantes ; que l’on parvient alors à détourner de leur utilisation quotidienne. L’histoire du cinéma regorge d’astuces et de manipulations ingénieuses inventées pour recréer l’effet tant recherché de ces lumières qui entrent dans le champ.

    Ma partie pratique s’attache ainsi à n’utiliser pour éclairage que les lumières de la ville dans leur réalité brute, à contourner leur « défauts » de restitution photographique pour mieux en saisir les particularités esthétiques. En m’éloignant un temps des éclairages de cinéma plus normaux ou conventionnels (studio et construction de lumière par projecteurs), j’ai l’impression de m’être approché de nouveaux outils indispensables aujourd’hui.

    Des outils à n’utiliser qu’avec goûts et parcimonie, mais qui seront autant de points de départ à mon travail de lumière.

  • L’ENS Louis-Lumière fait l’acquisition d’une caméra Phantom gold HD grande vitesse

    L’ENS Louis-Lumière va faire l’acquisition d’une caméra Phantom gold HD grande vitesse grâce à un don de la société MagicHour.

    MagicHour est une société de distribution, de service et de conseil qui a pour vocation de proposer au marché français et international des outils haut de gamme pour la télévision professionnelle, la production, la post-production film et vidéo.

    La caméra Phantom gold HD grande vitesse est un produit de la société Vision Research (Ametek Compagny).

    Cette acquisition viendra renforcer les « travaux pratiques image » basé sur l’apprentissage des savoirs et savoir-faire liés aux arts et techniques de la prise de vues.

  • Quelles sont les conséquences d’un double apprentissage de langue maternelle

    En biologie du comportement des animaux, on connaît l’empreinte, phénomène d’imprégnation à un stimulus intervenant au cours d’une période critique de la petite enfance et entraînant des comportements spécifiques à l’age adulte.

    Chez l’homme, cette notion est difficilement applicable, car les paramètres du développement de l’enfant et leurs interactions sont trop nombreux. Néanmoins, en nous concentrant sur le langage, nous avons tenté de déceler une empreinte auditive liée à la langue maternelle chez un échantillon de bilingues français-vietnamien.

    La première partie de notre expérimentation consiste à analyser les productions parlées de bilingues précoces en français et en vietnamien. Nous constatons une enveloppe spectrale significativement différente entre ces deux langues, ce qui n’est pas le cas avec des langues proches comme peuvent l’être le français et l’allemand.

    La partie principale de notre expérience décrit la recherche, chez des Vietnamiens ou Franco-vietnamiens, de préférences liées au paramètre spectral pour tester l’existence d’une empreinte auditive. Les résultats semblent pencher en faveur d’une telle hypothèse.

  • Elaboration de négatifs noir et blanc à double usage par l’utilisation du révélateur colorant Pyrocat-HD Application au procédé Ziatype et au procédé Multigrade

    Le Pyrocat-HD utilisé lors de notre étude, est un révélateur formulé récemment par Sandy King, à base de pyrocatéchine. Ce développateur confère au révélateur des propriétés particulières car son oxydation provoque le tannage ainsi qu’une coloration de la gélatine du film.

    D’après les informations circulant à son sujet, cette coloration viendrait se superposer à l’image argentique et sa densité lui serait même proportionnelle. Elle permettrait donc de renforcer le contraste des films, en particulier vis à vis des Ultra-violets.

    C’est en se basant sur cette caractéristique que nous avons réalisé des négatifs à double usage directement avec un film de prise de vue. Le négatif obtenu bénéficie alors d’un contraste suffisant pour être tirés sur un procédé alternatif comme le Ziatype, tout en conservant les propriétés compatibles avec le tirage sur papier classique multigrade.

    Le photographe peut donc réaliser des tirages sur procédé alternatif, sans étape de contretypage et sans être contraint de dédier ses images à un unique procédé. Les résultats obtenus lors de notre étude tendent tout de même à relativiser les répercussions de cette coloration sur le contraste du tirage bien qu’ils montrent la possibilité d’obtenir d’après un même négatif, deux tirages satisfaisants dans des procédés très différents l’un de l’autre.

  • Benjamin Petit (Photo 2010 ) et Nicolas Du Pasquier (Photo 2011) en finale du concours de photo-reportage Paris Match

    Benjamin Petit (Photographie, promotion 2010) ont été sélectionné parmi les finalistes du concours de photo-reportage Paris Match.

    Découvrez le reportage de Benjamin Petit effectué à Brooklyn ainsi que celui de Nicolas Du Pasquier.

  • L’obturateur : outil esthétique et sémantique

    Dans l’histoire du cinéma, la technique a toujours été une réponse à une recherche esthétique ; et parfois, une avancée technique amène de nouvelles formes d’images.

    C’est ce qui arrive au cinéma moderne qui, toujours à la recherche d’une plus grande visibilité, s’est mis à glaner celle-ci à l’intérieur même des photogrammes : c’est désormais un cinéma du temps de pose. Ainsi, ces nouvelles images du cinéma moderne s’avèrent plus implicatrices pour le spectateur…

    C’est ici que commence mon travail, consistant à répertorier, reproduire et enfin comprendre l’effet de ces formes esthétiques sur la perception ; c’est à dire une théorie sur l’obturation qui serait vérifiable dans la partie pratique. Les réponses sur la manière de percevoir ces images sont dans les dernières publications sur les recherches neurologiques. Alors, il semble plus que jamais que ces travaux sur l’obturation ont un sens, un but, une nécessité…

    C’est pourquoi, en ces temps de transition vers un cinéma numérique, la question se pose de l’équivalence pour le cinéma HD.

  • Projection d’une sélection des réalisations de la promotion Cinéma 2011

    Majeure Cadre et Acteurs : extraits

    Travail réalisé avec Yves Angelo et les comédiens Suliane Brahim, Mounir Margoum, avec l’aide d’étudiants en son. Intervenante montage : Véronique Lorin

    Format de tournage : DV. Format de projection : DV. Durée : 15 minutes

    A travers une recherche sur la communication et le rapport au cadre, les étudiants ont travaillé avec les acteurs à proposer différentes interprétations d’une scène ou à improviser à partir d’un argument.

    Majeure VFX : Marcel Comix

    Intervenant principal de la majeure : Christian Guillon. Intervenants en post-production : Alexandre Bon et Arnaud Fouquet

    avec Kevin Aubin, Nadine Tité, Stanislas Cadéo, le Gorille et la Lune

    Format de tournage : 35mm. Format de projection : DCP. Durée : 7 minutes

    Il y a différents moyens de vivre sa passion. Certaines sont plus dangereuses que d’autres, et lorsque l’on tombe dans une bande dessinée, les rencontres peuvent être surprenantes… Chaque étudiant a réalisé et truqué une séquence constituant des cases d’une bande dessinée animée.

    Fiction2 35mm : Guilt Trip de Maxence Paris

    Projet réalisé avec les étudiants en son (majeure cinéma) et en collaboration avec le département scripte de la fémis

    Intervenants : John Lvoff (scénario, préparation), Arthur Cloquet (tournage : image), Didier Nové (chef électricien), Michel Bensaïd (tournage : son), Sophie Vincendeau (montage), Jean-Pierre Halbawchs (montage son), Philippe Penot (bruitage), Claude Gazeau (mixage), Catherine Grünblatt (direction de production), Michel Coteret et Françoise Baranger (production)

    Format de tournage : 35mm. Format de projection : 35mm. Durée : 14 minutes

    Un psy découvre la cure contre le sentiment de culpabilité dont souffre une de ses patientes. Craignant que cette découverte provoque la faillite de l’Eglise, le Pape décide d’envoyer le Prêtre 003 à ses trousses.

    Fiction2 HD : Dust Echoes de Haroun Saïfi SOUS RESERVE

    Projet réalisé avec les étudiants en son (majeure cinéma) et en collaboration avec les départements décor et scripte de la fémis

    Intervenants : John Lvoff (scénario, préparation), Arthur Cloquet (tournage : image), Christian Berthier (tournage : son), Catherine Grünblatt (direction de production), Christian Billette (montage), Christophe Legendre (étalonnage), Jean-Pierre Halbawchs (montage son), Philippe Penot (bruitage), Claude Gazeau (mixage), Catherine Grünblatt (direction de production), Michel Coteret et Françoise Baranger (production) avec Fabrice Ferra, Payam Madjlessi, Toufan Manoutcheri, Kelina Riva, Emal Saïfi
    Format de tournage : HDCAM. Format de projection : DCP. Durée : 18 minutes

    En Afghanistan de nos jours, une famille se trouve impuissante devant la grave maladie du fils cadet. Un journaliste français, plongé au cœur de cette tragédie en temps de guerre, va tenter un acte désespéré pour obtenir de l’aide des autorités.